RPT-LEAD 1-Eiffage avertit sur son CA en plein débat sur les péages

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* Léger recul des ventes attendu en 2014, et non plus légère hausse * La chute des commandes publiques dans la route montrée du doigt * CA -4,1% au T3, -5,7% dans le BTP, +3,8% dans les concessions * Le bras de fer entre l'Etat et les concessionnaires continue (Répétition avec le nom du DG délégué de Vinci, §13) par Gilles Guillaume et Dominique Vidalon PARIS, 12 novembre (Reuters) - Eiffage FOUG.PA a prévenu mercredi qu'il s'attendait désormais à une légère baisse de ses ventes en 2014, et non plus à une légère hausse, la dégradation des commandes publiques dans les travaux routiers éclipsant la bonne tenue de son activité autoroutière en plein débat sur le niveau des péages. Le groupe de BTP et de concessions a vu son chiffre d'affaires consolidé reculer de 4,1% au troisième trimestre à 3,7 milliards d'euros, après une baisse limitée à 0,2% sur l'ensemble du premier semestre. Dans la branche travaux, les ventes ont reculé de 5,7% alors que dans les concessions, elles ont augmenté de 3,8%. Les travaux publics et la construction représentent la majeure partie du chiffre d'affaires d'Eiffage, mais ce sont les concessions, autoroutières notamment, qui contribuent le plus aux résultats. La filiale APRR avait déjà publié fin octobre un chiffre d'affaires en hausse de 1,6%, l'impact des augmentations de péages étant venu s'ajouter à la hausse de 0,7% du trafic. "Compte tenu de la baisse de la commande publique, plus importante qu'anticipé dans la route, et de la poursuite d'une politique sélective de prise d'affaires, le groupe prévoit désormais une légère contraction de son chiffre d'affaires en 2014", a déclaré Eiffage dans un communiqué. Le groupe confirme cependant sa prévision de hausse des résultats et de baisse de son endettement net. La chute des commandes des collectivités observée en France après les élections municipales du printemps dernier, ainsi que l'atonie du marché de la construction imputable au climat économique morose, avaient déjà conduit le concurrent Vinci SGEF.PA à revoir en baisse début août sa prévision d'activité sur l'année, attendue là encore en légère contraction à structure comparable. UN PLAN DE RELANCE BIENVENU ? Dans ce contexte, le feu vert donné fin octobre par la Commission européenne au plan de relance autoroutier de 3,2 milliards d'euros vient à point nommé pour les deux groupes de BTP, également concessionnaires de la majeure partie du réseau français d'autoroutes, aux cotés de l'espagnol Abertis ABE.MC , propriétaire du réseau Sanef. Les trois groupes doivent réaliser une série d'investissements en échange d'un allongement de la durée de leurs concessions de trois ans en moyenne. Sauf qu'après la Cour des comptes, qui a dénoncé en juillet 2013 des relations "déséquilibrées" entre l'Etat et les sociétés d'autoroutes, l'Autorité de la Concurrence a préconisé en septembre d'utiliser le plan de relance du gouvernement pour procéder à un tel rééquilibrage, obtenir une modération des péages et faire contribuer davantage les concessionnaires au financement des infrastructures. La question est revenue sur le devant de la scène mi-octobre lors de l'abandon de l'écotaxe, qui risque de laisser à partir de 2016 un trou structurel dans le financement des infrastructures de transport. Mais en vertu des contrats signés entre l'Etat et les concessionnaires, tout prélèvement supplémentaire doit être compensé, soit par un allongement supplémentaire des concessions, soit par des hausses de tarifs, ce que le gouvernement cherche justement à éviter. Pour échapper à cette compensation obligatoire, le think tank "Terra Nova" a proposé mercredi de taxer non pas les sociétés d'autoroutes, mais leurs maisons mères. Samedi en marge d'un débat organisé à la Cité de la réussite, Pierre Coppey, directeur général délégué de Vinci, et président en exercice de l'Association des sociétés françaises des autoroutes (ASFA), a déclaré à Reuters que le plan de relance ayant été validé par Bruxelles, "il n'y a plus rien à discuter". Après la publication d'un rapport parlementaire sur l'évolution du régime des autoroutes le 19 novembre, le ministre de l'Economie Emmanuel Macron doit faire ses propres propositions d'ici début décembre. Dimanche, dans le magazine télévisé Capital, il a promis de mettre "beaucoup plus de pression" sur les sociétés d'autoroutes, via notamment une réforme de leur régulation, et de faire baisser les tarifs "là où c'est possible". Le communiqué : http://bit.ly/1sE3Bzq (Edité par Jean-Michel Bélot)


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