RPT-France-"Oui, mais" d'une partie de la droite à la réforme Khomri

le , mis à jour à 15:55
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 (Précise que la tribune a été publiée dans L'Opinion, § 2) 
    * Plusieurs députés de droite prêts à voter le texte 
    * Un "affaiblissement" du texte entraînerait leur veto 
    * Le gouvernement en porte-à-faux 
    * Schwartzenberg parle d'un "scénario cauchemar" 
 
    PARIS, 26 février (Reuters) - Le gouvernement est tiraillé 
entre sa volonté d'amadouer les opposants à la réforme du 
travail, au prix d'amendements, et désormais l'appui 
conditionnel d'une partie de l'opposition qui le met en garde 
contre un affadissement du texte. 
    Les soutiens au projet de loi porté par la ministre du 
Travail Myriam El Khomri s'étendent à droite et au centre, où 
quinze députés annoncent vendredi dans L'Opinion leur intention 
de voter le texte "en l'état".  
    A tel point que l'écologiste Jean-Vincent Placé, secrétaire 
d'Etat à la Réforme de l'Etat, se dit "plus à l'aise" avec la 
droite sur les dossiers économiques.  
    "C'est le scénario cauchemar. Le soutien enthousiaste de 
députés manifestement de droite et se revendiquant comme tels, 
pour un texte de ce type, n'est pas extrêmement rassurant pour 
la gauche", a réagi vendredi sur LCP le député radical de gauche 
Roger-Gérard Schwartzenberg, membre de la majorité. 
    "Il faut que le gouvernement et la majorité parlementaire 
tombent d'accord sur un texte consensuel. (...) Ce n'est pas la 
peine que la deuxième gauche se transforme en deuxième droite", 
a ajouté l'ancien ministre de Lionel Jospin. 
    Le député (les Républicains) Bruno Le Maire, candidat à la 
primaire de la droite et du centre, avait déjà pris position 
pour la réforme jeudi, mais sans modification  , de 
même que le député LR François Fillon, également candidat, qui 
se dit prêt à en voter des dispositions. 
    "C'est un texte fourre-tout, avec le risque, à la fin, comme 
pour la loi Macron, qu'il n'en reste presque rien. Mais c'est 
incontestablement un texte qui va dans le bon sens", 
déclare-t-il dans une interview parue vendredi dans Les Echos. 
     
    LE FOLL ÉVOQUE DE POSSIBLES MODIFICATIONS 
    L'ancien Premier ministre Alain Juppé, favori pour 
l'investiture présidentielle à droite, a pour sa part salué 
jeudi soir sur BFM TV "des choses qui vont dans le bon sens" 
tout en déplorant une réforme "improvisée, mal préparée, mal 
équilibrée". 
    Le maire de Bordeaux n'est pas député, mais l'un de ses 
fidèles, le député Benoist Apparu, appose sa signature aux côtés 
de 14 autres élus qui se disent prêts à voter le projet 
gouvernemental "s'il n'est pas édulcoré". 
    "Le projet de loi Travail risque d'être mort-né", écrivent 
les signataires au nombre desquels figurent également Nathalie 
Kosciusko-Morizet (LR), Axel Poniatowski (LR) ou les centristes 
Jean-Christophe Fromantin et Philippe Vigier. 
    "Deux choix s'offrent au gouvernement : passer la réforme en 
force, comme l'a évoqué la ministre du Travail, ou offrir à ses 
opposants des contreparties qui anéantiraient son efficacité", 
déclarent-il.  
    "Nous, parlementaires de l'opposition, pourrons voter ce 
texte s'il est présenté en l'état, et mettons en garde le 
gouvernement contre tout affaiblissement de ce projet de loi", 
ajoutent-ils. 
    Or le porte-parole du gouvernement, à la suite de Myriam El 
Khomri, a laissé entendre vendredi qu'il serait tenu compte des 
"remarques" des syndicats réformistes -- la CFDT au premier chef 
-- afin d'obtenir leur appui. 
    "Il y aura un débat, et je le dis avec le souci de tenir 
compte de ce que sont un certain nombre de remarques, en 
particulier de syndicats qui assument (...) le réformisme, qui 
ont pris des engagements, qui ont été souvent à tous les 
rendez-vous", a dit Stéphane Le Foll sur France Info. 
    Le projet de loi sera présenté le 9 mars en conseil des 
ministres et Myriam El Khomri reçoit depuis plusieurs jours les 
syndicats pour débattre des points de friction.   
    La pétition en ligne contre le texte avait recueilli 
vendredi à 11h30 (10h30 GMT) plus de 616.000 signatures. 
 
 (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse) 
 
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