RPT-LEAD 2-Air France compte rattraper son retard dans un marché en croissance

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 (RPT pour le titre, le reste sans changement) 
    * Nouveaux départs volontaires, pas de 
licenciements-syndicats 
    * Hausse de la flotte long-courrier d'ici 2020-syndicats 
    * Versement de primes d'intéressement aux salariés-syndicats 
 
    par Cyril Altmeyer 
    PARIS, 15 janvier (Reuters) - Air France a annoncé vendredi 
que sa flotte long-courrier rattraperait en 2019 son niveau de 
2014, refermant la parenthèse de son "plan B" de l'automne 
dernier qui prévoyait au contraire un recul de son activité. 
    La filiale d'Air France-KLM  AIRF.PA , adoptant une approche 
plus consensuelle avec les syndicats après une année 2015 
tourmentée, a promis de lâcher du lest sur des demandes 
d'efforts au personnel dans un contexte moins tendu pour le 
trafic aérien, notamment grâce à la baisse des prix du pétrole. 
 ID:nL8N14R2TD  
    La compagnie française reste toutefois en décalage avec les 
perspectives de croissance du trafic international, déjà en 
hausse de 6,8% en rythme annuel sur janvier-novembre 2015, selon 
l'Association internationale du trafic aérien (Iata). 
    "Nous avons aujourd'hui la possibilité de rendre les efforts 
plus progressifs et de les inscrire dans une perspective  
négociable de façon plus réaliste et plus pertinente", a déclaré 
Gilles Gateau, le nouveau directeur des ressources humaines 
nommé début janvier. 
    L'ancien conseiller du Premier ministre Manuel Valls a fait 
un sort à certaines mesures défendues par son prédécesseur, qui 
avait vu sa chemise arrachée en octobre 2015 lors 
d'échauffourées en marge d'un comité central d'entreprise (CCE) 
présentant un "plan B" lesté de 2.900 suppressions de postes. 
    Un millier de postes seront bien supprimés pour l'année 
2016, dont le programme d'activité est déjà établi, mais le 
reste n'est plus d'actualité, tout comme la menace de 
licenciements secs. 
    Oubliée aussi la demande pressante faite au personnel de 
réaliser 17% de gains de productivité d'ici fin 2017. Un nouvel 
objectif avec un nouveau délai seront fixés ultérieurement, a 
précisé Gilles Gateau à des journalistes. 
    A la place, Air France propose de regarnir sa flotte long 
courrier qui devrait passer de 104 avions en 2017 à 107 en 2019, 
soit un niveau au final inchangé en cinq ans. Elle progressera 
ensuite encore pour atteindre 109 appareils en 2020. 
    La nouveauté consiste à l'ajout de 16 Airbus A350  AIR.PA  
et 787 Boeing  BA.N  flambant neufs d'ici 2020, en partie 
compensé par la sortie de la flotte d'avions plus anciens. 
    La flotte de la low cost Transavia France devrait, elle, 
atteindre 40 avions en 2020 contre 26 cette année. 
     
    ACCUEIL MITIGÉ DES SYNDICATS 
    Béatrice Lestic, secrétaire générale de la CFDT d'Air 
France, l'un des principaux syndicats au sein de la compagnie, a 
dit apprécier l'abandon du délai, de facto caduc, qui avait été 
fixé pour la conclusion des négociations ce mois-ci. 
    "On y va un peu plus en douceur parce que la conjoncture le 
permet", se félicite-t-elle. "Il fallait que ça s'arrête : on 
était enfermé dans un cercle vicieux". 
    Les syndicats ont toutefois accueilli sans enthousiasme 
démesuré ce nouveau revirement de la direction, après trois ans 
de plans de départs volontaires et de gels de salaires. 
    "Quelle déception. On a l'impression que la direction a 
ré-enclenché la division entre personnel au sol et navigants", a 
regretté Didier Fauverte, secrétaire général CGT du CCE. 
    Si tous les salariés auront droit à des primes 
d'intéressement et de participation cette année, le personnel au 
sol ne se voit garantir que l'absence de licenciements secs 
d'ici le 30 juin 2018, assortie d'un nouveau plan de départ de 
volontaire courant jusqu'à avril 2017. 
    Pour les hôtesses et stewards, dont l'accord collectif court 
jusqu'en octobre, le nouveau DRH espère commencer à négocier cet 
été sur les rémunérations, en promettant une accélération des 
promotions, mais pas d'embauches avant 2020. 
    Les pilotes, à l'origine de la grève qui avait paralysé Air 
France pendant 15 jours en septembre 2014, se voit, eux, 
proposer des négociations portant sur l'avancement de leur 
carrière et la possibilité d'embauches dès 2017. 
    Mais pour Véronique Damon, secrétaire générale du Syndicat 
national des pilotes de ligne (SNPL), cette dernière proposition 
est en fait en trompe-l'oeil : il s'agira en fait de compenser 
en partie des pénuries d'effectifs qui ont provoqué l'annulation 
de plusieurs vols fin 2015. 
    Gilles Gateau a incité les pilotes à ne pas tarder à engager 
de "vraies" négociations : c'est en mars que sera fixé le 
programme des formations pour 2017 qui déterminera les avions 
pouvant être exploités par Air France l'an prochain. 
    "Il y a là une horloge qui tourne et si on laisse passer le 
coche, on laisse passer un an avant de faire entrer dans la 
flotte un 787", a-t-il souligné. 
    Se défendant de tout ultimatum ou menace envers les pilotes, 
il a aussi rejeté l'idée d'une différence de traitement entre 
catégorie de personnels, y voyant un "effet d'optique". 
    Certains emplois au sol sont liés au nombre d'avions 
exploités ou à l'activité de maintenance (en forte croissance), 
mais d'autres sont rattachés à des fonctions fixes, au siège par 
exemple, et ne varient pas en fonction des l'activité de la 
compagnie, a-t-il expliqué. 
 
 (Edité par Gilles Guillaume) 
 

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