RPT-La droite progresse en Espagne mais l'incertitude demeure

le , mis à jour à 06:02
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 (RPT renvoi sur le tableau des résultats) 
    * Les Espagnols votaient pour la deuxième fois en six mois 
    * Le Parti populaire de Rajoy améliore son score mais reste 
loin de la majorité absolue 
    * Les socialistes conservent leur deuxième place devant 
Podemos 
    * Ciudadanos se dit prêt à ouvrir des négociations avec la 
droite 
    * Participation en recul par rapport à décembre 
 
    par Julien Toyer et Emma Pinedo 
    MADRID, 27 juin (Reuters) - Le Parti populaire (PP, droite) 
est la seule formation politique espagnole qui a progressé hier 
aux élections législatives par rapport au scrutin de décembre 
dernier mais avec 137 sièges, le parti de Mariano Rajoy reste en 
deçà de la majorité absolue fixée à 176 députés. 
    Avec 85 sièges, le Parti socialiste (PSOE) perd cinq sièges 
mais conserve sa deuxième position que les sondages à la sortie 
des urnes diffusés à la fermeture des bureaux de vote 
promettaient pourtant à l'alliance anti-austérité Unidos 
Podemos. Mais avec 71 sièges au final, le mouvement de Pablo 
Iglesias ne fait pas mieux qu'en décembre. 
    S'inspirant de la Grèce, où le parti de la gauche radicale 
Syriza du Premier ministre Alexis Tsipras a relégué les 
socialistes du Pasok au rang d'observateurs, Pablo Iglesias 
espérait affaiblir considérablement le PSOE et le priver de 
toute chance de diriger un gouvernement. Sa stratégie a échoué. 
    Le parti conservateur peut espérer un appui des centristes 
de Ciudadanos ("Citoyens"), qui obtiennent 32 sièges (contre 40 
en décembre), mais devrait aussi compter sur le soutien de 
partis régionaux pour constituer une majorité stable. 
    Comme attendu après six mois de tractations infructueuses et 
d'impasse politique, la participation a été moins élevée qu'en 
décembre, à 69,8% contre un peu plus de 73% il y a six mois. 
    Si la droite progresse, ce nouveau scrutin n'en a pour 
autant fait émerger une nouvelle donne au Parlement, et ces 
élections espagnoles viennent donc s'ajouter à l'incertitude 
politique qui s'est spectaculairement renforcée en Europe depuis 
la victoire du camp du Brexit au référendum de jeudi dernier au 
Royaume-Uni. 
    "Nous avons gagné les élections (...) nous revendiquons le 
droit de gouverner", a déclaré en fin de soirée Mariano Rajoy à 
ses partisans réunis au quartier général du Parti populaire dans 
le centre de Madrid. 
    Plusieurs formules sont envisageables, à commencer par une 
alliance PP-Ciudadanos, une "grande coalition" à l'allemande 
entre le parti de Rajoy et le PSOE ou même un gouvernement 
minoritaire de la droite. 
    Contrairement à décembre, Albert Rivera, le chef de file du 
Ciudadanos, s'est dit prêt à ouvrir des négociations avec le 
Parti populaire, mais son parti réclame que Rajoy ne dirige pas 
une éventuelle coalition. 
    Le secrétaire général du PSOE, Pedro Sanchez, a affirmé pour 
sa part que son parti était "au service de l'intérêt général" 
mais à plusieurs reprises lors de la campagne, il a exclu l'idée 
d'une coalition avec le Parti populaire.  
    Dans l'immédiat, une fois que le nouveau Parlement se sera 
réuni, à partir du 19 juillet, il appartiendra au roi Felipe VI 
de désigner un candidat au poste de président du gouvernement. 
Si ce dernier n'obtient pas la majorité absolue, un second vote 
sera organisé 48 heures plus tard, où s'appliquera seulement la 
règle de la majorité des suffrages exprimés, l'abstention 
faisant dès lors baisser le seuil requis.  
    En cas de nouvel échec, le roi doit proposer un autre 
candidat. Et si dans les deux mois suivant le premier vote, 
aucune majorité ne peut être trouvée, alors l'Espagne devrait 
retourner aux urnes. 
    "Nous nous dirigeons au devant de nouveaux cycles de 
négociations complexes, dont l'issue la moins mauvaise pourrait 
être un gouvernement affaibli", note Vincenzo Scarpetta, 
politologue d'Open Europe à Londres. "La pression sur les 
socialistes pour qu'ils laissent Rajoy former au moins un 
gouvernement minoritaire et poursuivre son travail va être 
énorme", pronostique-t-il. 
     
    VOIR AUSSI 
    Le TABLEAU des résultats:   
 
 (avec Sonya Dowsett, Sarah White, Carlos Ruano et Tomás Cobos; 
Eric Faye, Tangi Salaün et Henri-Pierre André pour le service 
français) 
 
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