RPT-COP21-Un puzzle aux pièces en désordre ou encore manquantes

le , mis à jour à 18:50
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 (Répétition technique) 
    * "Il faut accélérer", dit Laurent Fabius 
    * Une révision du projet d'accord article par article 
 
    par Emmanuel Jarry 
    LE BOURGET, 2 décembre (Reuters) - Le projet d'accord de 
Paris sur le climat, auquel des centaines de négociateurs de 195 
pays s'efforcent depuis lundi au Bourget, près de Paris, de 
donner forme, est encore dans une large mesure un puzzle aux 
pièces en désordre, voire manquantes. 
    Au point que le ministre français des Affaires étrangères, 
président en exercice de la COP21, a lancé mercredi un rappel à 
l'ordre : "Mon message est tout a fait clair : il faut accélérer 
le processus parce qu'il nous reste beaucoup de travail." 
    "Les chefs d'Etat et de gouvernement nous ont donné lundi un 
mandat sans ambiguïté" lors de l'ouverture de la conférence, a 
dit Laurent Fabius à la presse. "Il y a une exigence de succès." 
    L'Union européenne est prête à jouer les "passerelles", a 
pour sa part déclaré sa négociatrice, Elina Bardram. 
    "A ce stade du processus, nous devons chercher un terrain 
commun et ne pas revenir à la rhétorique", a-t-elle souligné. 
"Nous sommes optimistes mais nous devons changer de rythme." 
    Un point de vue partagé par les organisations de défense de 
l'environnement invitées à titre d'observateurs. 
    Climate Action Network (CAN), qui fédère plusieurs d'entre 
elles, estime que des questions encore non résolues, comme celle 
du financement de l'aide aux pays en développement, freinent les 
progrès sur d'autres chapitres du projet d'accord. 
    Les négociateurs sont répartis dans plus d'une dizaine de 
sous-groupes thématiques composés de 30 à 40 personnes.  
    Chacun est chargé d'une partie du projet d'accord, un texte 
encore criblé d'options, sous la houlette de co-présidents ou 
"facilitateurs", généralement deux diplomates, l'un d'un pays 
développé, l'autre d'un pays du Sud. 
    Il ont tenu plus d'une cinquantaine de réunions depuis 
lundi, formelles ou informelles, dans des salles aménagées sous 
un vaste chapiteau, un peu à l'écart des salles plénières.  
    L'un d'eux s'est ainsi penché hier sur l'objectif à long 
terme d'une économie décarbonée, un autre sur la rédaction de 
l'article concernant le pic des émissions mondiales de gaz à 
effet de serre (GES) responsables du réchauffement climatique. 
     
    UN PUZZLE INCOMPLET ? 
    La négociatrice française, Laurence Tubiana, entourée d'une 
centaine de personnes de différents ministères, dont celui des 
Affaires étrangères, est l'oreille de Laurent Fabius. 
    Selon son entourage, elle a ainsi participé mercredi à une 
réunion de consultation sur la question du financement. 
    Des négociateurs affichent déjà une mine épuisée. Des 
membres de délégation s'octroient entre deux réunions quelques 
instants de sommeil sur des canapés installés dans les allées. 
    Ce sont les co-présidents de chaque sous-groupe qui 
rapportent à un groupe de contact les progrès accomplis ou les 
difficultés rencontrées. 
    A charge pour les deux co-présidents de ce groupe de contact 
de rassembler les pièces du puzzle pour soumettre vendredi en 
séance plénière une nouvelle version et remettre samedi à midi 
leur copie à Laurent Fabius. 
    Celui-ci a précisé qu'il faisait le point tous les jours 
avec eux sur les travaux. Il devait en tirer un premier bilan 
mercredi en fin de journée avec le groupe de contact. 
    L'accord de Paris est censé placer la planète sur la voie 
d'un modèle économique sobre en carbone et en énergies fossiles 
pour limiter le réchauffement climatique à 2°C en 2100. 
    La secrétaire exécutive de la convention des Nations unies 
sur les changements climatiques (CCNUCC) a fait état d'un 
consensus croissant en faveur d'une révision périodique des 
engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre. 
    "Il semblerait que le consensus qui se dégage porte sur une 
périodicité de cinq ans", a dit Christiana Figueres. 
    Mais la date à laquelle ce processus de révision commencera 
-- 2020, lors de l'entrée en vigueur du futur accord, 2017-2018, 
comme le voudraient des Etats européens comme la France, ou 
modulable selon la situation des pays concernés -- fait débat. 
    Le puzzle aura encore des trous samedi. Ce sera aux 
ministres chargés dans chaque pays des négociations sur le 
climat de combler la semaine prochaine ces lacunes, pendant la 
phase politique de la COP21.   
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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