RPT-LEAD 1-France-Nouveaux efforts pour tenir le déficit malgré l'inflation

le , mis à jour à 09:51
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 (RPT mastic) 
    * La croissance toujours attendue à +1,5% en 2016 et 2017 
    * Objectifs de déficits confirmés après 2015, meilleure que 
prévu 
    * Des économies supplémentaires pour compenser la faible 
inflation 
    * Le HCFP juge la prévision de croissance atteignable 
    * Il est plus critique sur l'effort d'ajustement 
 
    PARIS, 13 avril (Reuters) - Le gouvernement français a 
maintenu mercredi son calendrier de réduction des déficits pour 
2016 et 2017, tout en prévoyant 3,8 milliards d'euros 
d'économies supplémentaires cette année pour compenser un 
redémarrage de l'inflation plus lent que prévu. 
    Le programme de stabilité 2016-2019, détaillé à la presse 
avant sa présentation en conseil des ministres, s'articule 
toujours autour d'une prévision de croissance du produit 
intérieur brut (PIB) de 1,5% pour les années 2016 et 2017. 
    Ce scénario s'avère un peu plus optimiste que celui anticipé 
par le Fonds monétaire international (FMI), l'Organisation de 
coopération et de développement économiques (OCDE) et la 
Commission européenne, dont les estimations s'échelonnent entre 
1,1% et 1,3% pour 2016 et entre 1,3% et 1,7% pour 2017. 
    Dans son avis sur le programme de stabilité, le Haut conseil 
des finances publiques (HCFP) "considère que la prévision de 
croissance (...) est encore atteignable". 
    Même si la France a dépassé en 2015 son objectif de 
réduction du déficit public (à 3,5% du PIB contre 3,8% prévu 
initialement), la trajectoire des finances publiques prévoit 
toujours un déficit ramené à 3,3% du PIB cette année et 2,7% du 
PIB l'an prochain.      
    Le ministre des Finances Michel Sapin avait réaffirmé ces 
dernières semaines la volonté du gouvernement de respecter ce 
plan de marche destiné à ramener le déficit sous le seuil de 3% 
du PIB en 2017 conformément aux engagements européens, selon un 
rythme progressif ne pénalisant pas le retour de la croissance.  
    L'hypothèse de croissance potentielle de l'économie retenue 
par le gouvernement paraît surévaluée, en particulier en 
2016-2017, et le maintien d'un écart de production important 
tout au long de la période peu vraisemblable, écrit le HCFP.  
    "Cet écart (...), supérieur à la plupart des estimations 
existantes, tend à majorer la composante conjoncturelle du 
déficit, donc à sous-estimer le déficit structurel", 
relève-t-il. 
    "Cette sous-estimation amplifie en apparence l'effort 
structurel déjà réalisé et minimise l'effort à engager pour 
atteindre l'équilibre des finances publiques à moyen terme", 
ajoute le HCFP.  
    Dans un contexte de faiblesse persistante des prix de 
l'énergie, Bercy a revu en baisse sa prévision d'inflation pour 
cette année, à 0,1% contre 1% anticipé dans le budget 2016 voté 
en décembre.  
     
    UNE DIMINUTION DES RECETTES À COMPENSER 
    Cette évolution va se répercuter sur les rentrées fiscales 
liées à la TVA -- qui représentent près de la moitié des 
recettes de l'Etat -- et par ricochet nécessiter de nouvelles 
économies pour se conformer à la trajectoire prévue pour les 
comptes publics.  
    Ainsi, 3,8 milliards d'économies supplémentaires devront 
être réalisées cette année: un milliard pour l'Etat, un milliard 
pour la Sécurité sociale et 1,8 milliard sur la charge de la 
dette. Ce dernier poste bénéficie de la faiblesse des taux à 10 
ans, attendus à 1,3% en fin d'année, contre 2,1% dans la 
précédente édition du pacte de stabilité.  
    Cet effort viendra s'ajouter à la compensation du coût des 
nouvelles mesures annoncées depuis le début de l'année, comme le 
plan pour l'emploi, les aides aux agriculteurs ou encore la 
hausse du point d'indice de la rémunération des fonctionnaires.  
    Malgré un redémarrage en 2017, l'inflation devrait rester en 
deçà des précédentes prévisions (à 1,0% contre 1,4% 
précédemment), nécessitant là encore des économies 
supplémentaires d'un montant de cinq milliards d'euros, en plus 
des contreparties du financement de nouvelles mesures.  
    Selon cette nouvelle trajectoire des comptes de la France, 
la dette publique, à 95,7% du PIB fin 2015, devrait s'établir à 
96,2% cette année et 96,5% l'an prochain. 
    Parallèlement, le rythme de la croissance des dépenses 
devrait se stabiliser à 1,1% en 2016 et 2017, la part des 
dépenses publiques dans le PIB  -- hors crédits d'impôt -- 
devrait continuer à baisser (à 54,6% en 2016 puis 54,0% en 
2017), tout comme le taux de prélèvements obligatoires (à 44,2% 
en 2016 puis 44,0% en 2017). 
    Le scénario macroéconomique prévu par le gouvernement 
prévoit une accélération de la consommation des ménages à 1,6% 
par an en 2016 et 2017, un bond de l'investissement des 
entreprises de 3,2% cette année et 3,8% en 2017. 
    Il table également sur une poursuite du redressement du taux 
de marge des entreprises, qui passerait de 31,0% en 2015 à 31,8% 
en 2016 et 32,1% en 2017. 
    En moyenne, le nombre de créations d'emplois devrait 
s'élever à 190.000 cette année et 150.000 l'an prochain.  
     
    Voir aussi : 
    L'avis du HCFP sur les prévisions macroéconomiques du 
programme de stabilité pour les années 2016 à 2019 : http://bit.ly/1SyAx8O 
 
 (Myriam Rivet, édité par Jean-Baptiste Vey) 
 
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