RPT-France-Valls demande le respect des accords sur la viande

le , mis à jour à 14:13
0

(Avec date corrigée) VAUVERT, Gard, 11 août (Reuters) - Manuel Valls a demandé mardi aux industriels et à la grande distribution de respecter leurs engagements en matière de prix d'achat aux éleveurs, au lendemain du refus de grands groupes d'acheter du porc français sur le marché de référence breton. "Nous sommes (...) très mobilisés et nous suivons la situation des éleveurs, qui n'ont pas pu hier vendre leurs porcs à Plérin", a déclaré le Premier ministre lors de la visite d'une exploitation agricole dans le Gard. "Nous suivons de près l'évolution des prix auxquels se sont engagés les industriels et la grande distribution et il faut garantir ce niveau de prix", a-t-il ajouté. La guerre des prix menace de s'amplifier entre éleveurs, industriels et grande distribution malgré des accords conclus en juin et en juillet, ce qui pourrait annoncer une fin d'été et un automne orageux dans les campagnes. Le groupe coopératif Cooperl et Bigard/Socopa, deux acheteurs majeurs de porc en France, ont boycotté lundi le marché national de référence, jugeant trop cher le cours fixé mi-juin à 1,40 euro le kilo. Le Marché du porc breton (MPB) de Plérin, dans les Côtes d'Armor, fixe deux fois par semaine les prix du porc, qui servent de référence au plan national. Le prix de 1,40 euro a fait l'objet d'un accord passé par les industriels, la grande distribution et les syndicats agricoles sous la houlette du ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll. Mais il est aujourd'hui jugé intenable par les premiers face à la concurrence étrangère. GUERRE DES PRIX Le syndicat des industriels de la viande (SNIV-SNCP) estime que la production, "soutenue par les pouvoirs publics (...), obtient les prix les plus élevés d'Europe, sans trop se soucier du devenir des abattoirs". Il accuse également, dans un communiqué, la distribution de ne pas avoir renoncé à sa "politique de guerre des prix (...) et des marges" et juge le contexte "explosif". Depuis la fin du printemps, les éleveurs de porcs et bovins et les producteurs laitiers ont multiplié les actions de protestation contre des prix qu'ils jugent trop bas pour assurer la survie de leurs exploitations. "A moins de 1,40 euro, on perd de l'argent. Ça fait des années que les producteurs de porcs tirent la sonnette d'alarme. Nous perdons en moyenne un élevage par jour", a dit sur iTELE le président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), Xavier Beulin. Le plan d'urgence annoncé le 22 juillet par le gouvernement en faveur des éleveurs n'a pas suffi, pas plus que le relèvement du prix du lait, à éteindre leur mouvement, qui menace de rebondir à la fin de l'été et cet automne. La FNSEA prévoit déjà une mobilisation nationale à partir du 1er septembre, suivie d'une mobilisation au niveau européen à Bruxelles le 7 septembre, lors d'un conseil des ministres de l'Agriculture de l'Union demandé et obtenu par la France. Pour Xavier Beulin, la crise de la viande de porc doit trouver sa solution au niveau européen. (Jean-François Rosnoblet, Valérie Parent et Emmanuel Jarry, édité par Yann Le Guernigou)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant