RPT LEAD 1-Sarkozy tenté d'enfermer Juppé dans le "piège" Bayrou

le , mis à jour à 17:05
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 (Répétition titre) 
    * Le risque d'une majorité "otage" du MoDem, dit-il 
    * Il invite Juppé à clarifier sa ligne 
    * Les soutiens de Sarkozy tirent en rafale sur Bayrou 
 
    par Sophie Louet 
    PARIS, 2 novembre (Reuters) - Nicolas Sarkozy et ses 
soutiens ont pressé mercredi Alain Juppé de clarifier les termes 
de son rapprochement avec François Bayrou, agitant la menace 
d'une majorité "otage" d'un centre "girouette" hostile aux 
réformes. 
    L'ancien président et le dirigeant du MoDem sont en guerre 
ouverte depuis que le centriste a voté pour François Hollande au 
second tour de la présidentielle de 2012, et la perspective de 
la primaire de la droite et du centre, pour laquelle Alain Juppé 
est favori, a ravivé une détestation réciproque. 
    Point d'"affaire personnelle", assurent les sarkozystes, 
mais la nécessité de "revenir à l'épure de la primaire" pour ne 
pas flouer les électeurs de la droite et du centre qui se 
déplaceront aux urnes les 20 et 27 novembre. 
    Les attaques contre François Bayrou, qui se réserve la 
possibilité de se présenter à la présidentielle de 2017 si le 
maire de Bordeaux n'emporte pas l'investiture, redoublent depuis 
le recul de Nicolas Sarkozy dans les sondages et la violente 
réplique de l'intéressé. 
    Dans un message publié samedi dernier sur sa page Facebook, 
François Bayrou met durement en cause les choix politiques et la 
personnalité de Nicolas Sarkozy.   
    L'ancien chef de l'Etat a estimé que "la violence de la 
charge" rendait désormais "injustifiable "une quelconque 
alliance entre le vainqueur de la primaire et François Bayrou". 
    A la veille du second débat de la primaire, il a accentué la 
charge sur France Info en dénonçant une "erreur" stratégique et 
politique d'Alain Juppé, et dans un entretien à paraître jeudi 
dans Valeurs actuelles où il s'inquiète d'"accords 
programmatiques électoraux négociés dans le dos des Français". 
    "Je ne veux pas que demain la future majorité soit otage de 
Bayrou", dit-il. 
    "Qu'a promis Alain Juppé? Quelle part du projet politique du 
MoDem sera mise en oeuvre? La régularisation des sans-papiers? 
Le droit de vote des étrangers? La création d'une tranche 
supplémentaire d'impôt sur le revenu? La proportionnelle aux 
élections?", s'interroge-t-il dans Valeurs actuelles, recensant 
des thèmes rédhibitoires pour l'électorat de droite. 
     
    "QUAND C'EST FLOU..." 
    Dans les mêmes termes, les lieutenants de l'ancien président 
ont martelé mercredi leur angle d'attaque lors d'une rare 
conférence de presse commune en forme de démonstration de force. 
    "Nous voulons la clarté. Nous refusons un centre girouette 
qui est avec nous le lundi pour gagner la ville de Pau et qui 
est le mardi avec François Hollande pour concourir au retour du 
socialisme à la tête du pays", a déclaré François Baroin aux 
côtés, notamment, de Luc Chatel, Eric Ciotti, Eric Woerth, 
Gérald Darmanin et du centriste François Sauvadet. 
    Le sénateur (Les Républicains) de Troyes a même puisé dans 
les annales de la primaire socialiste de 2011 pour jeter le 
trouble sur la candidature d'Alain Juppé. "Quand c'est flou, 
c'est qu'il y a un loup", a-t-il lancé, reprenant les termes de 
Martine Aubry à l'encontre de François Hollande. 
    "Nous ne voulons pas de fronde pour la prochaine 
législature, or tout le passé de l'action du MoDem concourt à 
poser cette question", a ajouté celui que Nicolas Sarkozy 
présente comme son futur Premier ministre s'il est réélu. 
    Pour l'UDI François Sauvadet, le président du MoDem "n'a pas 
renoncé à son vieux rêve d'une coalition qui rassemblerait la 
droite et la gauche" et s'avance "masqué" dans la campagne.  
    "François Bayrou, c'est l'anti-réforme" a affirmé Eric 
Woerth, citant le vote du Béarnais contre la réforme des 
retraites de 2010. Les sarkozystes rappellent aussi en boucle 
son vote de la motion de censure contre le gouvernement Villepin 
en 2006, contre le gouvernement Fillon en 2010. 
    "Plutôt que de ressasser le passé, tournons-nous vers 
l'avenir? Nous avons besoin du centre pour gagner", a répliqué 
le directeur de campagne d'Alain Juppé sur Twitter. 
    Gilles Boyer assure en outre que le maire de Bordeaux "n'a 
rien promis, à personne : ni ministères, ni circonscriptions. 
S'il l'emporte, c'est son projet qui s'appliquera." 
    Pour Eric Ciotti, la précision ne suffit pas : "Nous 
demandons une clarification à Alain Juppé. L'immixtion violente 
de Bayrou dans le débat doit amener cette clarification." 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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