RPT-LEAD 2-Les socialistes espagnols somment Rajoy de choisir

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    par Sarah White et Emma Pinedo 
    MADRID, 23 janvier (Reuters) - Les socialistes espagnols ont 
sommé samedi Mariano Rajoy, président du gouvernement de droite 
sortant, de tenter de former une nouvelle équipe ou de se 
démettre. 
    Un mois après les législatives du 20 décembre, et alors que 
le nouveau Congrès des députés siège depuis dix jours, aucune 
solution n'a été trouvée pour constituer une majorité 
parlementaire. 
    Le Parti populaire (PP) de Rajoy est certes arrivé en tête, 
mais avec 123 députés, il a perdu sa majorité absolue (le seuil 
est à 176 élus). Le Parti socialiste ouvrier (PSOE), lui aussi 
en recul, ne dispose que de 90 élus. Derrière, les deux nouveaux 
venus de la classe politique, le parti de gauche anti-austérité 
Podemos et les centristes de Ciudadanos, comptent respectivement 
69 et 40 députés. 
    "Nous estimons que Rajoy est contraint de se présenter comme 
le candidat à investir (au poste de président du gouvernement) 
ou de renoncer définitivement à son droit de le faire", écrit le 
PSOE sur son site internet. 
    Le Parti socialiste ajoute que le chef du gouvernement 
sortant se comporte de manière irresponsable dans le seul 
objectif d'assurer sa survie politique. 
    Rajoy, après avoir annoncé qu'il tenterait de former un 
gouvernement et obtenir la confiance des députés, a créé la 
surprise en annonçant vendredi qu'il renonçait momentanément à 
ce projet. "Je suis toujours candidat mais je ne peux pas me 
présenter maintenant parce que je ne dispose pas du soutien 
nécessaire", a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse 
après un entretien avec le roi Felipe VI. (voir  ID:nL8N1562QF ) 
    Samedi, le chef du PP, qui veut s'inspirer de la "grande 
coalition" mise en place en Allemagne par Angela Merkel avec les 
sociaux-démocrates du SPD, a indiqué qu'il continuait de 
travailler à une alliance politique avec le PSOE et Ciudadanos. 
     
    HUMILIÉ ? 
    Rajoy a aussi accentué la pression sur le dirigeant 
socialiste Pedro Sanchez, partisan pour sa part d'une coalition 
des gauches à l'image du Portugal, en estimant qu'un accord avec 
Podemos placerait le Parti socialiste en situation de 
dépendance. 
    "Pour être le président du gouvernement espagnol, il ne 
suffit pas de souscrire une hypothèque (auprès de Podemos) ou de 
se faire humilier", a-t-il dit à Cordoue. "Il nous faut un 
président du gouvernement digne", a-t-il poursuivi. 
    Car l'idée d'un accord avec Podemos suscite des frictions au 
sein du PSOE. De nombreux cadres socialistes ont peu apprécié 
que le dirigeant du parti de la gauche anti-austérité, Pablo 
Iglesias, propose d'être vice-président du gouvernement et 
présente un projet de formation de l'exécutif avant même que les 
états-majors politiques n'aient eu la moindre discussion. 
    "C'est la première fois de ma vie que j'entends quelqu'un 
proposer un accord de gouvernement qui insulte sérieusement le 
parti avec lequel il veut conclure un pacte", a dénoncé Alfredo 
Perez Rubalcaba, ancien dirigeant du PSOE, sur sa page Facebook. 
    Le projet de coalition de gauche avec Podemos et les anciens 
communistes d'Izquierda Unida que Pedro Sanchez privilégie se 
heurte à un autre problème majeur: la Catalogne. Le PSOE refuse 
la tenue d'un référendum d'autodétermination dans la puissante 
région du Nord-Est, que Podemos soutient. 
    Le PSOE, Podemos et Unida comptent ensemble 161 sièges sur 
les 350 du Parlement, ce qui ne leur assure donc pas une 
majorité absolue. Pour franchir la barre des 176 élus, il leur 
faudrait composer avec les formations régionalistes du Pays 
basque et de Catalogne. 
    De nouveaux entretiens entre les chefs des partis et le 
Felipe VI sont prévus mercredi prochain. 
 
 (Pierre Sérisier, Danielle Rouquié et Henri-Pierre André pour 
le service français) 
 
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