RPT-Euro: Cesare Prandelli a rebâti l'abattue

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RPT-Euro: Cesare Prandelli a rebâti l'abattue
RPT-Euro: Cesare Prandelli a rebâti l'abattue

Répétition d'un mot mal orthographié au premier paragraphe.

par Brian Homewood

ROME (Reuters) - Longtemps, le football italien s'est cru seul contre la terre entière, invoquant de sinistres forces extérieures pour expliquer chaque échec de son équipe nationale.

Ouverte il y a deux ans, l'ère Cesare Prandelli promet de mettre un terme à cette pantomime.

En sus d'avoir lancé la reconstruction sportive de l'équipe après son échec cuisant au premier tour de la Coupe du monde 2010, le sélectionneur a imposé un strict code de conduite.

Cesare Prandelli, 53 ans, ne tolère ni écarts ni violences de la part de ses joueurs.

Le milieu de terrain Daniele De Rossi et l'attaquant Mario Balotelli ont ainsi payé d'une exclusion temporaire en sélection leur suspension en club.

Prandelli, reconnaissable entre tous avec ses cheveux de jais plaqués en arrière et la veste rembourrée qu'il ne quitte jamais, les a prévenus qu'il n'hésiterait pas à recommencer.

A l'inverse, le défenseur Simone Farina, qui évolue à Gubbio en Serie B, a été invité à s'entraîner avec la Nazionale après avoir informé la police qu'il avait été approché pour truquer un match de Coupe d'Italie face à Cesena contre 200.000 euros.

Cesare Prandelli avait alors loué "le courage et l'extraordinaire force intérieur" du joueur.

Inflexible, l'ancien entraîneur de la Fiorentina sait aussi se muer en diplomate pour faire éclore le talent de joueurs à fort caractère, à l'exemple d'Antonio Cassano.

L'enfant terrible du football italien, ignoré par l'ancien sélectionneur Marcello Lippi, a noué une relation de confiance avec Prandelli qui en a fait un titulaire indéboulonnable depuis deux ans.

ORIUNDI

S'il n'y avait l'affaire des matches présumés truqués et les problèmes de santé de ses joueurs offensifs -Cassano a repris en fin de saison après avoir été opéré du coeur, Giuseppe Rossi est forfait en raison d'une blessure au genou-, Cesare Prandelli aurait déjà accompli un travail immense.

A son arrivée sur le banc, il avait hérité d'une sélection au bord du gouffre, sortie piteusement au premier tour de la Coupe du monde 2010 après avoir remporté l'édition précédente.

Mais il a réussi à mener ses hommes jusqu'à la qualification malgré un groupe délicat -la Serbie et la Slovénie, elles aussi mondialistes, en étaient. L'Italie a terminé invaincue.

Il n'a pas hésité, non plus, à convoquer des "oriundi", ces joueurs nés à l'étranger dont la sélection est toujours sujette à polémique, faisant appel à Thiago Motta et Amauri, d'origine brésilienne, ou Cristian Ledesma, né en Argentine.

Ancien milieu de terrain de la Juventus Turin, Prandelli s'est bâti une réputation d'entraîneur de qualité à la Fiorentina, où il a passé cinq ans.

Nommé en 2005, il a guidé une formation habituée à jouer sa survie vers les sommets et une qualification pour le barrage de la Ligue des champions, lui faisant jouer un football plaisant.

La Viola de Prandelli s'est ensuite relevée d'une pénalité de 15 points pour son implication dans le "Calciopoli" en 2006 et a joué deux fois d'affilée la prestigieuse coupe européenne, n'échouant qu'au terme d'un quart de finale controversé face au Bayern Munich, futur finaliste, en 2010.

Lorsqu'il a succédé à Lippi sur le banc italien, Prandelli avait déjà établi un record de longévité à Florence.

Gregory Blachier pour le service français

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