RPT-Henri Poupart-Lafarge, prêt à conduire Alstom à grande vitesse

le , mis à jour à 17:25
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 (Répétition, avec capteur §10) 
    * Il succédera fin janvier à Patrick Kron au poste de PDG 
    * Il dirige Alstom Transport depuis 2011 
    * Alstom a cédé son énergie à GE, se recentre sur le 
transport 
    * Un destin plus proche de Bombardier que de Siemens 
 
    par Cyril Altmeyer 
    SAINT-OUEN, Seine-Saint-Denis, 20 janvier (Reuters) - Faire 
d'Alstom  ALSO.PA  la référence dans le matériel roulant 
ferroviaire, mais aussi plus largement dans les systèmes de 
transport, voilà l'ambition d'Henri Poupart-Lafarge pour le 
groupe dont il doit prendre la tête fin janvier. 
    Ce choix pour succéder à Patrick Kron - consécutif au 
recentrage du groupe français sur les équipementiers 
ferroviaires après la cession de ses activités d'énergie à 
General Electric  GE.N  - ne doit rien au hasard.  
    Henri Poupart-Lafarge prendra officiellement la tête du 
nouvel Alstom à l'issue du règlement-livraison, prévu le 28 
janvier, de l'offre publique de rachat d'actions lancée en 
novembre 2015 pour redistribuer 3,2 milliards d'euros aux 
actionnaires du groupe.   
    Entré chez Alstom en 1998, ce polytechnicien né en 1969, 
fils d'Olivier Poupart-Lafarge, ancien directeur général délégué 
de Bouygues  BOUY.PA , dirige le pôle transport depuis 2011. 
    "Vous direz que j'adore le ferroviaire", rétorque-t-il quand 
on l'interroge sur ses goûts en dehors d'Alstom. "Ce qui me 
plairait, c'est que vous ne fassiez pas de portrait. Je ne veux 
pas polluer le débat". 
    Tout entier focalisé sur Alstom, donc, Henri Poupart-Lafarge 
a des idées très précises sur le destin de son entreprise, un 
groupe mondialisé, plus proche de celui du canadien Bombardier 
 BBDb.TO , rencontré dans des appels d'offres aux quatre coins 
du monde, que du très européen Siemens  SIEGn.DE . 
    Mais d'autres concurrents apparaissent, comme le géant 
chinois CRRC  601766.SS , issu de la fusion en 2015 entre CSR et 
CNR, ou des groupes venant de Corée ou de Russie, tandis qu'il 
reste en Europe des sociétés comme l'espagnole CAF  CAF.MC . 
     
    VERS LA "MAINTENANCE PRÉDICTIVE" 
    L'autre priorité d'Henri Poupart-Lafarge sera d'orienter 
Alstom, connu pour le TGV tricolore, vers l'intégration des 
différents systèmes de transports à la fois entre eux et au sein 
des villes, débordant ainsi forcément du spectre du seul 
matériel roulant. 
    Cette conscience macroéconomique, Henri Poupart-Lafarge l'a 
acquise dès le début de sa carrière en 1992 au sein de la Banque 
mondiale à Washington, avant d'entrer au ministère de l'Économie 
et des Finances français en 1994. 
    Henri Poupart-Lafarge entend également préparer Alstom à 
l'avènement d'ici cinq à dix ans de la "maintenance prédictive", 
permettant par exemple de mieux anticiper le remplacement de 
pièces en analysant des données provenant de petits capteurs 
installés sur les trains. 
    "La globalisation, les solutions, l'innovation qui vient 
nourrir toutes ces choses-là, ce sont les axes majeurs 
opérationnels au-delà de la qualité, l'efficacité, qui est 
nourrie elle-même par la digitalisation", explique celui qui, 
outre l'X, est passé par les Ponts et Chaussées et le MIT de 
Boston. 
    Après le rapprochement des activités transport de GE et 
d'Alstom Transport et le rachat du spécialiste italien de la 
signalisation ferroviaire Ansaldo STS  STS.MI  par le japonais 
Hitachi  6501.T , la consolidation devrait se poursuivre. Alstom 
veut y prendre toute sa part, même si Henri Poupart-Lafarge ne 
voit aucun dossier actif pour l'instant. 
    Alstom a déjà publiquement manifesté son intérêt pour la 
signalisation ferroviaire de l'équipementier d'aérospatiale et 
de défense Thales  TCFP.PA , tandis que le français Faiveley 
Transport  FAIP.PA  et Invensys apparaissent aussi, selon les 
analystes, comme des cibles possibles. 
    Devenu un "pure player" plus manoeuvrant, Alstom reste 
sous-évalué en Bourse, estiment des analystes. Le titre n'a 
progressé que de 4,9% en 2015 (quasiment deux fois moins que le 
CAC 40) et accuse un recul de près de 8% depuis le début de 
l'année, légèrement inférieur toutefois à celui de l'indice 
phare de la Bourse de Paris. 
    Les rentables segments du transport urbain, de la 
signalisation et des services sont en outre plus difficiles 
d'accès pour de nouveaux concurrents, notamment venus de Chine, 
estimait Oddo Securities dans une note récente. 
    La complexité technologique des systèmes de trains, par 
exemple en termes d'automatisation, donne un avantage aux 
acteurs les plus installés, comme Alstom, Bombardier et Siemens, 
qui bénéficient en outre de la dépréciation du dollar américain, 
ajoutait l'intermédiaire. 
    Alstom devrait en outre bénéficier de grands projets comme 
les chemins de fer en Afrique du Sud, le plus gros projet de 
l'histoire du groupe objet d'un contrat de quatre milliards 
d'euros en 2013, une commande de 800 locomotives en Inde annoncé 
en novembre 2015 ou le futur réseau du Grand Paris Express. 
 
 (Edité par Jean-Michel Bélot) 
 

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