RPT-Le ralentissement de Gucci plombe le 3e trimestre de Kering

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GUCCI PÈSE SUR LES RÉSULTATS TRIMESTRIELS DE KERING
GUCCI PÈSE SUR LES RÉSULTATS TRIMESTRIELS DE KERING

Répétition du titre.

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Kering a vu sa croissance organique ralentir au troisième trimestre, marquée par une forte décélération chez Gucci, sa marque phare qui enregistre sa plus faible croissance depuis quatre ans.

Les ventes totales du groupe de luxe et de mode sportive ont signé une hausse limitée à 3,4% à taux de change constant, après une progression de 4,2% au premier semestre.

La griffe florentine, qui pèse pour près de 60% de la rentabilité du groupe, a brutalement décéléré avec une croissance organique tombée à seulement 0,6%, alors que les analystes anticipaient un ralentissement à 2%.

La marque a accusé un recul "à un chiffre" en Chine, où le trafic reste faible en magasin et des ventes "légèrement négatives" en Europe, où la consommation locale a été faible et où le nettoyage du réseau de distribution opéré en Italie a pesé, aux dires du directeur financier de Kering, Jean-Marc Duplaix.

Comme son rival Louis Vuitton, principal centre de profit de LVMH, Gucci pâtit d'un manque d'exclusivité. La croissance de Vuitton est quant à elle tombée, selon les analystes à 1% ou 2%, des performances qui contrastent avec la solide croissance affichée par le britannique Burberry ou l'italien Prada.

Les deux griffes devenues des géants du secteur - les ventes de Vuitton dépassent les sept milliards d'euros, celles de Gucci les 3,6 milliards - opèrent une montée en gamme pour se repositionner sur le créneau des sacs en cuir autour de 3.000 euros.

"ENCORE DU TRAVAIL À FAIRE"

Avec un repositionnement démarré plus tôt chez Gucci, il y a quatre ans, l'offre haut de gamme sans logo de la marque italienne atteint aujourd'hui 65% dans les pays matures mais seulement 40% en Asie tandis que la toile enduite de Vuitton pèse encore pour les deux tiers de ses ventes de maroquinerie.

"Il y a encore du travail à faire", a reconnu Jean-Marc Duplaix.

Cette montée en gamme s'est accompagnée d'une hausse moyenne des prix de 10% chez Gucci en un an.

"Ces chiffres démontrent encore une fois que le manque d'exclusivité reste un thème toujours d'actualité dans le luxe", commente Antoine Belge, analyste de HSBC.

Mais contrairement à LVMH, Kering profite d'une solide dynamique provenant de ses autres marques de luxe, qui pèsent pour 47% des ventes du pôle, avec en particulier des hausse de 16% chez Bottega Veneta (+16%) ou de 12% chez Saint Laurent qui ont permis à l'ensemble du pôle de signer une croissance organique de 5,6%.

Pressé de questions sur La Redoute, Jean-Marc Duplaix a confirmé que le vépéciste serait recapitalisé avant d'être cédé mais il s'est refusé à toute indication chiffrée.

Des sources proches du dossier ont déclaré à Reuters que Kering était prêt à injecter au moins 300 millions d'euros dans sa filiale.

Ailleurs, l'équipementier sportif Puma a poursuivi sa baisse, avec un recul de ses ventes de 0,8%.

Les ventes du groupe ont totalisé 2,53 milliards d'euros, un chiffre en baisse de 1,5%, affecté par des effets de change négatifs.

En Bourse, Kering a clôturé jeudi à 172,65 euros (-1,12%), progressant de 24,7% depuis début janvier.

Pascale Denis, édité par Matthias Blamont

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