Royalty Pharma améliore son offre sur Elan

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NEW YORK (Reuters) - La société d'investissement américaine Royalty Pharma a amélioré lundi son offre d'achat du laboratoire pharmaceutique irlandais Elan, proposant jusqu'à 12 dollars par action, soit 7,3 milliards de dollars au total (5,6 milliards d'euros) dans le cadre d'une offre ferme.

Royalty Pharma avait auparavant fait une approche en proposant un prix indicatif de 11 dollars par action.

Elan, dont Johnson & Johnson détient 18% du capital, avait rejeté cette offre initiale et s'était assuré la semaine dernière le soutien massif de ses actionnaires à un projet de rachat d'actions d'un montant total d'un milliard de dollars, à un prix compris entre 11,25 et 13,00 dollars par action.

Royalty a conditionné le prix définitif de son offre au résultat de cette opération, qui sera connu dans la semaine, en soulignant que son prix pourrait être inférieur à 12 dollars et même revenir à 11 dollars si le rachat d'actions se fait à un prix compris entre 12,25 et 13,00 dollars pièce.

"Royalty Pharma pense que les actionnaires d'Elan feront bon accueil à son offre en tant qu'alternative à la stratégie à haut risque adoptée par la direction d'Elan", écrit la société new-yorkaise dans un communiqué.

"Les actionnaires d'Elan devraient encourager le conseil d'administration à engager des négociations avec Royalty Pharma afin de parvenir à une offre recommandée."

L'action Elan a clôturé à 12 dollars vendredi à New York et le titre s'appréciait de 0,89% % à 9,09 euros à la Bourse de Dublin lundi en fin de séance.

Le groupe irlandais s'est refusé à tout commentaire sur la nouvelle initiative de Royalty Pharma.

L'ENJEU DU TYSABRI

L'opération de rachat d'actions, destinée à restituer aux actionnaires le produit de la vente des 50% que détenait Elan dans son ex-produit vedette, le Tysabri contre la sclérose en plaques, concerne environ 15% du capital en actions du laboratoire.

Elan a cédé ses 50% dans le Tysabri à son partenaire américain Biogen Idec mais continue de toucher des royalties sur les ventes du médicament, dont il promet de reverser une partie à ses actionnaires.

Après cette cession, Elan n'a plus qu'un produit expérimental dans son "pipeline" mais promet de se réinventer en procédant à des acquisitions.

"Je pense que c'est un prix équitable pour les actifs tels qu'on les connaît aujourd'hui. Les actionnaires ont le choix entre prendre de l'argent aujourd'hui ou faire confiance dans la capacité de la direction à mener à bien des acquisitions qui vont renforcer le groupe", observe Richard Parkes, analyste chez Deutsche Bank.

Royalty Pharma, qui souhaite avant tout mettre la main sur les droits du Tysabri, avait jusqu'au 10 mai pour déposer une offre ferme ou renoncer.

La société d'investissement, qui financera l'acquisition par ses ressources existantes et de nouvelles facilités de crédit, est conseillée dans cette affaire par JP Morgan, BofA Merrill Lynch et Groton Partners.

Martinne Geller, Véronique Tison pour le service français

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