RPT-D.Bank dans une course contre la montre pour un accord aux USA

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 (Répétition sans changement d'une dépêche initialement publiée 
dimanche) 
    par Georgina Prodhan et Kathrin Jones 
    FRANCFORT, 3 octobre (Reuters) - Deutsche Bank  DBKGn.DE  se 
démène pour parvenir avant l'élection présidentielle du 8 
novembre à un accord à l'amiable avec les autorités américaines, 
qui réclament 14 milliards de dollars (12,5 milliards d'euros) à 
la première banque allemande pour régler un litige lié à la 
vente de titres adossés à des créances hypothécaires. 
    La menace d'une telle amende, qui représente près des quatre 
cinquièmes de la capitalisation actuelle de l'établissement, a 
fait plonger le titre Deutsche Bank en 15 jours et ébranlé aussi 
bien les Bourses européennes que Wall Street.   
    Un article de presse, non confirmé à ce stade par les 
parties concernées, disant que Deutsche Bank et le département 
de la Justice américain étaient proches d'un accord comportant 
une amende ramenée à 5,4 milliards, a fait toutefois fait 
rebondir l'action de plus de 6% vendredi.   
    Mais elle reste en baisse de plus de 11,6% par rapport à son 
cours de clôture du 15 septembre, juste avant l'annonce d'une 
possible amende de 14 milliards, et en repli de près de 49% 
depuis le début de l'année. 
    "De toute évidence, tant qu'une amende de cet ordre de 
grandeur reste ne fût-ce qu'une infime possibilité, les acteurs 
de marché seront inquiets", a déclaré Erik F. Nielsen, 
économiste en chef chez UniCredit, dans une note publiée 
dimanche. 
    Avec une capitalisation boursière de 15,93 milliards d'euros 
(17,91 milliards de dollars) au cours de clôture de vendredi, 
Deutsche Bank pèse bien moins lourd que des géants américains 
tels que Bank of America  BAC.N  (159,7 milliards de dollars de 
capitalisation boursière) ou Citigroup  C.N  (137,2 milliards). 
    Mais cela n'empêche pas que liens commerciaux de Deutsche 
Bank avec les plus grandes banques mondiales en font le 
principal facteur de risque pour le système financier dans son 
ensemble, a dit fin juin le Fonds monétaire international (FMI). 
  
    John Cryan, président du directoire de Deutsche Bank, se 
rendra cette semaine à Washington pour l'assemblée générale du 
FMI. 
    Samedi soir, la Frankfurter Allegemeine Zeitung, qui ne cite 
pas ses sources, indique que l'état-major de la Deutsche Bank 
s'envolera dans les prochains jours pour les Etats-Unis afin de 
négocier un accord avec l'administration américaine. 
     
    L'INDUSTRIE ALLEMANDE DÉFEND DEUTSCHE BANK 
    Comme d'autres banques européennes - Credit Suisse  CSGN.S  
ou encore Barclays  BARC.L  - faisant également l'objet d'une 
enquête concernant leur manière de commercialiser des actifs 
financiers adossés à des prêts immobiliers (mortgage backed 
securities, MBS) avant la crise financière de 2007-2009, 
Deutsche Bank veut un accord aux Etats-Unis avec 
l'administration encore en place. 
    Celle qui s'installera à la Maison blanche après les 
élections du 8 novembre est susceptible de remettre les dossiers 
à plat, ce qui sera synonyme de nouveaux délais. 
    En Allemagne, les clients, la classe politique et les 
régulateurs estiment que Deutsche Bank est responsable de ses 
propres problèmes pour s'être vue plus grande qu'elle ne l'était 
et pour avoir tardé à réagir à crise financière de 2008. 
    Son image a encore été un peu plus écornée au cours du 
week-end quand une troisième panne informatique en quelques 
mois, survenue samedi, a empêché certains clients, pendant un 
court moment, de retirer de l'argent. 
    Des dirigeants de grandes entreprises allemandes, telles que 
BASF  BASFn.DE , Daimler  DAIGn.DE , E.ON  EONGn.DE , RWE 
 RWEG.DE  et Siemens  SIEGn.DE  ont uni leur forces pour prendre 
la défense de Deutsche Bank dans un article publié en première 
page du Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung. 
    "L'industrie allemande a besoin d'un Deutsche Bank pour 
l'accompagner à travers le monde", déclare Jürgen Hambrecht, 
président du conseil de surveillance de BASF. 
    De son côté, dans une interview accordée au même Frankfurter 
Allgemeine Sonntagszeitung, Felix Hufeld, le président de la 
BaFin, l'autorité allemande de tutelle du secteur financier, a 
mis en garde samedi contre le risque de se laisser entraîner 
dans une "spirale négative", sans citer spéciquement le cas de 
la première banque allemande.   
    Au cours de la semaine dernière, le gouvernement allemand a 
démenti préparer un plan de sauvetage de Deutsche Bank et John 
Cryan a dit aux salariés de la banque que cette dernière 
reposait sur des fondations solides, ajoutant la perception 
biaisée des marchés financiers ne devait pas affecter ses 
opérations quotidiennes.     
    Le journal Bild am Sonntag rapporte que le président de 
Deutsche Bank avait informé Berlin de l'amende de 14 milliards 
de dollars juste avant son annonce sans pour autant solliciter 
l'aide du gouvernement allemand. 
    Le même journal cite le président de Centre financier 
bavarois, organisme qui représente des sociétés de services 
financiers dans le Land de Bavière, disant que l'Etat allemand 
devait intervenir et prendre une participation de 20% dans 
Deutsche Bank avant que sa valorisation ne baisse encore. 
    "Fondamentalement, je suis contre les interventions de 
l'Etat", déclare Wolfgang Gerke, tout en ajoutant que, dans ce 
cas, une prise de participation de l'Etat serait "un signal qui 
pourrait retourner tout le marché". 
 
 (Benoit Van Overstraeten pour le service français) 
 

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