Royal poursuit le bras de fer avec Valls sur Notre-Dame-des-Landes

le , mis à jour à 14:22
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    * L'évacuation du site prévue pour l'automne 
    * Royal pointe le risque d'une évacuation par la force 
    * Sarkozy dénonce des déclarations "irresponsables" 
    * Des élus locaux appellent à un "recadrage" de la ministre 
 
 (Actualisé avec réaction proche de Valls §9) 
    PARIS, 16 octobre (Reuters) - Ségolène Royal poursuit son 
bras de fer avec Manuel Valls sur la question de 
Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) en appelant, dans une 
interview publiée dimanche, à "arrêter les frais" face à 
l'évacuation annoncée pour l'automne du site occupé par les 
opposants à ce projet controversé d'aéroport.  
    Ce dossier, qui donne lieu depuis deux ans à des désaccords 
entre la ministre de l'Ecologie et le Premier ministre, 
s'annonce comme l'un des sujets épineux de la fin du quinquennat 
de François Hollande.  
    Pour tenter de déminer la crise, le chef de l'Etat avait 
organisé une consultation locale en juin dernier qui a vu le 
projet, dont les opposants mettent en doute la pertinence, 
recueillir 55% de voix favorables. 
    A la suite du référendum, le Premier ministre avait annoncé 
que l'évacuation du site de 1.600 hectares, situé à une 
vingtaine de kilomètres au nord de Nantes, aurait lieu à 
l'automne et a réaffirmé cette position cette semaine. 
    "Est-il pertinent de faire prendre des risques pour une 
infrastructure inadaptée comme l'ont dit les experts 
indépendants ?", s'interroge Ségolène Royal dans les colonnes du 
Journal du Dimanche. "N'y a-t-il pas actuellement d'autres 
priorités pour la nation?" 
    "Les élus locaux ne veulent pas perdre la face, c'est 
compréhensible", poursuit-elle. "Mais le résultat du référendum, 
positif pour eux, leur permet justement de prendre acte de cette 
caution tout en reconnaissant que devant le blocage sur le 
terrain, il vaut mieux arrêter les frais."  
    "Il est de ma responsabilité d'alerter sur le risque d'une 
évacuation à la force", ajoute-t-elle. "Je suis prête à donner 
du temps pour des réunions de travail afin de sortir par le haut 
de cette situation, et j'appelle toutes les parties à faire un 
effort de bon sens."  
    Une première tentative d'évacuation du site avait échoué en 
2012. Début octobre, plusieurs milliers d'opposants au projet 
ont manifesté pour affirmer leur détermination à défendre la 
ZAD, la "zone d'aménagement différée", qu'ils ont rebaptisée 
"zone à défendre"  ID:nL5N1CE0FS . 
     
    RECADRAGE 
    L'évacuation "devra se faire avec sang-froid et méthode pour 
éviter les violences mais ne pas le faire, ça serait un 
affaiblissement de l'autorité et un affaiblissement de la 
démocratie", a prévenu un proche de Manuel Valls dimanche, 
précisant que le non-respect du résultat du référendum de juin 
était "inconcevable"  ID:nL8N1CM0AA . 
    Les déclarations de Ségolène Royal ont fait réagir cette 
semaine le syndicat mixte aéroportuaire (SMA), qui regroupe les 
22 collectivités locales favorables au projet. 
    Dans une déclaration commune, le président (LR) de la région 
Pays de la Loire Bruno Retailleau, la maire (PS) de Nantes 
Johanna Rolland, son homologue (PS) de Saint-Nazaire David 
Samzun et le président (PS) du conseil départemental de la 
Loire-Atlantique Philippe Grosvalet ont notamment appelé 
François Hollande et Manuel Valls à "recadrer" Ségolène Royal.  
    "De telles déclarations sont totalement irresponsables car 
elles apparaissent clairement comme un encouragement à la 
violence envers les forces de l'ordre", écrivent-ils.  
    "Après 156 décisions de justice, plus de 200 exactions 
commises (...), Mme Royal est bien la seule à croire encore à la 
volonté des opposants d'un dialogue 'à bâtons rompus'", 
ajoutent-ils. 
    Le président de l'association "les Ailes pour l'Ouest", qui 
milite en faveur de la construction de l'aéroport, Alain 
Mustière, a pour sa part estimé que la ministre "souffl ait  sur 
les braises et cautionn ait  l'opposition illégale à un projet 
qui a suivi tous les processus démocratiques". 
    Son association a symboliquement déposé vendredi 500 cartons 
de déménagement dans le bourg de Notre-Dame-des-Landes pour 
appeler les zadistes à quitter les lieux de leur propre chef.  
    "En restant, les zadistes feront le choix d'un affrontement 
dont ils seront les responsables", a estimé Alain Mustière. 
    A six mois de l'élection présidentielle, le sujet s'est 
invité dans la campagne. Invité dimanche dans l'émission Punch 
Line dimanche sur C8, Nicolas Sarkozy a dénoncé des déclarations 
"irresponsables".  
    "Mme Royal vient en disant 'on ne tient pas compte des 
décisions de justice, on ne tient pas compte du résultat du 
référendum et on ne fait pas l'aéroport'", a déclaré l'ancien 
chef de l'Etat et candidat à la primaire de la droite et du 
centre en vue de l'élection présidentielle.  
    "Pour quelqu'un qui voulait la démocratie participative, un 
mensonge de plus", a-t-il conclu. 
 
 (Chine Labbé, Marine Pennetier, Guillaume Frouin et 
Jean-Baptiste Vey, édité par Jean-Stéphane Brosse) 
 
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  • M8252219 il y a un mois

    La démocratie et le vote majoritaire aux poubelles , la minorité anarchiste au pouvoir elle est belle la république de Ségo . L’Angleterre quitte la zone euros après un vote positive pour la sortie . Mimie Ségo voudrait arrêter NDDL après un vote confirmant le souhait qu'il se face. les anglais sont des démocrates , Ségo graine de dictateur.