RPT AVANT-PAPIER-Cuba va accueillir le pape "socialiste"

le , mis à jour à 00:17
0

(Répétition sans changement, ajout d'un topic) par Andrew Cawthorne LA HAVANE, 18 septembre (Reuters) - La visite du pape François, à partir de samedi à Cuba, est la troisième d'un souverain pontife en moins de vingt ans dans l'île communiste, qui devrait réserver un accueil très chaleureux au chef de l'Eglise catholique. Le pape argentin -- compatriote d'Ernesto "Che" Guevara, figure légendaire de la révolution cubaine -- a joué un rôle de premier plan dans le réchauffement entre les Etats-Unis et Cuba, qui a abouti cet été au rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays après plus d'un demi-siècle d'hostilité. Sa simplicité, son refus de l'apparat, sa proximité avec les plus humbles plaisent aux onze millions de Cubains et à leurs dirigeants mais personne n'attend de cette visite de grands changements pour la population. "Nous lui sommes très reconnaissants, il a déjà beaucoup fait pour Cuba", déclare Ariel Guerra, 30 ans, employé dans un restaurant de la vieille ville de La Havane dont le frère, condamné pour homicide involontaire alors qu'il conduisait en état d'ivresse, a bénéficié la semaine dernière de l'amnistie qui a rendu la liberté à 3.522 détenus de droit commun avant la visite papale. "Ce qu'il nous faut, c'est plus d'ouverture, des investissements, de meilleurs salaires, mais je ne pense pas que la pape puisse avoir une quelconque influence sur l'économie cubaine", ajoute-t-il. Le premier pape à se rendre à Cuba fut Jean Paul II en 1998. En 2012, Benoît XVI se rendit également dans l'île. "Le pape François est différent. Il est plus simple. On pourrait même dire que c'est un pape 'socialiste' ! Alors il est vraiment le bienvenu", dit en riant Juan de la Torre, un catholique de 47 ans qui se rappelle les deux précédentes visites d'un souverain pontife à La Havane. EMBARGO Du côté des autorités, on espère que le pape réaffirmera l'hostilité du Vatican à l'embargo américain, qui frappe toujours Cuba cinquante-trois ans après son entrée en vigueur. Le pape ne devrait cependant pas s'attarder sur ce sujet afin de ne pas donner l'impression de vouloir s'ingérer dans la politique américaine, dit-on à Rome. Lorsque le pape Benoît XVI s'était rendu à Cuba, il avait condamné "des mesures de restriction économiques, imposées de l'étranger, qui pèsent de manière injuste sur le peuple cubain". Lors de sa visite dans l'île, Jean Paul II avait également condamné à plusieurs reprises, en termes très forts, l'embargo américain. L'opposition cubaine, qui dénonce le système de parti unique, attend du pape François qu'il les aide à obtenir la libération d'une cinquantaine de militants emprisonnés. "Vous pouvez, et nous sommes sûrs que vous le souhaitez, aider le gouvernement cubain à comprendre qu'il doit mettre fin aux arrestations arbitraires et aux violences, qui touchent chaque semaine des dizaines de femmes pacifiques et des militants des droits de l'homme dont le seul tort est de penser autrement", a écrit au pape l'Union patriotique de Cuba, le principal groupe d'opposition. Le pape François arrivera samedi après-midi à l'aéroport de La Havane. Dimanche matin, il célébrera une messe sur la place de la Révolution au coeur de la capitale cubaine. Dans l'après-midi, il rencontrera le président Raul Castro. Lundi, il se rendra à Holguin puis à Santiago, où il célébrera mardi matin une messe, avant de quitter Cuba pour les Etats-Unis. (avec Diego Ore; Guy Kerivel pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant