RPT-France-L'abandon de Schengen coûterait cher - Rapport

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 (RPT) 
    PARIS, 3 février (Reuters) - Un abandon des accords de 
Schengen et le rétablissement des contrôles aux frontières 
coûteraient entre un et deux milliards d'euros à court terme à 
l'économie française et amputeraient sa croissance de l'ordre 
d'un demi-point de PIB, soit plus de dix milliards d'euros, à 
plus long terme, estime France Stratégie. 
    Dans une note publiée mercredi, l'organisme de réflexion et 
d'expertise rattaché aux services du Premier ministre évoque 
même un impact global de près de 0,8 point de PIB, soit 110 
milliards d'euros, pour l'ensemble des pays de l'espace Schengen 
qui s'efforcent de contenir un afflux de réfugiés. 
    Le rétablissement généralisé des contrôles aux frontières de 
chaque pays européen affecterait le tourisme, les travailleurs 
frontaliers et le transport de marchandises. 
    Son coût est évalué à court terme pour la France entre un et 
deux milliards d'euros en fonction de l'intensité des contrôles, 
auquel il faudrait ajouter le financement des moyens qui y sont 
consacrés.   
    La moitié de ce montant proviendrait d'une baisse de la 
fréquentation touristique, 38% des travailleurs frontaliers et 
le reste du transport de marchandises.  
    Les accords de Schengen sur la libre circulation des 
personnes et des biens qui lient 26 Etats européens sont sous 
pression depuis le début de la crise des migrants. 
    Certains pays ont déjà rétabli des contrôles comme 
l'Autriche, puis l'Allemagne et plus récemment la Suède et le 
Danemark à leur frontière commune. 
    La France a suivi après les attentats islamistes du 13 
novembre, avec pour conséquence des temps d'attente plus ou 
moins longs selon la période de la semaine à certains 
postes-frontières. 
    France Stratégie estime que l'impact sur le tourisme de 
contrôles systématiques sera significatif, avec une baisse de 
fréquentation pour un pays qui accueille chaque année plus de 83 
millions de touristes séjournant au moins une nuit sur son 
territoire et 122 millions d'excursionnistes. 
    Les quelque 350.000 travailleurs frontaliers français 
verraient pour leur part leur temps de trajet domicile-travail 
s'allonger nettement, et la circulation des marchandises 
souffrirait de contrôles des cargaisons aux frontières. 
    Sur le long terme, à un horizon de dix ans, les études 
d'impact suggèrent un coût additionnel net annuel de plus de dix 
milliards d'euros "associé uniquement à la baisse du commerce" 
de la France avec les autres pays membres, souligne France 
Stratégie. 
    "Le coût pour l'espace Schengen serait de 0,79 point de PIB 
au total, équivalant à une perte sèche de plus de 110 milliards 
d'euros". 
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Sophie Louet) 
 
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