RPT-La Fed donne un nouveau coup de pouce à la croissance

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LA FED DONNE UN NOUVEAU COUP DE POUCE À LA CROISSANCE
LA FED DONNE UN NOUVEAU COUP DE POUCE À LA CROISSANCE

Répétition: suppression d'un paragraphe hors contexte dans la 2e partie de la dépêche.

par Pedro da Costa et Alister Bull

WASHINGTON (Reuters) - La Réserve fédérale a une nouvelle fois innové mercredi en disant qu'elle maintiendrait son taux directeur à un niveau proche de zéro jusqu'à ce que le taux de chômage revienne à 6,5%, la banque centrale américaine prenant au passage de nouvelles mesures pour stimuler l'économie.

A l'issue de sa réunion de politique monétaire de deux jours, la Fed a précisé qu'elle s'en tiendrait à cet engagement en matière de taux tant que l'inflation n'est pas anticipée à un niveau supérieur de plus de 2,5% sur les deux années à venir.

La banque centrale américaine, qui a revu en légère baisse ses prévisions de croissance pour 2013 et 2014 a substitué à un programme de relance plus modeste - dit "Operation Twist" - qui arrive à son terme en fin d'année une nouvelle salve de rachats d'obligations du Trésor qui contribueront à gonfler un peu plus son bilan.

Elle en achètera pour 45 milliards de dollars tous les mois, en sus des 40 milliards de dollars d'obligations adossées à des créances hypothécaires (MBS) qu'elle rachète chaque mois depuis septembre.

"(...) la surprise, c'est principalement qu'elle a remplacé la référence à la mi-2015 en matière de taux d'intérêt quasi-nuls par un seuil de chômage de 6,5%", observe Eric Stein (Eaton Vance Management).

Les déclarations de la Fed ont dans un premier temps tiré vers le haut Wall Street jusqu'à ce Ben Bernanke, président de la Réserve fédérale, réaffirme lors d'une conférence de presse que la politique monétaire ne pouvait pas faire grand chose pour contre-balancer les effets du "mur budgétaire".

Au bout du compte, le Dow Jones et le Nasdaq ont terminé en légère baisse et le S&P s'est maintenu juste au-dessus de zéro.

Le dollar a souffert de la perspective réaffirmée de voir les taux d'intérêt américains rester proches de zéro pendant une période prolongée tandis que le prix des emprunts du Trésor à maturité très longue a reculé après l'annoncé du nouveau plan de rachats d'actifs de la Fed.

L'expression "mur budgétaire" ("fiscal cliff") recouvre la coïncidence, en début d'année prochaine, entre la fin des exonérations fiscales décidées sous George Bush et prolongées pour deux ans en 2010 et la mise en oeuvre de coupes automatiques dans les dépenses publiques prévues par l'accord de 2011 sur le relèvement du plafond de la dette.

Selon les estimations du Congressional Budget Office, l'organisme parlementaire bipartisan de contrôle des finances publiques, si aucun accord n'est trouvé, cette combinaison de hausses d'impôts et de baisse des dépenses estimée au total à 600 milliards de dollars pourrait faire replonger les Etats-Unis dans la récession.

BEN BERNANKE N'A PAS EVOQUÉ DE TROISIÈME MANDAT AVEC OBAMA

"La Comité (de politique monétaire, FOMC) redoute que sans politique monétaire suffisamment accommodante, la croissance économique ne soit pas suffisamment solide pour provoquer une amélioration durable des conditions du marché du travail", explique la Fed dans un communiqué.

La Fed a renouvelé son engagement de poursuivre ses rachats d'obligations tant que la situation de l'emploi ne se sera pas nettement améliorée. La baisse du taux de chômage à 7,7% en novembre, contre 7,9% en octobre, a été essentiellement imputable à une diminution de la population active et de ce fait ne satisfait pas à cette condition.

Par l'"Opération Twist", la Fed achetait chaque mois pour 45 milliards de dollars de Treasuries à long terme grâce au produit de la vente de dette à court terme. Son nouveau programme sera essentiellement financé par la création monétaire, qui aura pour effet d'augmenter un bilan qui atteint déjà 2.800 milliards de dollars.

La Fed a ramené son taux d'intervention à près de zéro en décembre 2008 et a racheté pour 2.400 milliards de dollars d'obligations afin de faire baisser les coûts d'emprunt et de stimuler l'économie.

Malgré l'arsenal impressionnant déployé par l'institut d'émission, la croissance des Etats-Unis reste molle. De 2,7% annuellement au troisième trimestre, la croissance semble actuellement décélérer fortement.

Selon une enquête Reuters publiée mercredi, elle ne serait plus que de 1,2% durant le trimestre en cours.

Les entreprises sont dans l'expectative, redoutant l'effet d'un "mur budgétaire" l'an prochain - synonyme pour Ben Bernanke de probable récession - si le Congrès et la Maison Blanche ne parviennent pas à un accord budgétaire d'ici la fin de l'année.

Pour 2013, la Fed a dit anticiper désormais une hausse du produit intérieur brut (PIB) comprise entre 2,3% à 3,0% contre une fourchette de 2,5% à 3,0% donnée en septembre. En 2014, la Fed voit le PIB croître de 3,0% à 3,5% contre une fourchette de 3,0% à 3,8% il y a trois mois.

Ben Bernanke a par ailleurs déclaré qu'il n'avait pas évoqué avec Barack Obama la possibilité d'un troisième mandat à la tête de la banque centrale américaine.

"Il me semble que le président a plusieurs sujets de réflexion, dont le "mur budgétaire", a dit celui dont le mandat expire en janvier 2014.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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