RPT-Apple souffre de la baisse des ventes de l'iPhone

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    * Première baisse des ventes de l'iPhone 
    * Premier recul du CA depuis plus de 10 ans 
    * Prévisions inférieures aux estimations des analystes 
    * L'action a perdu jusqu'à 8% hors séance 
 
 (Répétition sans changement d'une dépêche diffusée mardi) 
    par Julia Love et Anya George Tharakan 
    SAN FRANCISCO, 27 avril (Reuters) - Apple  AAPL.O  a annoncé 
mardi la première baisse des ventes de l'iPhone depuis le 
lancement de la première version de son produit phare et le 
premier recul de son chiffre d'affaires depuis plus de dix ans, 
des contre-performances qui illustrent ses difficultés face à la 
saturation croissante du marché des smartphones.  
    Le groupe américain a notamment subi une chute de plus d'un 
quart de ses ventes en Chine, son deuxième marché après les 
Etats-Unis, et les prévisions qu'il a présentées pour le 
trimestre en cours sont inférieures aux attentes.  
    L'action Apple a perdu jusqu'à 8% dans les transactions hors 
séance mardi soir, tombant sous le seuil symbolique des 100 
dollars pour la première fois depuis février et effaçant quelque 
46 milliards de dollars de capitalisation boursière. 
    La marque à la pomme a vendu 51,2 millions d'exemplaires de 
l'iPhone sur le trimestre janvier-mars, le deuxième de son 
exercice fiscal, soit 10 millions de moins que sur la période 
correspondante de l'an dernier. Ce chiffre est toutefois 
meilleur qu'attendu puisque les analystes tablaient sur environ 
50 millions d'unités écoulées seulement.  
    Le trimestre se solde par un bénéfice par action de 1,90 
dollars alors que le consensus Thomson Reuters I/B/E/S le 
donnait à 2,00 dollars.  
    Le chiffre d'affaires, à 50,56 milliards de dollars (44,79 
milliards d'euros), est lui aussi inférieur au consensus, qui 
ressortait à 51,97 milliards.  
    L'action Apple perdait 6% dans des volumes nourris dans les 
transactions hors séance, tombant sous le seuil des 100 dollars 
pour la première fois depuis février. 
    Le directeur financier du groupe, Luca Maestri, a expliqué à 
Reuters que les ventes d'iPhone avaient été particulièrement 
élevées au deuxième trimestre de l'exercice précédent dans le 
sillage du lancement d'une nouvelle version de l'iPhone.  
    "L'iPhone 6 est une anomalie et crée donc une comparaison 
très difficile pour nous", a-t-il dit.  
    Pour le troisième trimestre de son exercice fiscal, Apple 
prévoit un chiffre d'affaires de 41 à 43 milliards de dollars 
alors que Wall Street attendait jusqu'à présent 47,3 milliards.  
    Le groupe a parallèlement annoncé une augmentation de 50 
milliards de dollars de ses distributions aux actionnaires, via 
une hausse de 10% de son dividende et 35 milliards de dollars de 
rachats d'actions, qu'il financera en partie par le biais 
d'emprunts obligataires, ce qui lui évitera de rapatrier les 
dizaines de milliards de liquidités qu'il conserve à l'étranger, 
à l'abri du fisc américain.  
       
    POSITION DÉFENSIVE 
    Si les dirigeants du groupe avaient prévenu que les ventes 
de l'iPhone allaient baisser sur janvier-mars, ils doivent 
désormais convaincre les investisseurs que ce recul est un 
phénomène temporaire et non l'amorce du déclin durable d'un 
produit qui a connu un essor spectaculaire ces dernières années. 
    L'enjeu est d'autant plus important qu'Apple ne dispose pas 
d'un produit susceptible de constituer un relais de croissance 
crédible.  
    Les ventes de téléphones portables du groupe dirigé par Tim 
Cook semblent pâtir depuis quelques mois déjà du report des 
achats de nombreux consommateurs qui préfèrent attendre la 
probable sortie de l'iPhone 7 en septembre plutôt que d'acheter 
l'iPhone 6S ou le 6S Plus, expliquent des analystes.  
    "Apple se retrouve en position défensive et doit faire la 
preuve de sa croissance; c'est une situation dans laquelle Apple 
n'a pas eu à se retrouver depuis plusieurs années", explique 
Patrick Moorhead, analyste de Moor Insights & Strategy. 
    Le groupe a présenté le mois dernier l'iPhone SE, dont 
l'écran est plus petit que ceux des autres modèles mais qui est 
doté de la plupart des fonctions les plus avancées de la gamme.  
    Ce modèle n'a pas eu d'influence sur les résultats publiés 
mardi mais Luca Maestri a déclaré qu'il avait réussi un bon 
démarrage commercial, notamment sur les marchés émergents.  
    "La situation actuelle à l'échelle mondiale, c'est que nous 
sommes sous tension au niveau de l'offre", a-t-il ajouté. "La 
demande est très, très forte." 
    Le chiffre d'affaires du groupe dans la zone "Grande Chine" 
(qui regroupe Chine continentale, Hong Kong et Taïwan) a chuté 
de 26% sur un an mais Luca Maestri a assuré que la position du 
groupe sur la région n'avait pas changé.  
    "Nous restons très optimistes sur le marché chinois et nous 
continuons d'y faire beaucoup d'investissements", a-t-il dit.  
    En réaction aux annonces d'Apple, les actions de plusieurs 
fournisseurs du groupe comme Skyworks Solutions  SWKS.O , Qorvo 
 QRVO.O , Broadcom  AVGO.O  et NXP Semiconductors  NXPI.O  
perdaient du terrain dans les transactions hors séance.  
    Le chiffre d'affaires généré par Apple dans les services, 
comme la vente de musique ou l'offre de paiement mobile Apple 
Pay, a progressé de 20% sur un an à six milliards de dollars.  
     
 
 (Julia Love à San Francisco et Anya George Tharakan à 
Bangalore; Marc Angrand pour le service français) 
 

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