RPT-Iran-Vague de commandes pour Boeing et Airbus en cas d'accord

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(Répétition sans changement d'une dépêche diffusée vendredi) par Tim Hepher, Parisa Hafezi et John Irish PARIS/VIENNE, 13 juillet (Reuters) - Les constructeurs d'avions occidentaux pourraient remporter pour plusieurs milliards de dollars de contrats avec l'Iran en cas d'accord sur le dossier nucléaire, qui sortirait de quarantaine l'un des marchés aéronautiques les plus prometteurs au monde. L'Iran et six puissances mondiales, qui tentent d'arracher un accord sur le programme nucléaire de la République islamique, ont une nouvelle fois reporté vendredi la date limite pour la fin des discussions, cette fois-ci fixée à lundi. ID:nL8N0ZQ1OD Un compromis résoudrait un différend vieux de plus de 12 ans concernant les ambitions nucléaires de Téhéran. L'Iran pourrait alors avoir l'opportunité de renouveler enfin une flotte dont l'âge moyen est de 23 ans, près de deux fois la moyenne internationale, et de le faire à des prix abordables, après des années d'achats surpayés au marché noir. Airbus AIR.PA , Boeing BA.N et d'autres constructeurs aéronautiques pourraient ainsi engranger jusqu'à 20 milliards de dollars de contrats, dont la répartition sera sans doute influencée par les positions des différents camps lors des longues négociations des mois écoulés. "Il y a beaucoup d'avions qui sont réellement en fin de vie", explique Maximo Gainza, consultant senior du cabinet spécialisé britannique Ascend Flightglobal. "L'Iran sera un marché vraiment très chaud quand les sanctions seront levées." Le président d'Iran Air, Farhad Parvaresh, avait déclaré à Reuters l'année dernière que l'Iran aurait immédiatement besoin d'au moins 100 gros porteurs et monocouloirs après la levée des sanctions, mais qu'il se tournerait vers la Russie et la Chine en cas d'échec de négociations. Selon des responsables iraniens et occidentaux du secteur, les besoins du pays atteindraient 400 avions dans la décennie à venir, donnant des opportunités de contrats aux deux gros avionneurs étant donné le temps d'attente pour les livraisons d'avions neufs. LA FRANCE PUNIE VIA AIRBUS ? Boeing paraît le mieux placé pour la première vague de ventes, en partie en raison de la ligne dure tenue par la France - actionnaire d'Airbus - durant les négociations sur le dossier nucléaire, ont déclaré des sources sectorielles, diplomatiques et proches de la position iranienne. Paris a opéré un brusque revirement ces dernières années vis-à-vis de Téhéran, pour se rapprocher des rivaux sunnites de l'Iran chiite dans le Golfe, au Qatar et en Arabie saoudite. "La position des Français, en particulier (du ministre des Affaires étrangères Laurent) Fabius, ne va pas faciliter la tâche pour Airbus", a déclaré une source du secteur aérien européen, qui a souhaité ne pas être identifiée. Le ministre iranien des Transports a mis en garde la France le mois dernier contre le risque de perdre pour 80 milliards de dollars de contrats si elle ne modifiait pas sa position vis-à-vis de Téhéran. Une commission sénatoriale française s'est récemment inquiétée de voir les entreprises tricolores se faire devancer dans la course aux contrats en Iran. "Ce n'est pas parce que vous êtes le premier arrivé que vous êtes le premier servi", a souligné à Reuters un responsable gouvernemental français. "Nous serons prêts, ne nous inquiétez pas pour nos entreprises". Le patron d'Iran Air avait également déclaré à Reuters l'an passé que l'Iran donnerait sa préférence aux fournisseurs qui avaient coopéré lors de l'allègement des sanctions en 2014. UN PREMIER CONTRAT DE 100 BOEING ÉVOQUÉ Boeing a annoncé en octobre avoir vendu des manuels, des croquis, des schémas et des données liées à Iran Air lors des premières négociations commerciales publiques depuis la crise des otages de 1979. Airbus a dit avoir demandé des licences d'exportation mais n'a pas souhaité préciser si des services ou des produits avaient de fait été fournis. Des responsables iraniens ont fait état de nombreuses réunions avec des représentants de sociétés d'aéronautique occidentales pour étudier de futurs contrats. Selon deux hauts responsables iraniens, il paraît acquis que l'Iran achètera 100 avions à Boeing une fois les sanctions levées, mais des responsables américains du secteur ont nié l'existence d'un tel accord informel. Des diplomates et des responsables du secteur aérien soulignent que les propositions de contrats peuvent servir d'arguments de négociations et notent que l'Iran aime jouer des rivalités entre ses fournisseurs potentiels. Certains analystes se montrent en outre prudents sur le nombre d'avions que le secteur aérien iranien pourrait commander, notant qu'il devrait d'abord devoir dégager des revenus avant de pouvoir entretenir une flotte étendue. "Il faudra qu'ils dérèglementent leur économie avant de pouvoir produire les performances qu'on pourrait associer à un pays avec un tel potentiel", prévient Richard Aboulafia, du cabinet américain Teal Group. Le trafic vers certaines destinations internationales pourrait être perdu pour de bon au profit de rivaux voisins comme la compagnie du Golfe Emirates, souligne-t-il. A long terme, Iran Air rêve de concurrencer les compagnies arabes du Golfe en tant que "hub" entre l'Occident et l'Orient. Mais les avionneurs occidentaux ont déjà rempli leurs carnets de commande pour quasiment toute la décennie à venir. (Avec Andrea Shalal et Victoria Bryan, Cyril Altmeyer pour le service français, édité par Marc Angrand)


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