RPT-AVANT-PAPIER -La BCE plus attendue sur ses paroles que ses actes

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 (Répétition sans changement d'une dépêche diffusée dimanche) 
    par Jonathan Cable 
    LONDRES, 18 avril (Reuters) - Le président de la Banque 
centrale européenne (BCE), Mario Draghi, devra une nouvelle fois 
recourir à la magie du verbe jeudi à l'issue d'un conseil des 
gouverneurs de l'institution dont il n'est attendu aucune 
décision mais qui se déroule sur fonds de critique de sa 
politique, notamment en Allemagne, et de hausse de l'euro. 
    La BCE a annoncé le mois dernier un nouveau train de mesures 
combinant des taux d'intérêt s'enfonçant un peu plus en 
territoire négatif à des opérations de refinancement à long 
terme ciblées en passant par une expansion de son programme de 
rachat d'actifs, dans le but de contrer des menaces persistantes 
de déflation.  
    Ces initiatives n'ont pas empêché une appréciation de l'euro 
qui risque de peser sur une reprise économique fragile et 
d'alimenter la faiblesse de l'inflation en déprimant les prix à 
l'importation.  
    Elles ont aussi suscité de vives critiques en Allemagne, où 
le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, s'est publiquement 
inquiété des "problèmes exceptionnels" pour les banques et les 
retraités allemands liés à la politique de taux ultra-bas menée 
par la BCE.   
    "Draghi répondra aux récentes critiques allemandes sur la 
politique ultra-accommodante de la BCE lors de la réunion du 21 
avril, en rappelant l'indépendance de la Banque et en soulignant 
que des soutiens supplémentaires sont toujours disponibles", a 
dit Jennifer McKeown de Capital Economics. 
    "Dans l'intervalle, le président Draghi continuera d'appeler 
les gouvernements à conduire des réformes à même de soutenir la 
croissance." 
   D'éventuels commentaires sur le taux de change de l'euro 
contre le dollar seront aussi particulièrement suivis par les 
investisseurs. 
     
    LE PÉTROLE RESTE DÉTERMINANT 
    La BCE n'est ni la seule, ni la première à avoir opté pour 
des taux d'intérêt négatifs afin de tenter de relancer 
l'inflation puisque le Japon, la Suède et la Suisse y ont aussi 
recours. Mais avec une croissance mondiale déjà faible et qui 
perd de l'élan en dépit de plusieurs années de politiques 
monétaires déjà très accommodantes, la relance budgétaire 
retrouve des faveurs. 
    Des centaines d'économistes interrogés par Reuters la 
semaine dernière ont estimé à une écrasante majorité que les 
pays développés devaient désormais recourir à l'arme budgétaire 
pour soutenir l'activité, comme l'a fait le Canada, plutôt 
qu'assouplir encore leur politique monétaire.   
    Le comité de pilotage du Fonds monétaire international (FMI) 
a appelé samedi les Etats membres de l'organisation à orienter 
leurs dépenses vers le soutien à la croissance et appelé le 
Fonds à envisager de nouveaux prêts à des pays confrontés à 
ralentissement de l'activité.   
    La faiblesse des prix du pétrole a pesé sur les niveaux et 
les anticipations d'inflation et si les prévisionnistes ont 
relevé leurs anticipations pour le cours du baril de brut cette 
année, ils ont mis en garde contre une possible rechute des prix 
à court terme.  
    L'Arabie saoudite a exigé dimanche que l'Iran s'associe à un 
accord global de gel de la production de brut, compromettant 
ainsi les chances d'un accord entre pays de l'Opep et grands 
producteurs extérieurs au cartel pour tenter de soutenir les 
cours.   
    Au lendemain de la réunion de la BCE, la publication des 
indices PMI "flash" pour le mois d'avril au sein de la zone euro 
fournira vendredi une nouvelle indication sur la solidité de la 
reprise au sein du bloc. 
    S'il est attendu que l'évolution de l'activité ait manqué 
d'allant ce mois-ci, l'attention se portera surtout sur la 
composante des prix à la production, considérée comme un 
indicateur avancé de l'évolution de l'inflation.  
    Les chiffres de prix à la production en Allemagne pour le 
mois de mars seront par ailleurs publiés mercredi.  
    "Nous ne pensons pas que les PMI d'avril annonceront un 
printemps de la reprise pour l'économie de la zone euro", a dit 
Christoph Weil, économiste à la Commerzbank. "En particulier 
l'inflation et les anticipations d'inflation restent anémiques." 
     
 
 (Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand) 
 
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