RPT-A H-24, le "In" et le "Out" jouent leurs dernières cartes

le , mis à jour à 12:03
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 (RPT titre corrigé) 
    par Guy Faulconbridge et Michael Holden 
    LONDRES, 22 juin (Reuters) - A vingt-quatre heures du 
référendum sur l'avenir européen du Royaume-Uni, les deux camps 
ont jeté mercredi leurs dernières forces dans la bataille, 
tentant de faire basculer les indécis qui détiennent une des 
clefs du vote. 
    L'issue de cette consultation, sur fond de montée de 
sentiments anti-UE à l'échelle continentale, déterminera aussi 
l'avenir de la construction européenne. Et une victoire du 
Brexit serait de nature à déclencher une tempête sur les marchés 
financiers, déjà très nerveux. 
    "C'est très serré, nul ne sait ce qui va se passer", déclare 
David Cameron mercredi dans le Financial Times. Le Premier 
ministre britannique, qui a pris le risque de ce référendum face 
à la rébellion d'une partie de son camp conservateur et à la 
montée du parti anti-immigration UKIP, conduit le camp du "In". 
Son avenir politique est aussi en jeu. 
    La veille, dans une allocution solennelle prononcée devant 
le 10, Downing Street, il a appelé les électeurs à la 
responsabilité, les prévenant qu'une sortie de l'UE serait 
"irréversible". 
    "Brits don't quit!", a-t-il dit en référence à une citation 
de Churchill lors de la Seconde Guerre mondiale. "Dans 
l'isoloir, vous serez seul. Vous serez seul avec vous-même, pour 
prendre une décision qui affectera votre avenir, l'avenir de vos 
enfants et de vos petits-enfants." 
     
    "PROJECT FEAR" CONTRE "PROJECT HATE" 
    Chef de file du camp du "Out", Boris Johnson, qui sillonnera 
toute la journée de mercredi le pays en hélicoptère pour un 
ultime appel à la mobilisation, a déclaré pour sa part que ce 
jeudi 23 juin pourrait être "le jour de l'indépendance de notre 
pays". 
    L'ex-maire conservateur de Londres et désormais rival de 
Cameron pour le poste de Premier ministre s'exprimait mardi soir 
lors d'un débat retransmis en direct à la télévision depuis la 
Wembley Arena, une salle de concerts où avaient pris place plus 
de 6.000 personnes. 
    Son contradicteur, le maire travailliste de Londres Sadiq 
Khan, l'a accusé d'avoir orchestré un "Project Hate", une 
campagne de haine fondée sur l'exploitation des peurs liées à 
l'immigration et véritable pendant du "Project Fear" dénoncé par 
les partisans du Brexit pour évoquer la campagne des partisans 
d'un "Bremain" axée sur les répercussions économiques d'un 
divorce avec l'Europe. 
    Le vote de jeudi se déroulera une semaine jour pour jour 
après le meurtre de la députée travailliste Jo Cox, tuée par 
balles et à l'arme blanche alors qu'elle s'apprêtait à tenir sa 
permanence électorale dans sa circonscription de Birstall, près 
de Leeds. 
    Agée de 41 ans, élue pour la première fois à Westminster en 
2015, Jo Cox militait pour le maintien du Royaume-Uni dans 
l'Union européenne. Elle s'était également investie dans 
l'accueil des réfugiés syriens. Inculpé d'assassinat et présenté 
samedi à un juge, son meurtrier présumé, Thomas Mair, a déclaré 
"Mort aux traîtres, liberté pour la Grande-Bretagne" lorsque le 
magistrat lui a demandé de décliner son identité. 
    Le meurtre de la députée travailliste a sidéré le 
Royaume-Uni et conduit les états-majors des deux camps à 
suspendre quelques jours leur campagne.  
    Depuis sa mort, certains instituts de sondage ont mesuré un 
regain des partisans du maintien dans l'UE, mais les intentions 
de vote restent extrêmement serrées et l'écart entre les deux 
camps souvent compris dans la marge d'erreur. 
     
    LONGUE NUIT 
    Jeudi, les bureaux de vote ouvriront à 06h00 GMT et 
fermeront à 21h00 GMT. Des résultats partiels et les chiffres de 
la participation seront connus dans la nuit à partir de 01h00 
GMT. Le résultat officiel sera proclamé vendredi après 06h00 
GMT. 
    La participation, le comportement des électeurs 
travaillistes, les premiers résultats dans des circonscriptions 
très marquées seront autant d'indicateurs précieux. 
    Sunderland, dans le nord-est de l'Angleterre, devrait ainsi 
être l'une des premières circonscriptions à faire connaître ses 
résultats (vers 23h30 GMT jeudi).  
    Avec sa population plutôt âgée et ses électeurs aux revenus 
modestes, elle est d'après les sondages plus encline à voter 
pour le Brexit. Si le camp du "Out" n'y est pas fortement en 
tête, cela pourra signifier qu'il aura fort à faire pour 
s'imposer dans les circonscriptions moins favorables à ses 
idées. 
    A l'inverse, l'Ecosse est considérée comme une région 
favorable au maintien. Toute annonce de résultat dans cette 
région, comme à Stirling vers 00h30 GMT, pourra permettre de 
savoir si le camp du "In" est en difficulté ou non. 
     
    VOIR AUSSI 
    LE POINT sur le référendum:   
    ENCADRE Les points à surveiller après la clôture du scrutin: 
      
 
 (Eric Faye et Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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