RPT-La fusion LSE-D.Börse, dernier projet majeur du secteur

le , mis à jour à 19:23
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 (Répétition titre) 
    * Les grands acteurs face à des problèmes de concurrence 
    * La fusion créerait une "bande des quatre" dominante 
    * Un défi stratégique pour les acteurs petits et moyens 
 
    par Huw Jones 
    LONDRES, 7 mars (Reuters) - Le projet de fusion entre le 
London Stock Exchange et Deutsche Börse, s'il est mené à son 
terme, pourrait bien être le dernier d'une longue liste de 
fusions entre entreprises de marché, la poursuite de la 
consolidation risquant désormais de se heurter à la nécessité de 
préserver la concurrence. 
    Les deux entreprises vont chercher à surmonter les obstacles 
réglementaires sur lesquels avait buté la tentative de 
rapprochement entre Deutsche Börse et NYSE Euronext, il y a 
quatre ans, une opération avortée en raison du quasi-monopole  
que l'entité fusionnée aurait eu, en Europe, sur les dérivés 
négociés sur un marché réglementé.  
    Une fusion LSE-Deutsche Börse créerait un quatrième acteur 
dominant dans le secteur aux côtés de ICE  ICE.N  et du CME 
 CME.N  aux Etats-Unis ainsi que du Hong Kong Exchanges & 
Clearing  0388.HK  en Asie . 
    "Les très grands acteurs sont déjà confrontés au risque de 
se retrouver devant des problèmes de concurrence où qu'ils 
aillent", a dit Patrick Young dont l'activité de conseil auprès 
d'entreprises de marché remonte à l'époque de la première 
tentative de fusion entre le LSE et la Deutsche Börse au début 
des années 2000. 
     
    PROIES PLUS PETITES 
    Les possibilités de fusions majeures intra-européennes ou 
transatlantiques se raréfiant, les Bourses occidentales qui 
espèrent encore grossir vont devoir se tourner vers des proies 
plus petites.  
    "Il n'y a plus d'acteur majeur à acheter. Ne reste qu'une 
palette de méga-Bourses qui achèteront des acteurs spécialisés, 
de taille moyenne", a dit Brian Taylor de BTA Consulting, un 
cabinet de consultants spécialisés sur les entreprises de 
marché. 
    Si le projet de fusion LSE-Deutsche Börse va à son terme, 
les acteurs européens de plus petite taille se retrouveront sous 
le feu des projecteurs qu'il s'agisse d'Euronext  ENX.PA  ou de 
l'espagnol BME  BME.MC .  
    "Toutes ces plateformes de marché de taille intermédiaire 
vont être soumises à une concurrence accrue et elles seront 
contraintes de trouver une solution", a dit Christian Voigt, 
conseiller pour les affaires réglementaires chez Fidessa, qui 
développe des plateformes de transactions. 
    Un source proche d'Euronext, séparé du NYSE en 2014, a dit 
que l'entreprise, qui réfléchissait jusqu'à présent à une 
stratégie de développement isolée, n'excluait désormais aucune 
option pour accélérer sa croissance tout en souhaitant rester 
indépendante.  
    Euronext et BME n'ont pas souhaité faire de commentaire. 
    "Je pense que cela devrait être la dernière des mégafusions 
et cela pose une question intéressante pour le Nasdaq. Ont-ils 
besoin de faire une opération, quel est leur objectif ?", a dit 
Rich Daniels, analyste de TABB Group.  
    Un porte-parole du Nasdaq s'est refusé à tout commentaire. 
    Jusqu'au récent ralentissement de l'économie chinoise, 
l'Asie apparaissait comme la terre promise pour des Bourses 
occidentales en mal de relais de croissance et désireuses de se 
transformer en plateformes véritablement mondiales. 
    Les interférences politiques rendent les fusions régionales, 
sans parler de rapprochements internationaux, plus difficiles en 
Asie, a dit Brian Taylor. 
    En 2011, les autorités australiennes ont ainsi interdit à la 
Bourse de Singapour de racheter celle de Sydney pour éviter 
l'implication d'un pays étranger dans les affaires financières 
nationales. 
    Pour les spécialistes du secteur, une prise de contrôle de 
Bourses occidentales par des concurrentes asiatiques est plus 
probable que l'inverse. 
    Hong Kong Exchanges & Clearing a ainsi racheté le London 
Metal Exchange pour tirer partie de la forte demande de la Chine 
en matières premières.  
    SGX, l'opérateur de la Bourse de Singapour, figure parmi les 
candidats au rachat du Baltic Exchange, la Bourse londonienne du 
fret maritime. 
    "Je ne pense pas qu'il y ait un pays asiatique prêt à un 
contrôle étranger (de son opérateur de marché)", a dit Rich 
Daniels. "Je ne pense que le moment soit venu politiquement pour 
que l'Asie fasse partie d'un mouvement de consolidation 
véritablement mondial." 
    Entre les obstacles concurrentiels en Europe et le 
protectionnisme asiatique, il n'y a guère de place pour de 
grandes opérations stratégiques, tout au plus des rapprochements 
tactiques, estime-t-il.  
     
    COMPENSATION ET POSSIBLE "BREXIT" 
   L'opération entre le LSE et Deutsche Börse n'a pas encore été 
soumise aux autorités réglementaires mais il est un domaine où 
elle risque de soulever des difficultés concurrentielles. 
    LCH.Clearnet, la chambre de compensation du LSE, et Eurex 
Clearing, celle de Deutsche Börse, dominent le marché de la 
compensation des dérivés en Europe. 
    Les spécialistes du secteur estiment que le LSE pourrait 
céder la composante française de ses activités de compensation 
pour apaiser les craintes des régulateurs et amadouer les 
autorités françaises, soucieuses d l'avenir de la place 
financière de Paris.  
    Parmi les réformes adoptées après la crise financière de 
2008-2009, figure l'obligation de faire enregistrer par une 
chambre de compensation l'essentiel des quelques 550.000 
milliards de dollars de transactions réalisées dans le monde sur 
les produits dérivés afin de garantir leur bonne exécution même 
si l'une des parties faisait défaut. 
    A compter du mois de juin, la compensation, une activité 
lucrative, sera obligatoire pour les swaps de taux d'intérêt au 
sein de l'Union européenne. 
    "Un rapprochement DB-LSE créerait un acteur majeur dans la 
compensation en Europe, ce qui rendrait plus difficile le 
développement des activités de swaps et de futures en Europe 
pour ICE et le CME", estime Benn Steil, chercheur au cercle de 
réflexion Council on Foreign Relations. 
    Mais d'autres facteurs devraient intervenir dans la réponse 
des concurrents du LSE et de Deutsche Börse à leur projet de 
fusion, en particulier l'éventualité d'une sortie du Royaume-Uni 
de l'Union européenne. 
    Les entreprises de marché qui entendent bénéficier du projet 
de l'UE de constitution d'un vaste marché européen des capitaux 
unifié devront être présentes au sein de l'UE.  
    LSE et Deutsche Börse ont certes souligné que leur projet 
les mettait à l'abri d'un éventuel "Brexit" mais d'autres 
acteurs comme ICE, le CME, Bats ou Chi-X, dont le siège est 
installé à la City, première place financière européenne, 
pourraient devoir se poser la question de leur localisation en 
cas de "Brexit".  
     
 
 (avec Noor Hussain à Bangalore, John McCrank à New York, 
Alexandre Boksenbaum-Granier à Paris, Jonathan Gould à Frankfurt 
et Jesus Aguado à Madrid; Marc Joanny pour le service fançais, 
édité par Patrick Vignal) 
 

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