RPT-La tempête sur les marchés perturbe les projets de la Fed

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(Répétition sans changement d'une dépêche diffusée lundi) par Jason Lange et Jonathan Spicer WASHINGTON/NEW YORK, 25 août (Reuters) - Les turbulences actuelles sur les marchés financiers du monde entier et la crainte de plus en plus nette d'un atterrissage brutal de l'économie chinoise menacent de perturber le projet de la Réserve fédérale d'entamer le relèvement de ses taux d'intérêt, et la probabilité d'une hausse dès septembre semble de plus en plus faible. Lundi, Wall Street a perdu plus de 3,5% après un plongeon de près de 9% des Bourses chinoises, qui a provoqué de fortes baisses ailleurs en Asie ainsi qu'en Europe. Cette tourmente boursière, qui touche aussi les cours des matières premières, a convaincu certains investisseurs que la Fed allait devoir rester l'arme au pied jusqu'à ce qu'un semblant de calme soit revenu sur les marchés. "Il faudrait être fou pour relever les taux d'intérêt alors que les marchés traversent une telle tempête", estime Martin Barnes, chef économiste de BCA Research à Montréal. La probabilité estimée par les marchés d'une hausse de taux le mois prochain est désormais de 24%, contre 46% il y a une semaine, selon les données de Tullett Prebon. Barclays, qui s'attendait auparavant à ce que la Fed passe à l'action dès septembre, estime qu'elle n'en fera rien avant le mois de mars. ID:nL5N10Z3EH Et Rick Rieder, le directeur des investissements de BlackRock, a déclaré à Reuters que même s'il espérait encore une hausse de taux en septembre, la volatilité du marché la rendait difficile. Les investisseurs ont aussi revu leurs anticipations en matière d'évolution de l'inflation aux Etats-Unis: le principal instrument de mesure de celles-ci, l'écart de rendement entre les Treasuries à 10 ans et les titres indexés sur l'inflation (TIPS) de même échéance, a touché lundi un plus bas de sept mois, suggérant que pour le marché, l'inflation devrait être de 1,5% environ au cours de la décennie à venir, donc inférieure à l'objectif de 2% visé par la Fed. Récemment encore, la Fed exprimait une inquiétude contenue face aux soubresauts des marchés chinois, le débat en son sein restant centré sur l'amélioration du marché du travail et l'évolution de l'activité économique, la question clé restant de savoir s'il était plus pertinent de relever les taux dès septembre ou d'attendre décembre, et de fixer le rythme du resserrement progressif de la politique monétaire par la suite. LE RISQUE CHINOIS PÈSE LOURD Désormais, les responsables de la banque centrale ont plusieurs raisons de s'interroger sur le principe même d'une hausse de taux en 2015. La première est le fait que les marchés financiers, qui fuient les actions pour se replier sur les bons du Trésor, seront plus enclins à réagir brutalement à une telle hausse en septembre. La Fed doit aussi prendre en compte le fait que la tempête boursière actuelle pourrait être le reflet d'une situation plus grave qu'estimé jusqu'à présent de l'économie mondiale, et donc de risques accrus pour l'économie américaine. Les dirigeants de la banque centrale ont en outre expliqué qu'ils voulaient, avant de relever les taux, être sûrs que l'inflation remontait bien vers leur objectif. Or cet objectif semble aujourd'hui bien lointain. Même si la Chine ne représente qu'une part limitée des exportations américaines, la Fed a noté le mois dernier qu'un "ralentissement important de l'activité économique en Chine pourrait être porteur de risques pour les perspectives de l'économie américaine", selon le compte-rendu de sa réunion de politique monétaire des 28 et 29 juillet. "L'effet export est certainement important", estime Charles Collins, économiste de l'Institute for International Finance, qui table lui aussi sur un statu quo sur les taux en septembre. "La Fed va adopter une attitude très mesurée." Une hausse de taux le mois prochain n'est toutefois pas encore totalement exclue. La tendance peut rapidement s'inverser à Wall Street et les chiffres de l'emploi aux Etats-Unis en août pourraient montrer une poursuite de l'amélioration. "Nous ne sommes qu'en août, et les marchés bougent vite", dit Michael Feroli, chef économiste Etats-Unis chez JPMorgan Chase. Mais il ajoute que "les mouvements que l'on observe sur les marchés, s'ils se poursuivent, ne plaident pas pour septembre." (Marc Angrand pour le service français)

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