RPT - ENCADRE-Affaire des courriels: ce qui est reproché à Clinton

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 (Répétition sans changement de la dépêche transmise mardi) 
    WASHINGTON, 2 novembre (Reuters) - Un énième rebondissement 
dans l'affaire des courriels privés d'Hillary Clinton qui plombe 
la candidate démocrate depuis le début de sa campagne a relancé 
le suspense aux Etats-Unis. 
    A une semaine de l'élection présidentielle du 8 novembre, 
l'ex-secrétaire d'Etat, qui avait fait le trou dans les 
sondages, voit son rival républicain Donald Trump revenir sur 
ses talons. La dernière moyenne réalisée par le site Real Clear 
Politics ne la crédite plus que de 2,2 points d'avance, à 47,5% 
des intentions de vote contre 45,3. 
    Retour sur une affaire qui fragilise la candidate démocrate 
depuis début 2015. 
     
    CE QUI EST REPROCHÉ À HILLARY CLINTON 
    En mars 2015, avant même qu'Hillary Clinton n'officialise sa 
candidature à la primaire démocrate, le New York Times révèle 
que l'ex-secrétaire d'Etat aurait travaillé à partir de son 
adresse électronique personnelle pendant les quatre années 
qu'elle a passées à la tête du département d'Etat sous le 
premier mandat de Barack Obama (2009-2013). 
    Les républicains l'accusent aussitôt d'avoir enfreint les 
lois fédérales sur l'archivage des données et sur le traitement 
des informations classées et d'avoir mis en danger la sécurité 
du pays en exposant des documents confidentiels à un risque de 
piratage informatique. 
    Clinton, qui se déclare officiellement candidate en avril 
2015, remet plusieurs dizaines de milliers de ces courriels à 
l'administration. 
    Son utilisation pour des tâches officielles d'un serveur 
privé installé dans sa propriété de Chappaqua, dans l'Etat de 
New York, va continuer de polluer sa campagne alors qu'une 
majorité d'électeurs, s'ils reconnaissent sa compétence, doutent 
de son honnêteté. 
    En mai dernier, un audit mené par l'Inspection générale du 
département d'Etat (OIG) évoque des "faiblesses durables et 
systématiques" sous la conduite de ses prédécesseurs à la tête 
de la diplomatie américaine mais souligne que sa décision 
d'utiliser un serveur de messagerie privé pour des tâches 
officielles a été prise apparemment sans l'autorisation des 
responsables de la sécurité du département d'Etat.    
     
    QUAND LE FBI RECOMMANDAIT QU'IL N'Y AIT PAS DE POURSUITES 
    Le 5 juillet, quelques semaines avant son investiture lors 
de la convention démocrate de Philadelphie, le FBI estime que 
Clinton a fait preuve de "négligence extrême" mais recommande 
qu'elle ne soit pas poursuivie.  
    Le directeur du FBI, James Comey, explique que les agents 
fédéraux n'ont pas établi que Clinton ou son entourage aient 
intentionnellement voulu violer la loi. Rien ne prouve, 
ajoute-t-il, que quiconque ait piraté les communications de 
l'ancienne secrétaire d'Etat.   
    Donald Trump, qui estime que l'affaire devrait la 
disqualifier de la course à la Maison blanche, réagit à 
l'annonce du FBI en dénonçant un "système truqué". "Très, très 
injuste! Comme d'habitude, erreur de jugement", écrit-il sur 
Twitter. "Le directeur du FBI a déclaré qu'Hillary la véreuse 
("Crooked Hillary") avait compromis notre sécurité nationale. Et 
pas de poursuites. Wouah!"  
    Le lendemain, l'Attorney General (ministre de la Justice) 
Loretta Lynch suit la préconisation du FBI. L'enquête menée 
depuis un an est close.   
     
    COMMENT L'AFFAIRE A REBONDI 
    Le 28 octobre, l'affaire resurgit lorsque le directeur du 
FBI annonce dans une lettre adressée à des parlementaires que 
l'agence fédérale va ouvrir un complément d'enquête après avoir 
découvert de nouveaux courriels envoyés par Clinton depuis sa 
messagerie personnelle. 
    En campagne dans le New Hampshire, Trump s'empresse de 
partager la nouvelle avec ses partisans. "J'ai un grand respect 
pour le fait que le FBI et le département de la Justice soient 
désormais disposés à avoir le courage de rectifier l'horrible 
erreur qu'ils ont commises", dit-il. 
    C'est une enquête sans lien avec la candidate démocrate qui 
provoque ce rebondissement inattendu, à dix jours à peine de 
l'élection. 
    En cause, des investigations menées par des agents du FBI 
autour d'Anthony Weiner, ex-élu démocrate de New York et séparé 
de Huma Abedin, une des plus proches conseillères de Clinton. 
Agée de 40 ans, Abedin travaille depuis l'âge de vingt ans avec 
la candidate démocrate qu'elle a notamment accompagnée au 
département d'Etat et occupe un poste élevé dans son dispositif 
de campagne. 
    Abedin a annoncé en août qu'elle se séparait de son mari. 
Weiner, déjà contraint de démissionner de son mandat de député 
en 2011 après avoir posté malencontreusement sur Twitter une 
photographie de son sexe en érection dissimulé par son caleçon 
puis reconnu des discussions à caractère sexuel avec de 
multiples femmes, a continué ses pratiques équivoques. 
    Les enquêteurs du FBI s'intéressent à lui quand il apparaît 
qu'une adolescente de 15 ans figure parmi les destinataires de 
ses échanges de textos à caractère sexuel. 
    L'exploitation des ordinateurs d'Abedin et Weiner fait 
apparaître de nouveaux courriels émanant du serveur privé de 
Clinton. 
    "Dans le cadre d'une affaire sans rapport, le FBI a 
découvert l'existence de courriels qui semblent pertinents dans 
cette enquête (ndlr, sur le serveur privé de messagerie de 
Clinton)", écrit Comey dans sa lettre aux parlementaires. "Je ne 
peux pas prédire le temps qu'il nous faudra pour effectuer ce 
travail complémentaire." 
     
    VOIR AUSSI 
    LE POINT sur la campagne présidentielle:  L8N1CU0CZ  
 
 (Bureau de Washington; édité par Henri-Pierre André) 
 
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