RPT-LEAD 1-France-Sarkozy décide de sévir contre Nadine Morano

le , mis à jour à 14:37
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(Répétition mot manquant) * L'élue maintient ses propos sur la "race blanche" * Sarkozy pour le retrait de son investiture aux régionales * Elle est "la caricature de ce que nous sommes", dit-il * Morano dénonce un conflit lié à la primaire de 2016 PARIS, 30 septembre (Reuters) - Nicolas Sarkozy a demandé mercredi l'éviction de Nadine Morano de la campagne pour les régionales de décembre après que son ancienne ministre eut maintenu ses propos sur la "race blanche" française, obligeant l'ancien président à clarifier sa position. Le président des Républicains, qui n'avait pas jusqu'ici réagi publiquement à la polémique déclenchée samedi soir par l'élue frondeuse, a annoncé par communiqué la saisine de la Commission nationale d'investiture "pour lui proposer de retirer l'investiture en Meurthe-et-Moselle à Nadine Morano". "Ses derniers propos ne correspondent ni à la réalité de ce qu'est la France ni aux valeurs défendues par les Républicains", a-t-il déclaré -- elle avait dit sur France 2 que la France était un pays de "race blanche" et qu'elle devait le rester. "Que tous ceux qui cherchent par leurs déclarations à s'assurer une publicité qui nuit à la crédibilité des Républicains comprennent que cela ne peut pas rester sans conséquence", a-t-il ajouté. Lors d'une matinée de travail de LR sur la réforme du Code du travail, éclipsée par l'affaire Morano, Nicolas Sarkozy a martelé qu'il "n'accepterai t aucun dérapage". "Je ne veux pas la caricature de ce que nous sommes", a-t-il dit en précisant que "chacun doit avoir conscience de ses responsabilités, spécialement à deux mois des régionales". Des responsables de LR estiment désormais que se pose la question de l'exclusion pure et simple de Nadine Morano, qui reste potentiellement un problème pour Nicolas Sarkozy. La polémique, qui a éclipsé mercredi ses propositions économiques, menace d'être ravageuse pour le président de LR qui a fait de l'unité son mot d'ordre, du combat contre le Front national l'une de ses priorités et de l'alliance avec le centre sa stratégie pour la présidentielle. Priée par l'entourage de Nicolas Sarkozy, qui refuse de lui parler, de formuler des excuses publiques, Nadine Morano a persisté mercredi matin en dénonçant une "instrumentalisation" de ses déclarations par les principaux prétendants à la primaire de 2016, l'ancien Premier ministre Alain Juppé notamment. "BOÎTE À GIFLES" La députée européenne s'est déclarée candidate à l'investiture présidentielle début septembre, une décision qui a définitivement scellé la rupture avec Nicolas Sarkozy. Fidèle parmi les fidèles et populaire au sein des militants sarkozystes, elle n'a toujours pas digéré que l'ancien chef de l'Etat la relègue au second plan lors de son retour en politique en septembre 2014 et marque depuis son indépendance tout en tentant de préempter le coeur de l'électorat de Nicolas Sarkozy. "Evidemment que je maintiens mes propos", a-t-elle dit sur Europe 1, accusant les "porte-flingues" des concurrents à la primaire de chercher à la "dézinguer". "Je n'ai rien dit de répréhensible, d'ailleurs je n'ai pas de plainte contre moi, je n'ai jamais été condamnée sur rien (...) donc je ne vois pas comment j'arriverais devant un tribunal dans ma famille politique", a-t-elle dit avant le communiqué de Nicolas Sarkozy. Philippe Richert (LR), qui conduit la liste Les Républicains-UDI-MoDem en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne, avait estimé que la candidate s'était mise en marge du parti par ses "dérapages" et avait demandé officiellement à Nicolas Sarkozy de "prendre ses responsabilités". "Son besoin d'exister pour pouvoir faire un parcours personnel (...) a des répercussions tout à fait néfastes", a-t-il déclaré à son arrivée au siège de LR, où il devait rencontrer le président du parti. Le président sortant du conseil régional d'Alsace a affirmé qu'il avait tenté de joindre lundi à plusieurs reprises Nadine Morano pour régler à l'amiable cette crise interne, mais elle n'aurait pas répondu à ses sollicitations. (Sophie Louet avec Emile Picy et Gilbert Reilhac à Strasbourg, édité par Yves Clarisse)

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