RPT-Auto-Les constructeurs asiatiques prudents sur la GB après le Brexit

le
0
    PEKIN, 24 juin (Reuters) - Les dirigeants de constructeurs 
automobiles asiatiques ayant des implantations en 
Grande-Bretagne, principalement destinées à approvisionner le 
marché européen, ont dit vendredi qu'ils pourraient ralentir 
voire geler leurs investissements dans le pays après le vote des 
Britanniques pour une sortie de l'Union européenne.  
    Toyota  7203.T  et Nissan  7201.T  avaient dit, avant même 
le vote, qu'un maintien au sein de l'UE aurait été préférable 
pour leurs activités et que le Brexit constituerait un nouveau 
défi pour une industrie qui emploie 800.000 salariés en 
Grande-Bretagne.  
    A Sunderland, dans le nord de l'Angleterre, fief de Nissan, 
l'ampleur du vote en faveur de la sortie n'en a pas moins 
surpris les observateurs les plus aguerris. 
    "Nous n'avons pas d'autres choix que d'être plus prudents 
dans nos investissements, y compris pour des décisions telles 
que produire un modèle nouveau ou significativement modifié en 
Grande-Bretagne", a dit un responsable qui a requis l'anonymat, 
d'un grand constructeur asiatique présent en Grande-Bretagne.  
    Jaguar Land Rover (JLR), filiale de l'indien Tata Motors 
 TAMO.NS  et premier constructeur automobile britannique, tout 
comme Nissan, qui produit 475.000 voitures en Grande-Bretagne où 
il est implanté depuis 30 ans, ont fait du pays leur tête de 
pont en Europe et y exportent l'essentiel de leur production. 
    Les constructeurs s'inquiètent d'une "période de négociation 
significative" entre Londres et l'Union européenne notamment sur 
les nouvelles règles en matière commerciale.  
    "La grande question pour les constructeurs... est de savoir 
quels seront les accords commerciaux qui seront négociés avec 
l'UE. C'est la grande inconnue", a dit un dirigeant d'un autre 
grand constructeur.  
    Les exportations de la Grande-Bretagne vers l'UE 
s'effectuent en franchise de droits et de taxes.  
     
    "PAS DE DECISIONS PRECIPITEES" 
    JLR, qui avait estimé que son bénéfice annuel pourrait être 
amputé d'un milliard de livres sterling d'ici 2020 en cas de 
Brexit, a dit vendredi qu'il resterait présent en Europe.  
    Toyota a déclaré que les droits de douanes pourraient 
atteindre jusqu'à 10% dans le cadre de nouvelles règles 
commerciales et devraient être répercutés sur les marges ou sur 
les prix de vente au risque de freiner les ventes.  
    Toyota a produit environ 190.000 voitures en Angleterre 
l'année dernière, dont 75% à destination des autres pays de 
l'Union européenne, 10% seulement étant destinées au marché 
britannique.  
    L'association des constructeurs sud-coréens s'est aussi 
alarmée qu'une sortie de l'UE n'entraîne le rétablissement d'une 
taxe de 10% sur les exportations à destination de la 
Grande-Bretagne, à moins qu'un accord séparé ne soit négocié.  
    "Cela grèverait inévitablement la compétitivité prix des 
constructeurs sud-coréens en Grande-Bretagne, par rapport à 
leurs concurrents japonais et allemands qui ont des capacités de 
production dans le pays", a dit Kim Tae-nyen, vice-président 
l'Association des constructeurs automobiles coréens (KAMA).  
    Pour les constructeurs indiens, la question se pose dans des 
termes très différents. Leur association professionnelle a dit 
s'attendre à ce que l'Inde obtienne un meilleur accord 
commercial avec la Grande-Bretagne que celui que New Delhi a 
négocié avec l'UE après plusieurs tentatives infructueuses en 
vue de parvenir à un traité de libre-échange. 
    D'autres constructeurs ont évoqué la possibilité de déplacer 
leurs capacités de production de la Grande-Bretagne vers 
l'Europe continentale.  
    Toyota a dit dans un communiqué qu'il allait analyser les 
conséquences du vote sur ses opérations en Grande-Bretagne. 
Nissan s'est refusé à tout commentaire mais son patron Carlos 
Ghosn avait déclaré la semaine dernière que la question de la 
position du constructeur en Grande-Bretagne se poserait en cas 
de Brexit. 
    "Personne ne va prendre de décision précipitée et faire quoi 
que ce soit dans l'immédiat mais plutôt que de moderniser une 
usine en Grande-Bretagne pour produire un nouveau modèle, ils 
moderniseront une usine ailleurs", a dit Chris Richter, analyste 
chez CLSA. "En bout de route, cela pourrait se traduire par des 
pertes d'emplois." 
    Outre Toyota, Tata et Nissan, BMW  BMWG.DE , GM  GM.N  et 
Honda  7267.T  sont aussi implantés en Grande-Bretagne. Honda y 
produit 140.000 véhicules par an, dont la moitié sont exportés 
vers l'Union européenne.  
      
     
 
 (Naomi Tajitsu à tokyo, Aditi Shah à New Delhi et Hyunjoo Jin à 
Séoul, Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid 
Exbrayat) 
 

Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant