RPT-AVANT-PAPIER-PSA cultive son célibat, le temps d'un nouveau plan

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 (Rediffusion sans changement de notre dépêche diffusée 
vendredi) 
    * Le plan "Push to pass" sera présenté le 5 avril 
    * Tavares veut conforter le redressement du groupe dans un 
environnement de marché qui s'annonce plus difficile 
    * Nouvelle offensive produits et accélération à 
l'international 
    * Les analystes pensent que le célibat de PSA n'aura qu'un 
temps 
 
    par Gilles Guillaume et Laurence Frost 
    PARIS, 4 avril (Reuters) - PSA Peugeot Citroën  PEUP.PA  
présentera mardi prochain un nouveau plan qui doit conforter le 
redressement du groupe automobile et lui permettre de se 
présenter à l'avenir sous son meilleur jour à d'éventuels 
partenaires stratégiques. 
    Le groupe sochalien, au bord de la faillite en 2012, a 
renoué avec un bénéfice net l'an dernier au prix d'une profonde 
restructuration en France, en Amérique latine et en Russie, et 
modifié sa stratégie de généraliste pour se concentrer sur ses 
véhicules les plus rentables.    
    Presque trois ans pile après la présentation du plan de 
redressement "Back in the race" par un Carlos Tavares 
fraîchement débarqué de Renault  RENA.PA , le nouveau plan  
"Push to Pass" entend pérenniser cette stratégie sur la période 
2016-2021.   
    "Ce sera un plan de croissance organique, interne, par nos 
propres moyens", a expliqué le président du directoire de PSA 
quelques semaines plus tôt au salon de l'automobile de Genève. 
"Une entreprise doit à tout instant avoir sa colonne vertébrale, 
 savoir ou elle va, c'est la raison pour laquelle vous avez 
aussi peu de temps entre les deux plans." 
    Dans un secteur où la taille est devenue cruciale pour un 
constructeur généraliste aux ambitions internationales, afin de 
partager les investissements et d'optimiser l'utilisation des 
usines, le célibat revendiqué par PSA peut toutefois sembler une 
posture intenable à long terme. 
    "Il y a eu le redressement remarquable de PSA, mais après le 
chapitre de l'exécution opérationnelle, ou le management 
excelle, l'heure des choix difficiles a sonné", commente BNP 
Paribas dans une note de recherche. "Le chapitre qui s'ouvre 
porte sur les sujets stratégiques à plus long terme, comme 
l'échelle insuffisante, la forte dépendance au marché européen 
et des marques encore fragiles en terme de pricing." 
    Venant de Renault Nissan, Carlos Tavares connaît bien les 
avantages d'une alliance, véritable accélérateur pour tout 
projet, ainsi que ses inconvénients, notamment la complexité qui 
accompagne tout rapprochement. Les noms des éventuels 
prétendants qui ont le plus circulé récemment sont Fiat Chrysler 
 FCHA.MI , qui ouvrirait à PSA les portes de l'eldorado 
nord-américain, ou Tata Motors  TAMO.NS , pour l'Inde et ses 
marques haut de gamme Jaguar et Land Rover. 
    "Il y a toujours une place pour une collaboration 
stratégique élargie, mais pour discuter d'une alliance 
stratégique, il vaut mieux être soi-même en bonne santé, pour 
être a minima dans une situation d'égalité avec votre partenaire 
potentiel", a répété fin mars Carlos Tavares lors d'une 
présentation produits.   
     
    DES DÉFIS TECHNOLOGIQUES PLUS DIFFICILES À PORTER SEUL 
    Depuis le rachat de Citroën par Peugeot en 1976, PSA a 
multiplié les partenariats techniques mais ses projets 
d'alliances stratégiques ont toujours fait long feu, qu'il 
s'agisse du japonais Mitsubishi  7211.T  en 2010 ou de la vaste 
alliance mondiale scellée avec General Motors  GM.N  en 2012, 
qui n'a finalement débouché que sur trois projets de véhicules. 
    La crise violente que le groupe français a traversée cette 
année-là a cependant changé la donne. Le capital de PSA s'est 
internationalisé, et les Peugeot, famille fondatrice longtemps 
jalouse de l'indépendance du groupe, partagent désormais le 
pouvoir avec l'Etat français et le chinois Dongfeng. 
    En abandonnant la course aux volumes pour se concentrer sur 
sa rentabilité, PSA s'est du coup retrouvé distancé en terme de 
taille par le peloton de tête. Avec près de trois millions de 
véhicules vendus en 2015, il pointe désormais à la neuvième 
place, loin derrière le trio des "presque dix millions" - Toyota 
 7203.T , Volkswagen Group  VOWG_p.DE  et GM - ou encore 
l'alliance Renault Nissan  RENA.PA  7201.T  et Hyundai Kia 
 000270.KS , respectivement quatrième et cinquième mondiaux. 
    Le groupe garde néanmoins à coeur de développer seul ses 
propres hybrides rechargeables et ses futurs véhicules 
électriques, même si la période ne s'annonce pas propice à la 
frugalité face au durcissement des normes d'émissions, à la 
multiplication des types de motorisations - diesel, essence, 
hybrides multiples et électrique - et des défis technologiques 
induits par l'arrivée des voitures plus ou moins autonomes. 
    Le plan "Push to Pass" - une référence à un dispositif 
permettant de donner un surcroît de puissance à une voiture de 
course pour dépasser un concurrent - devrait accentuer la 
différenciation entre les trois marques du groupe, alors que la 
création de DS et la nouvelle image de Citroën restent des paris 
risqués. 
    Il prévoira aussi un renouvellement soutenu des modèles - 28 
nouveautés en six ans en Europe et presque autant en Asie - et 
l'ouverture de nouvelles frontières à l'international - Maroc, 
Iran, Afrique et pays périphériques d'Amérique latine - pour 
compenser les difficultés apparues en Chine, et celles qui 
perdurent au Brésil, en Argentine ou en Russie.   
  
 
 (Edité par Jean-Michel Bélot) 
 

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