RPT-L'Eurogroupe étudie les modalités d'un prêt relais pour la Grèce

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(Répétition sans changement) * Athènes a besoin de E3,5 mds d'ici le 20/7 * Elle doit rembourser la BCE * Diverses options à l'étude, notamment des prêts bilatéraux * Décision des ministres de la zone euro mardi soir/mercredi matin par Jan Strupczewski BRUXELLES, 14 juillet (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone ont demandé lundi à des experts d'étudier les différentes possibilités de prêt relais pour la Grèce, le temps d'élaborer un troisième plan de sauvetage et pensent se prononcer pour l'une d'entre elles mercredi matin, a déclaré le président de l'Eurogroupe. L'ouverture de négociations concernant un nouveau plan d'aide à la Grèce de 82 à 86 milliards d'euros doit intervenir vendredi, à condition que le Parlement grec approuve une série de lois d'ici mercredi soir pour montrer qu'il est disposé à réaliser les réformes exigées par les créanciers du pays. Les négociations sur le sauvetage prendront encore environ quatre semaines pour aboutir. En attendant, il faut trouver un financement relais. "Nous avons étudié la question d'un prêt relais parce qu'il y a des besoins urgents et que le processus de finalisation de l'accord prendra du temps", a dit le président de l'Eurogroupe des ministres des Finances, Jeroen Dijsselbloem, à la presse. "C'est très complexe, nous avons étudié un certain nombre de possibilités mais il y a des questions d'ordre technique, juridique, financier et politique à prendre en compte et nous avons donc demandé à un groupe de travail ad hoc d'experts techniques de se pencher sur le sujet", a-t-il ajouté. Les experts ont commencé à y travailler lundi pour pouvoir présenter des informations plus détaillées sur les différentes options aux vice-ministres des Finances mardi, a-t-il ajouté. "Peut-être demain soir y aura-t-il une conférence téléphonique entre les ministres, ou sinon mercredi matin. Cela ne va pas être facile." La Grèce a notamment besoin de 3,5 milliards d'euros dès lundi prochain pour rembourser des obligations arrivant à échéance détenues par la Banque centrale européenne (BCE). Elle doit aussi respecter des échéances de dette vis-à-vis du FMI. Globalement en juillet, Athènes a besoin de sept milliards d'euros, selon les estimations des institutions représentants ses créanciers. Elle aura besoin de cinq milliards de plus pour couvrir ses besoins de remboursement d'ici mi-août. Une des options est de débloquer les profits du SMP(Securities Market Program), c'est-à-dire les plus-values réalisées par la BCE et les banques centrales nationales de la zone euro sur leurs achats d'obligations grecques durant la crise de la dette. Elles représentent 1,9 milliard d'euros sur 2014 et 1,4 milliard sur 2015 et ne suffisent donc pas à elles seules à couvrir les besoins de remboursement. L'ARGENT RESTANT DU FESF Une deuxième option est d'utiliser l'argent restant du Fonds européen de Stabilité financière (FESF), un fonds de sauvetage créé en 2010, utilisé pour aider l'Irlande et le Portugal. Il reste 13,2 milliards d'euros dans le FESF. Mais parce que les obligations émises par la Commission européenne pour lever ces fonds seraient garanties par le budget de l'Union européenne, l'argent ne peut être utilisé qu'avec le consentement des 28 pays de l'UE et non pas seulement des 19 de la zone euro. En 2011, Londres a refusé le recours au FESF pour aider la Grèce et pourrait le faire une deuxième fois. L'unanimité n'est pas nécessaire -- il suffit d'une majorité qualifiée -- mais il est peu probable que les institutions de l'UE prennent le risque de mécontenter les électeurs britanniques avant un référendum sur l'adhésion du pays à l'Union européenne prévu d'ici 2017. Une autre option serait des prêts bilatéraux à la Grèce de ses partenaires de la zone euro comme ce fut le cas pour le premier plan d'aide, lorsqu'aucun des fonds européens n'avait été créé. Ces prêts pourraient ensuite être déduits d'une façon ou d'une autre du plan d'aide qui sera financé par le Mécanisme européen de Stabilité (MES), le nouveau fonds de sauvetage qui a succédé au FESF. L'Italie a dit qu'elle ne pourrait le faire que si tous les pays de la zone euro le faisaient. De même, La France, qui a pourtant été le principal soutien de la Grèce pendant les négociations, s'est empressée d'affirmer qu'une telle idée n'était pas envisagée. Aucun autre pays ne semble souhaiter ou être en mesure d'accorder de tels prêts relais. Enfin, la Banque centrale européenne pourrait relever le plafond des bons du Trésor grec qu'elle accepte en nantissement dans le cadre de ses opérations de refinancement des banques grecques. Cela permettrait aux banques d'acheter davantage de dette à court terme à l'Etat grec et fournir ainsi des liquidités à Athènes. Mais cela soulève la question, pour certains économistes, de savoir si la BCE ne s'engagerait pas ainsi dans un "financement monétaire" (en créant de la monnaie) des Etats de la zone euro, interdit par les traités européens. (Avec Philip Blenkinsop et Francesco Guarascio; Juliette Rouillon pour le service français, édité par Danielle Rouquié)

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