RPT-ENCADRE-Israël-Les principaux candidats en lice aux législatives

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(RPT sans changement de cet encadré diffusé vendredi) par Jeffrey Heller JERUSALEM, 16 mars (Reuters) - Voici une liste des principaux candidats en lice aux élections législatives israéliennes de mardi et les grandes lignes de leur programme et leurs choix d'alliances dans la perspective de la prochaine coalition de gouvernement. Les derniers sondages en date, publiés vendredi, placent le centre gauche (Union sioniste) en tête, avec 24 ou 26 sièges, devant le Likoud donné à 20 ou 22 sièges, sur un total de 120 à la Knesset. BENJAMIN NETANYAHU A 65 ans, celui qui est surnommé "Bibi" brigue un quatrième mandat comme Premier ministre, fidèle à son bloc de droite du Likoud. Il a fait de la sécurité un des thèmes principaux de sa campagne et les relations entre son gouvernement et l'administration Obama se sont tendues à l'occasion du discours qu'il a prononcé devant le Congrès des Etats-Unis, discours dans lequel il a mis en garde contre un accord sur le programme nucléaire de Téhéran. Si le Likoud est devancé dans les sondages par l'Union sioniste (opposition), Netanyahu passe malgré tout pour la personnalité la mieux à même de mettre sur pied une coalition de partis de même sensibilité à la droite de l'échiquier politique. S'il parvient à se maintenir au pouvoir jusqu'à l'échéance du prochain mandat, en juillet 2019, il deviendra le chef du gouvernement resté le plus longtemps en fonctions. ISAAC HERZOG Codirigeant de l'Union sioniste, Isaac Herzog est le fils d'un ancien président, Chaim Herzog, le petit-fils du grand rabbin Yitzhak Halevi Herzog, et le neveu de l'un des plus illustres ministres des Affaires étrangères d'Israël. Avocat de formation âgé de 54 ans, il dirige le Parti travailliste depuis 2013. Il s'est fait élire pour la première fois à la Knesset en 2003 et a détenu depuis lors plusieurs portefeuilles, dont ceux du Logement puis du Tourisme, dans différents gouvernements de coalition. Pour ces élections anticipées, il a fait alliance avec la centriste Tzipi Livni, l'un et l'autre s'engageant à être chef du gouvernement pendant deux ans, à tour de rôle, si l'alliance de leurs partis, l'Union sioniste, accède au pouvoir. Herzog prône des efforts pour relancer le processus de paix avec les Palestiniens mais, en écho à Netanyahu, il estime que les grandes colonies de peuplement juives de Cisjordanie occupée devront rester des possessions israéliennes en cas de futur accord de paix israélo-palestinien. TZIPI LIVNI Limogée par Netanyahu début décembre à la suite de dissensions au sein du gouvernement, Tzipi Livni, centriste qui fut ministre de la Justice et négociatrice en chef avec les Palestiniens, a opéré un changement de cap en faisant alliance avec le centre gauche travailliste. Partisan convaincu d'une solution à deux Etats avec les Palestiniens, Livni, 56 ans, s'est lancée en politique dans les années 1990 après un passage au Mossad, l'un des services de renseignement israéliens. Issue d'une famille ultranationaliste très connue, elle a travaillé comme avocate d'affaires avant d'entamer une carrière politique et de se faire élire à la Knesset en 2001, alors dans les rangs du Likoud. Elle s'est illustrée en tant que ministre des Affaires étrangères du gouvernement d'Ehud Olmert, de 2006 à 2009, période au cours de laquelle elle a, en vain, tenté de trouver un accord de paix avec les Palestiniens. YAIR LAPID Ancienne vedette de télévision, écrivain à ses heures, Yaïr Lapid, 51 ans, a été l'étoile montante de la politique israélienne lors des législatives de 2013, sa formation centriste, Yesh Atid, se classant en deuxième position derrière le Likoud. Benjamin Netanyahu a fait de lui son ministre des Finances, prenant acte du succès de son parti et prenant au mot sa promesse d'atténuer la pénurie de logements et de s'attaquer à la cherté de la vie. Limogé du gouvernement à la suite des dissensions de décembre, Lapid a vu la popularité de sa formation plonger dans les intentions de vote en début de campagne électorale. Son parti semble avoir retrouvé quelque peu la faveur des électeurs et il faudra compter avec lui, les sondages donnant 13 sièges à Yesh Atid au scrutin de mardi. Il n'exclut de participer ni à une coalition autour du Likoud, ni à une équipe centrée sur l'Union sioniste. NAFTALI BENNETT Dirigeant du parti d'extrême droite Le Foyer juif, Naftali Bennett a surpris par son score aux législatives de 2013, défendant l'idée d'une annexion de plus de la moitié de la Cisjordanie et estimant qu'un Etat palestinien équivaudrait à un "suicide" pour Israël. Ce Juif religieux de 42 ans, ministre de l'Economie du cabinet sortant, passe pour briguer un des principaux portefeuilles si Netanyahu vient à former la prochaine coalition de gouvernement. Né en Israël de parents originaires de San Francisco, Bennett a passé des années aux Etats-Unis avant de revendre son entreprise, centrée sur la lutte contre la fraude sur internet, à une société de sécurité américaine. AYMAN ODEH Si ce candidat arabe n'est pas très connu d'une bonne partie de la société israélienne, le parti qu'il dirige, la Liste commune, a le vent en poupe depuis le début de la campagne électorale. C'est la première fois que les quatre partis arabes israéliens sont unis sous une seule et même bannière et les sondages donnent à cette Liste commune 13 à 15 sièges, ce qui en ferait l'une des plus importantes factions à la Knesset au soir des élections. Avocat de 40 ans de Haïfa, dans le nord du pays, Ayman Odeh défend l'idée d'une "alliance arabo-juive des défavorisés" pour lutter contre les discriminations, le racisme et les inégalités sociales en Israël, où les Arabes représentent 20% des huit millions d'habitants et se plaignent de longue date d'être l'objet de discriminations. Il a déclaré que sa formation siégerait dans l'opposition et ne s'associerait à aucun gouvernement après les législatives, quel qu'en soit le vainqueur. Mais Odeh pourrait cependant contribuer à décider du vainqueur du scrutin s'il suggère au chef de l'Etat de désigner Herzog plutôt que Netanyahu comme Premier ministre. MOSHE KAHLON Ancien ministre des Communications et ancienne figure du Likoud, Moshe Kahlon a quitté le parti après le mouvement social de 2011 et préféré bouder les législatives de 2013. Il a créé un nouveau parti centriste, Kulanu, en janvier, et pourrait jouer le rôle de "faiseur de roi" après les législatives, s'il obtient les dix sièges dont il a fait son objectif. Avocat issu d'une famille pauvre d'immigrants venus de Libye, Kahlon, qui a 54 ans, se présente comme un "Likudnik", laissant par là entendre qu'il pourrait bien être un partenaire de coalition de Netanyahu dans le futur gouvernement. Mais il n'a pas exclu de rejoindre une coalition conduite par Herzog et n'a pas saisi la perche que Netanyahu lui a tendue dimanche en affirmant que s'il était reconduit à la tête du gouvernement, il le nommerait aux Finances. AVIGDOR LIEBERMAN A 56 ans, le ministre sortant des Affaires étrangères, né en Moldavie soviétique, dirige le parti ultranationaliste Israël Beiteinu, qui a fait campagne aux côtés du Likoud en 2013. Cette fois, le parti de Lieberman fait campagne seul. Les sondages ne prévoient pour lui guère que quatre élus, car sa base électorale, les migrants venus de l'ex-URSS, se tourne, à mesure qu'elle s'intègre dans la société israélienne, vers d'autres formations politiques. Parmi ses projets, Lieberman propose d'imposer un serment de loyauté aux membres de la minorité arabe israélienne, et, dans le cadre d'un futur Etat palestinien, d'échanger des villes arabes israéliennes contre des terres de Cisjordanie occupée où sont érigées des colonies de peuplement. (Eric Faye pour le service français, édité par Henri-Pierre André)

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