RPT-La France a l'aval prudent du Japon sur Renault-Nissan-sces

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(Répétition de la dépêche transmise mardi en fin d'après-midi) par Gilles Guillaume et Maki Shiraki PARIS/TOKYO, 20 octobre (Reuters) - La France s'est assuré l'accord prudent du Japon dans sa démarche de renforcer son influence chez Renault RENA.PA , ont dit à Reuters plusieurs sources au fait du dossier, en dépit des mises en garde de Carlos Ghosn sur un risque de déséquilibre de l'alliance avec Nissan 7201.T . L'initiative de l'Etat français d'augmenter sa participation dans Renault a fait l'objet d'un échange de lettres entre les ministres de l'Economie des deux pays et a à nouveau été discutée lors d'une visite d'Emmanuel Macron à Tokyo ce mois-ci, a-t-on indiqué de sources gouvernementales. Bien que décrite comme provisoire, cette montée au capital de Renault permettra à l'Etat français, investisseur de long terme, d'accroître de façon permanente son pouvoir au sein du groupe automobile en avril prochain par l'octroi de droits de vote doubles, en vertu de la loi Florange. Le 1er juin, dans sa réponse à Emmanuel Macron, Yoichi Miyazawa, alors ministre de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie, a décrit l'initiative française comme une décision "en conformité avec le processus de la loi", a dit à Reuters une personne au fait du dossier. Deux autres sources, à Paris et à Tokyo, ont confirmé l'échange de lettres avec Yoichi Miyazawa, remplacé au sein du gouvernement japonais lors d'un remaniement ministériel ce mois-ci. "Depuis le début, on a pris soin d'informer les autorités japonaises. Il y a eu des échanges par plusieurs voies, notamment par lettre, et on n'a pas ressenti de difficulté du gouvernement japonais", a dit une source proche du gouvernement français. "Le sujet a été évoqué aussi lorsque le Premier ministre (Manuel Valls) et Emmanuel Macron sont allés au Japon (du 3 au 5 octobre, NDLR). Et là encore les homologues japonais ont dit que c'était une affaire entre entreprises. C'était la même tonalité." Les deux ministères, français et japonais, se sont refusés à tout commentaire sur ces informations, de même que Renault-Nissan. "UN PROBLÈME DE LONG TERME" Dans sa lettre à Emmanuel Macron, le ministre japonais insiste aussi sur son soutien à la réussite de l'alliance Renault-Nissan, qu'il dit bâtie sur une relation de confiance, selon les mêmes sources, et note que l'augmentation de la participation de l'Etat au capital de Renault a été prise "sur une base temporaire". Des craintes pourraient ainsi se faire jour à Tokyo si l'Etat tarde à revendre les 14 millions d'actions supplémentaires acquises en avril. La France a enclenché ce mois-ci le processus de dénouement des options qu'elle avait prises pour s'assurer un prix minimum de revente de ces titres. Ce qui laisse intacte, pour l'heure, sa participation de 19,7%. ID:nL8N1281PK L'action Renault a perdu environ 20% de sa valeur depuis l'assemblée générale d'avril où ont été adoptés les droits de vote doubles. Depuis que Renault, en 1999, a pris une participation de contrôle dans Nissan et l'a ainsi sauvé d'une quasi-faillite, le japonais a surpassé sa maison mère: il compte désormais pour deux tiers des ventes combinées et génère la plus grosse part des profits de l'alliance formée entre les deux constructeurs. Nissan détient 15% de son partenaire français mais aucun droit de vote, tandis que Renault possède 43,4% du groupe japonais. Carlos Ghosn, à la fois PDG de Renault et de Nissan, accélère depuis plusieurs années la convergence entre les deux groupes et a été vent debout contre les droits de vote doubles obtenus par l'Etat français. En avril, certains observateurs s'attendaient à ce qu'il réplique en réduisant la part de Renault dans Nissan. L'idée a refait surface lors de discussions entre les deux constructeurs sur l'évolution de leur alliance, a rapporté ce mois-ci le quotidien économique Nikkei. ID:nL8N1271IX Mi-septembre, Carlos Ghosn a déclaré qu'il restait encore à trouver une solution qui préserve durablement l'équilibre de l'alliance. "C'est un problème de long terme, il faut à tout prix développer une ambiance de confiance entre toutes les parties, sinon à chaque fois qu'il y aura un changement important, on sera bloqué", a-t-il dit à des journalistes en marge d'un dîner au salon de l'automobile de Francfort. "L'alliance entre Renault et Nissan fonctionne parce qu'il n'y a pas de double langage, pas de rapport de force." (Avec Laurence Frost, Dominique Rodriguez pour le service français, édité par Marc Joanny)


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