RPT-LEAD 1-La BoE prévient des conséquences d'un Brexit

le , mis à jour à 16:52
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    LONDRES, 12 mai (Reuters) - Le sterling pourrait chuter et 
le chômage augmenterait probablement si la Grande-Bretagne 
quittait l'Union européenne (UE), estime la Banque d'Angleterre 
(BoE). 
    La banque centrale, qui a voté à l'unanimité le maintien de 
son taux d'intervention à 0,5%, comme prévu, estime que dans le 
cas d'un "Brexit" le 23 juin, ménages et entreprises 
s'abstiendraient sans doute de dépenser et d'investir. 
    Le gouverneur Mark Carney, qui estimait jusque là qu'un 
Brexit constituait le risque intérieur le plus menaçant pour la 
stabilité financière, a renchéri jeudi en déclarant qu'il 
pourrait être également dommageable pour l'économie mondiale 
dans son ensemble. 
    La BoE affirme qu'il y a de plus en plus de signes montrant 
que le scrutin sur le Brexit pèse sur l'économie mais elle 
estime que celle-ci récupèrerait totalement si le "oui" au 
maintien dans l'UE l'emportait le mois prochain.  
    Mark Carney a prévenu que les risques d'une sortie de la 
Grande-Bretagne de l'UE "pourrait inclure une récession 
technique". 
    Il a ajouté qu'elle se traduirait par "un ralentissement 
marqué de la croissance et une augmentation notable de 
l'inflation." 
    "C'est un jugement qui n'est pas fondé sur une lubie (...) 
C'est le jugement du comité de politique monétaire (CPM) 
indépendant et c'est le jugement de tous les membres du CPM", 
a-t-il insisté. 
    Le gouverneur de la BoE a aussi mis en garde contre une 
baisse de l'investissement direct étranger (IDE) en 
Grande-Bretagne qui contribue au financement du déficit de la 
balance courante, en cas de Brexit. 
    "Une proportion substantielle du financement (du déficit des 
comptes courants) passe par l'investissement direct étranger et 
il apparaîtrait que l'une des considérations prises en compte 
pour ces investissements directs étrangers - pour une partie au 
moins - tient au statut du Royaume-Uni vis-à-vis de l'UE", 
a-t-il dit. 
    "Le remplacement de l'IDE se traduira vraisemblablement, 
toutes choses égales par ailleurs, par des primes de risques 
plus élevées sur une gamme d'actifs libellés en sterling et des 
coûts de financement plus élevés." 
    La BoE a revu en baisse ses prévisions de croissance en 
raison surtout d'une productivité plus faible et d'une 
augmentation de l'épargne des ménages motivée par la situation 
économique d'ensemble.  
    Ses prévisions reposent sur l'hypothèse que Londres restera 
dans l'UE et la BoE suppose aussi que la glissade du sterling 
ces six derniers mois est pour moitié momentanée. 
    Le BoE prévoit 2,0% de croissance en Grande-Bretagne cette 
année et 2,3% en 2017, au lieu de 2,2% et 2,4% prévus en 
février. Elle estime qu'en l'espace de deux ans, l'inflation 
dépassera de peu son objectif de 2%, comme elle le pensait en 
février. 
 
 (Bureau de Londres, Wilfrid Exbrayat et Marc Joanny pour le 
service français, édité par Bertrand Boucey) 
 
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