RPT-Israël-L'opposition de centre gauche en tête pour les législatives

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(RPT de cette dépêche diffusée vendredi, actualisée derniers paragraphes) * L'Union sioniste (centre gauche) en tête dans les sondages * Les électeurs arabes prêts à rejoindre une coalition de gauche * Netanyahu appelle ses partisans à se rendre aux urnes * Israël a besoin d'un changement, selon 72% des sondés par Luke Baker JERUSALEM, 16 mars (Reuters) - L'opposition de centre gauche au Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu est bien partie pour émerger en tête des élections législatives de mardi en Israël, au vu des dernières enquêtes d'opinion. Selon les derniers sondages autorisés avant le scrutin, l'Union sioniste du travailliste Isaac Herzog et de la centriste Tzipi Livni remporterait 24 ou 26 sièges à la Knesset, sur les 120 sièges que compte le parlement, et le Likoud de Netanyahu 20 ou 22. La totalité des sondages des derniers jours de la campagne ont donné la même avance à la coalition de centre gauche spécialement créée en décembre 2014 pour ce scrutin anticipé. Aucun parti n'a jamais remporté de majorité absolue en Israël du fait du mode de scrutin à la proportionnelle intégrale, et le pays a toujours été dirigé par un gouvernement de coalition. Dans la mesure où les partis de droite et d'extrême-droite sont plus nombreux, les commentateurs estimaient qu'il serait plus facile au Likoud qu'à l'Union sioniste de former une nouvelle coalition, même en cas de courte défaite. Mais l'Union sioniste a creusé l'écart et il est aussi apparu que les Arabes israéliens, qui représentent 20% de la population, seraient d'accord pour que leur Liste commune, qui regroupe quatre partis arabes, rejoigne une coalition de centre gauche avec l'Union sioniste. Selon un sondage paru dans le Yediot Aharonoth, ils sont 71% à penser ainsi, tandis que 16% estiment que la Liste, créditée de 13 à 15 sièges, doit soutenir la coalition de l'extérieur. En cas de victoire, l'Union sioniste devrait également avoir le soutien du Meretz (socialiste), crédité de cinq ou six sièges et des centristes de Yesh Atid (13 sièges). Pour atteindre les 61 sièges nécessaires à la majorité, l'Union sioniste n'aurait alors plus besoin que du soutien de cinq ou six députés. FAILLES L'arithmétique est une chose, mais les retournements de dernière minute ne sont pas à exclure dans le jeu complexe des alliances en Israël. Quand il a convoqué ce scrutin anticipé en décembre dernier, Benjamin Netanyahu semblait en position de force et bien parti pour un quatrième mandat. Mais les trois derniers mois ont montré ses failles après neuf ans de pouvoir étalés sur trois mandats. Il a centré sa campagne électorale sur les questions de sécurité et sur les menaces qu'il voit dans le programme nucléaire iranien, même amendé par un accord international. Les électeurs mettent pour leur part les questions économiques en tête de leur préoccupations et notamment la flambée des prix des logements et le coût élevé de la vie en général. DISCOURS CRITIQUÉ Le discours très critiqué prononcé le 3 mars par Benjamin Netanyahu devant le Congrès des Etats-Unis à propos du programme nucléaire iranien a marqué un tournant. Au lieu lui donner un coup de pouce, cette prestation, sur l'invitation du Parti républicain américain et à l'origine d'une forte tension avec l'administration Obama, a tourné en sa défaveur dans les sondages parus peu après. Ses attaques répétées contre Isaac Herzog, homme de petite taille à la voix légèrement haut perchée, ont fait chou blanc, le chef de file du Parti travailliste ayant révélé dans ses réponses un esprit vif et son sens de l'humour. Le conflit avec les Palestiniens a été peu abordé, ce qui tendrait à montrer qu'un nombre croissant d'électeurs sont lassés du style de leadership va-t-en guerre de Netanyahu. Un sondage paru dans le quotidien Maariv montre que 72% des Israéliens estiment qu'un changement est nécessaire. Ces derniers jours, "Bibi" a tenté de reprendre la main. Il a davantage parlé d'économie et de ses idées pour faire baisser les prix du logement, il a donné des gages aux centristes en proposant le portefeuille des Finances à Moshe Kahlon, transfuge du Likoud désormais à la tête du nouveau parti centriste Kulanu. L'ex-ministre des Communications, qui a rompu avec Netanyahu à la suite du mouvement social de 2011, reste dans la mémoire de nombreux Israéliens comme le ministre ayant fait spectaculairement baissé les tarifs des téléphones mobiles en ouvrant le secteur à la concurrence. Son parti est crédité d'une dizaine de sièges à la Knesset. Mais Netanyahu a aussi reconnu qu'il y avait "un réel danger" qu'il puisse perdre les élections. Lors d'un rassemblement électoral dimanche soir à Tel Aviv, il a appelé les électeurs israéliens à empêcher "l'accession d'un gouvernement de gauche au pouvoir". Voir aussi: * Les principaux candidats en lice ID:nL5N0WB3B6 * La paix grande absente du débat ID:nL5N0WD420 * Les partis arabes font liste commune pour peser enfin ID:nL5N0WE460 (avec Ori Lewis et Ari Rabinovitch; Danielle Rouquié pour le service français; édité par Henri-Pierre André)

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