RPT-FRANCE 2017-Examen de passage à Berlin pour Fillon le souverainiste

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 (Répétition sans changement d'une dépêche transmise vendredi) 
    * Entretien lundi avec Angela Merkel 
    * L'UE, la Russie au menu des discussions 
    * Des divergences entre la chancelière et le candidat 
    * Fillon prône un "recentrage" de la zone euro 
    * Une réforme de la BCE dans son programme 
 
    par Sophie Louet 
    PARIS, 22 janvier (Reuters) - François Fillon aborde lundi 
l'angle international de sa campagne en se rendant à Berlin afin 
d'exposer à Angela Merkel ses propositions de relance de 
l'alliance franco-allemande au service d'une Union européenne 
"resserrée" sur la zone euro, perspective qui n'a guère les 
faveurs de la chancelière. 
    La dirigeante allemande, dont la préférence pour le profil 
plus modéré et plus "européo-communautaire" d'un Alain Juppé 
dans la primaire de la droite n'était pas un mystère, place 
désormais ses espoirs dans le candidat Fillon pour préserver 
l'Europe de Marine Le Pen, un scénario pris très au sérieux à 
Berlin au vu des sondages actuels pour la présidentielle. 
    Angela Merkel, qui briguera un quatrième mandat en 
septembre, et François Fillon, tous deux âgés de 62 ans, ont 
travaillé ensemble lorsque ce dernier était Premier ministre de 
Nicolas Sarkozy, une période marquée par les cahots du tandem 
"Merkozy". Ils partagent pragmatisme, réserve, souci de "dire la 
vérité" et volonté réformatrice. 
    Mais l'accord est loin d'être parfait sur les sujets 
diplomatiques, notamment la Russie et les modalités de relance 
de l'UE après le Brexit. Et les tirades gaulliennes du 
souverainiste François Fillon sur sa détermination à redonner à 
la France "la première place" en Europe interrogent. 
    "Il fait de la politique intérieure. Qu'on soit premier ou 
deuxième, ce n'est pas grave, l'important c'est qu'on soit 
ensemble", tempère l'eurodéputé Alain Cadec, qui dirige le "pôle 
Europe" dans l'équipe de campagne du candidat au côté de 
l'ancien ministre des Affaires européennes Bruno Le Maire. 
    "François Fillon va à Berlin dans des dispositions à la fois 
d'écoute, d'échange, mais il y va aussi pour exposer les 
réformes qu'il veut mettre en oeuvre s'il est élu. Et il dira 
qu'il faut absolument être plus fermes sur l'immigration et la 
sécurité", dit-il. 
    Le candidat s'entretiendra avec la chancelière à la 
mi-journée avant de rencontrer le ministre des Finances Wolfgang 
Schäuble et la ministre de la Défense Ursula von der Leyen. Il 
prononcera ensuite un discours à la fondation Konrad Adenauer. 
     
    "DES RELATIONS D'ÉGAL À ÉGAL" 
    "On n'y va pas en victime expiatoire. On voit bien que 
l'Allemagne a pris le leadership économique, au Parlement, etc., 
on ne peut pas rester dans cette situation-là si on veut que 
l'Europe avance", explique-t-on dans l'entourage du candidat. 
    "Fillon veut des relations d'égal à égal avec l'Allemagne, 
mais pour ça évidemment, on a du chemin à faire", ajoute-t-on. 
    C'est sur l'Europe que les dissonances du candidat 
conservateur sont le plus attendues à Berlin. 
    "Nous n'allons pas en Allemagne pour leur dire que nous 
sommes d'accord avec eux sur tout", a prévenu Bruno Le Maire. 
    La vision d'une Europe à plusieurs vitesses ou à géométrie 
variable qu'aime à cultiver la diplomatie française a toujours 
suscité la méfiance des Allemands et les propositions de 
François Fillon ne devraient pas déroger à la règle. 
    Parmi elles : recentrage sur les 19 pays de la zone euro, 
alors qu'Angela Merkel milite pour un sursaut "à 27", 
renforcement de la gestion intergouvernementale, réduction des 
prérogatives de la Commission, socialisation des dettes dans un 
Trésor européen, réforme de la BCE, dont le candidat pense 
qu'elle devrait se préoccuper plus de croissance et d'emploi. 
     
    "ÇA PEUT COINCER" 
    Plus proche des vues allemandes, le candidat français 
propose d'approfondir la gouvernance intergouvernementale de la 
zone euro avec l'instauration d'un "directoire politique" 
composé des chefs de gouvernement, appuyé par un "secrétariat 
général de la zone euro autonome de la Commission" pour assurer 
le suivi et la gestion de la zone. 
    "Je pense que c'est audible par les Allemands. Il y a 
certains points sur lesquels ça peut 'coincer', mais globalement 
je pense que Merkel et Fillon sont fondamentalement proches l'un 
de l'autre sur le plan idéologique", estime Alain Cadec. 
    Sur la BCE, dont l'Allemagne refuse qu'elle ait un autre 
mandat que la stabilité des prix, l'élu reconnaît "une petite 
divergence sur laquelle travailler." "Tout n'est pas figé. 
L'idée est de mettre sur la table un certain nombre de 
principes, de voir comment on peut les appliquer ensemble." 
    Comme sur la santé, l'environnement ou l'organisation 
territoriale, le programme du candidat est en cours de 
réécriture. Ainsi de l'incipit, trop "séguiniste" - "Une France 
souveraine dans une Europe respectueuse des nations" - devenu 
"Une France forte dans une Europe au service des nations". 
    L'état-major va également préciser la proposition de 
"resserrage" de la zone euro, reçue avec inquiétude par les 
Etats non membres. "Est-ce que tous les pays qui font partie 
aujourd'hui de la zone euro sont capables d'être à bord? Il faut 
se poser la question", souligne Patrick Stefanini, le directeur 
de campagne de François Fillon. 
    "Il ne s'agit pas d'abandonner les autres en rase campagne 
mais de mettre tout en oeuvre pour, à travers une harmonisation 
sociale et fiscale notamment, leur permettre de rattraper leur 
retard et intégrer la zone euro", précise Alain Cadec. 
    Si Bruno Le Maire "a déblayé le terrain" avec l'Allemagne en 
rencontrant Wolfgang Schäuble et Peter Altmaier, chef de la 
Chancellerie, Alain Cadec est chargé de rencontrer les ministres 
des Affaires étrangères de Roumanie, Bulgarie, Hongrie, etc., 
pour les rassurer sur les intentions de François Fillon. 
    "L'étiquette souverainiste (François Fillon a noté "non" au 
traité de Maastricht en 1992-NDLR) lui colle encore un peu dans 
le microcosme, mais les citoyens ont compris qu'il avait tourné 
la page et qu'il voulait une Europe dynamique", veut croire 
Alain Cadec. 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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  • CHANOMAR il y a 10 mois

    pff du pipeau de grandes phrases pour les élections et maintenant un mouton quand on va voire Merkel l Europe ne changera pas avec lui et la France continue a s enfoncer

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