RPT-BILAN-Le M&A ralentit en France au S1, la Grèce source d'incertitudes

le , mis à jour à 16:41
0

(Répétition §1 et 6) * Le volume de M&A a reculé de 44% au S1 en France * 79,1 milliards de dollars de transactions au S1 * Le rachat d'Alcatel-Lucent par Nokia, plus grosse transaction de l'année * Des banquiers prudents en raison des tensions sur les marchés à cause de la Grèce par Matthieu Protard PARIS, 30 juin (Reuters) - Le marché français des fusions et acquisitions, qui avait renoué l'an dernier avec ses niveaux d'avant la crise financière de 2008, a marqué une pause en début d'année. La crise de la dette grecque et les craintes d'une contagion à d'autres pays d'Europe du Sud pourraient à nouveau freiner les activités de M&A dans les prochains mois en raison des tensions et de la volatilité qu'elles créent sur les marchés financiers. "Depuis un mois, le dossier grec crée une situation d'inquiétude. Et avec un retour de la volatilité sur les marchés, il est en effet un peu plus difficile de sortir une transaction maintenant", explique Hubert Preschez, banquier conseil en charge des relations avec les grandes entreprises à la Société générale. "Il ne faudrait pas que la crise grecque s'éternise au risque d'exacerber la volatilité des marchés." Selon les données Thomson Reuters, les volumes de M&A ont reculé de 44% sur les six premiers mois de l'année pour atteindre 79,1 milliards de dollars (70,69 milliards d'euros environ). Le deuxième trimestre a été de loin le plus dynamique sur le front des fusions et acquisitions après un premier trimestre largement dominé par les introductions en Bourse et les cessions de blocs de titres. ID:nL6N0WW3QB Sur le seul deuxième trimestre, les transactions ont atteint 53,7 milliards de dollars contre seulement 25,4 milliards entre janvier et mars. "On sent qu'il y a plus de confiance dans la reprise économique. Ce qui conforte les entreprises dans l'idée de mener des transactions stratégiques", relève François Kayat, associé-gérant chez Lazard. "Aujourd'hui les volumes sont toutefois marqués par quelques grandes opérations." DES FONDS PLUS ACTIFS Le rachat d'Alcatel-Lucent ALUA.PA par le finlandais Nokia NOK1V.HE , annoncé en avril dernier pour 15,6 milliards d'euros, est sans surprise la transaction la plus importante de l'année. ID:nL5N0XC0GA Suit de près le rachat par l'irlandais CRH CRH.I d'actifs de Lafarge LAFP.PA et du suisse Holcim HOLN.VX pour 6,5 milliards d'euros et pour lequel un accord ferme a été signé fin mai. ID:nL5N0YH428 L'américain XPO Logistics XPO.N a de son côté décidé de racheter la société française de logistique et de transports Norbert Dentressangle GNDP.PA pour 3,24 milliards d'euros. ID:nL8N0XP616 "En nombre, on devrait avoir cette année autant de transactions qu'en 2014, même si en volumes, ce ne sera peut-être pas aussi important", note Hubert Preschez. En dépit du contexte grec, les fonds d'investissement et les entreprises pourraient être tentés de profiter de l'environnement actuel de taux historiquement bas pour partir à l'offensive. Et ce d'autant qu'avec la remontée des taux d'intérêts observée ces dernières semaines, certains anticipent peu à peu la fin de la dette bon marché. "Le contexte de taux d'intérêt plus volatils, tout en restant bas, peut créer un sentiment d'urgence avec des entreprises qui se disent que cet environnement de taux bas et de dette peu chère n'est pas éternelle", explique Stéphane Bensoussan, co-responsable du M&A chez HSBC pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique. "Et donc les inciter à faire des opérations de M&A ou favoriser aussi des opérations avec des fonds d'investissement." "Les marchés sont plus volatiles, ce qui nécessite une plus grande habileté pour saisir les fenêtres de financement optimales", fait remarquer Alban de la Sablière, managing director chez Morgan Stanley. Avides d'investissements après avoir fini de nettoyer leurs portefeuilles de participations acquises avant la crise financière, les fonds se sont d'ailleurs montrés particulièrement actifs sur le front du M&A. Le fonds Apollo APO.N est ainsi entré début juin en négociations exclusives pour reprendre Verallia, la filiale de conditionnement en verre de Saint-Gobain pour 2,94 milliards d'euros. ID:nL5N0YU0OY Le fonds Cinven a quant à lui racheté la société biomédicale française Labco qui n'est pas parvenue à mener à bien son projet d'introduction en Bourse. ID:nL5N0YJ0VL L'étude Thomson Reuters pour la France au S1: http://bit.ly/1IJSzAe (Edité par Jean-Michel Bélot)


Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant