RPT-LEAD 1-France-Le patron de la PJ parisienne en garde à vue

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(Répétition avec le prénom correct de Prouteau dans la deuxième partie du papier) PARIS, 4 février (Reuters) - Le directeur de la police judiciaire parisienne, Bernard Petit, et trois autres policiers ont été placés en garde à vue dans le cadre d'une enquête pour violation du secret de l'instruction, a-t-on appris mercredi de sources proches du dossier. Outre Bernard Petit, dont le bureau a été perquisitionné, il s'agit de son directeur de cabinet, Richard Atlan, d'un policier à la retraite et ancien syndicaliste, Joaquin Masanet, président de l'Association nationale d'action sociale (Anas) de la police, et d'un de ses collaborateurs, Philippe Lemaître. Ils sont soupçonnés d'avoir transmis au fondateur du GIGN Christian Prouteau des informations sur l'enquête dont il est l'objet dans le cadre d'un dossier de trafic d'influence visant un homme déjà mêlé à plusieurs affaires d'escroquerie aux Etats-Unis et en France, Christophe Rocancourt, selon ces sources. Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a précisé après le conseil des ministres que l'enquête sur cette violation du secret de l'instruction était conduite par l'inspection générale de la police nationale (IGPN). "Si au terme de ces gardes à vue, il devait être confirmé que des manquements graves ont été commis par des policiers ou anciens policiers, je serai d'une fermeté absolue", a dit le ministre, qui a promis "des sanctions d'une extrême sévérité". "Il est temps maintenant de comprendre que tout ce petit jeu, qui consiste à communiquer en permanence des éléments d'enquête à l'extérieur, est complètement contraire aux règles qui doivent prévaloir lorsqu'on veut faire fonctionner correctement et la justice et la police", a-t-il ajouté. UN LIEN AVEC ROCANCOURT Christophe Rocancourt est accusé d'avoir extorqué plusieurs milliers d'euros à deux soeurs marocaines menacées d'expulsion contre la promesse d'obtenir leur régularisation. Les deux femmes ne voyant rien venir ont porté plainte. Selon une source proche de l'enquête, l'escroc présumé, mis en examen le 9 octobre dernier, a dit avoir approché Christian Prouteau et l'ancien secrétaire d'Etat socialiste aux Affaires sociales et à l'Intégration (1991-1993) Kofi Yamgnane. Le premier, a-t-il déclaré aux enquêteurs, devait intervenir auprès du préfet de police et le second auprès du ministre de l'Intérieur. Tous deux ont aussi été mis en examen. C'est entre l'envoi de la convocation de Christian Prouteau, le 3 octobre, et son audition par les juges chargés de l'enquête, que Bernard Petit, nommé en décembre 2013, et Richard Atlan sont soupçonnés d'avoir informé le gendarme de ce qui l'attendait, notamment par l'intermédiaire de Philippe Lemaître. Devant les juges, Christian Prouteau ne s'est d'ailleurs pas caché d'avoir reçu ces éléments, révélant même l'identité de ses informateurs, dit-on de source proche de l'enquête. Colère des juges qui ont décidé de demander à l'IGPN des investigations sur ces fuites, notamment en s'intéressant à leur conversations téléphoniques. Celles-ci ont révélé que "tout ce petit monde s'était beaucoup parlé entre le 3 et le 7 octobre, ainsi que le jour de l'audition et le lendemain", dit-on à Reuters de source proche de l'enquête. "Les juges sont persuadés qu'il y a effectivement eu échange d'informations." Ils souhaitent aussi savoir s'il y a un lien entre cette affaire et des mouvements financiers en liquide à l'Anas, ajoute-t-on de même source. (Emmanuel Jarry, avec Marine Pennetier et John Irish, édité par Yves Clarisse)

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