RPT-Handball: les ambitions boulimiques du PSG

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LE PSG SE DÉCLINE AUSSI EN VERSION HANDBALL
LE PSG SE DÉCLINE AUSSI EN VERSION HANDBALL

Répétition du titre.

par Simon Carraud

PARIS (Reuters) - Racheté par un fonds d'investissement qatari et rebaptisé, Paris Handball, principal club parisien de handball, a repris à son compte, outre le logo et le nom du Paris Saint-Germain football, les ambitions boulimiques de la maison mère.

L'objectif affiché sans tapage est de faire entrer le PSG Handball adossé à la puissance financière de Qatar Sport Investment (QSI) dans le club fermé des prétendants au titre de champion de France puis, à moyen terme, dans le gotha européen.

S'ils veulent assouvir leur soif de succès dès cette année, les handballeurs parisiens, qui entament leur saison vendredi, devront comme leurs homologues footballeurs détrôner le champion en titre. Montpellier dans les deux cas.

Moyens et méthodes mis en oeuvre sont similaires : recrutement de stars et explosion du budget qui a plus que triplé pour dépasser les sept millions d'euros - un niveau proche des clubs européens les plus argentés.

"Le club est entré dans une nouvelle dimension", a expliqué mardi Bruno Martini, manager général du PSG Handball, lors d'une conférence de presse au Parc des Princes, pré carré habituel des footballeurs parisiens.

"On a les moyens dans la durée de construire quelque chose d'exceptionnel à Paris", a ajouté en écho Jean-Claude Blanc, qui a désormais en charge les activités du PSG dans le football et le handball.

SCANDINAVE À CRINIÈRE BLONDE

Pour ce faire, la nouvelle équipe a enrôlé dix joueurs, un recrutement pléthorique pour le handball, dont trois champions olympiques français sacrés cet été à Londres : Luc Abalo, Didier Dinart et Samuel Honrubia.

Les dirigeants parisiens ont poussé le mimétisme avec le football jusqu'à s'attacher les services d'un Scandinave, le Danois Mikkel Hansen qui a, à l'échelle du handball, la même envergure qu'un Zlatan Ibrahimovic, recrue vedette du PSG football.

L'arrière gauche, venu de Copenhague et passé par Barcelone, débarque dans la capitale française avec son statut de meilleur joueur du monde en 2011.

Comme au football, un nouvel entraîneur a fait son apparition : Philippe Gardent, champion du monde 1995 comme joueur avec les "Barjots", débauché cet été à Chambéry.

Nasser al Khelaïfi a par ailleurs repris en main la présidence, cumulant ainsi les responsabilités dans le football et le handball.

En dépit de la débauche de moyens et du chamboulement de l'organigramme, Jean-Claude Blanc a pris d'infinies précautions pour alléger la pression sur ses joueurs. Ses deux leitmotivs : "faire preuve d'humilité" et "se laisser du temps".

Mais le nouveau monstre du handball français peine à faire mystère de ses ambitions, comme l'a reconnu l'entraîneur Philippe Gardent.

"LE TRAVAIL, ÇA NE SUFFIT PAS"

"On ne se cache pas qu'au PSG, l'ambition va être dans quelque temps de gagner des titres européens. Il faudra donc rivaliser avec les Kiel, Hambourg, Ciudad (devenu l'Atletico Madrid en 2011), ou Barcelone", a-t-il dit.

"Indiscutablement, pour gagner un titre européen, il faut de l'argent. (...) Le travail, à un moment donné, ça ne suffit pas."

Un éventuel sacre européen à brève échéance sanctionnerait une trajectoire fulgurante pour un club moribond la saison dernière. Le club, qui a vécu une année de purgatoire en deuxième division en 2009-2010, a sauvé in extremis sa place dans l'élite la saison dernière.

Le PSG nouvelle manière va ainsi devoir faire avec des fondations un peu frêles. Il risque, notamment, de se sentir à l'étroit dans la salle Pierre de Coubertin qui, avec une capacité de 3.500 places, est loin des standards des écuries européennes les plus prestigieuses. Certaines peuvent accueillir plus de 10.000 spectateurs.

Les dirigeants songent à délocaliser les affiches de prestige dans l'enceinte de Bercy, mais à titre exceptionnel.

Pour franchir la marche encore gigantesque qui le séparait encore récemment du plus haut niveau européen, le PSG compte sur ses nouvelles étoiles, qui sont comme les avatars des Jérémy Ménez ou des Javier Pastore.

"Mon ambition, c'est de gagner tous les matches", proclame Luc Abalo. Même appétit pour Samuel Honrubia : "J'ai horreur de perdre."

Si la formule fonctionne, la section handball pourrait n'être que le deuxième jalon de la stratégie de QSI, désireux de mettre sur pied un grand club omnisport, à l'image du FC Barcelone en Espagne.

En attendant, le PSG tentera de favoriser l'émulation. Philippe Gardent et son homologue Carlo Ancelotti doivent prochainement se rencontrer.

Edité par Jean-Paul Couret

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