Royal juge diffamatoires les critiques sur sa gestion régionale

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    * L'opposition régionale accuse Royal d'être à l'origine 
d'impayés 
    * La ministre juge ces propos "parfaitement diffamatoires" 
    * Elle défend sa gestion à la tête de la région de 2004 à 
2014 
 
    PARIS, 8 avril (Reuters) - Ségolène Royal a menacé vendredi 
de poursuites judiciaires les personnes qui portent des 
accusations "diffamatoires" sur sa gestion passée des deniers 
publics à la tête de la région Poitou-Charentes après la 
publication d'un audit très sévère. 
    "Je m'en réserve le droit car ces propos sont parfaitement 
diffamatoires", a-t-elle dit sur France 3 Poitou-Charentes. "Je 
suis vraiment scandalisée à la fois de la méthode et du fond." 
    Un audit commandé par la nouvelle région 
Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (ALPC) a confirmé jeudi "une 
forte dégradation des ratios financiers" de l'ex-région 
Poitou-Charentes, dont 132 millions d'euros d'impayés. 
  
    Au mois de février, le président socialiste de la région 
ALPC, Alain Rousset, avait déjà révélé que l'ancienne région 
avait laissé pour 132 millions d'impayés, dont 62 millions en 
investissement et 70 millions en fonctionnement. 
    Jusqu'à son intégration dans la nouvelle région, 
Poitou-Charentes était présidée par le socialiste Jean-François 
Macaire, qui avait succédé en avril 2014 à Ségolène Royal 
devenue ministre de l'Environnement. Cette dernière a présidé 
aux destinées de Poitou-Charentes pendant dix ans. 
    "Cet audit est un point de départ. Mais il pose beaucoup de 
questions sur la sincérité des comptes de 
l'ex-Poitou-Charentes", a souligné Olivier Chartier, le 
président (LR) de la commission des finances de la région. 
    Dans le quotidien Centre Presse paru vendredi, il accuse la 
ministre d'être à l'origine de cette situation. 
    "Sans fusion avec la grande région, cela aurait été la 
faillite. Mme Royal est à l'origine de cette situation, même si 
elle n'est pas la seule responsable puisque M. Macaire a repris 
les choses", a-t-il déclaré. 
     
    ROYAL S'EN PREND A ROUSSET 
    L'audit du cabinet Ernst&Young présenté jeudi à la 
commission des finances de la région relève que "la situation 
financière (...) s'est dégradée entre 2013 et 2015" et que cette 
dégradation provient "de la forte baisse de l'épargne brute 
(-71% en deux ans) du fait d'un 'effet ciseau' entre les 
dépenses et les recettes de fonctionnement." 
    Ce rapport constate que la capacité de désendettement est 
passée de 4,1 ans en 2013 à 20,4 ans en 2015. De plus, une 
partie de la dette -- 46 millions d'euros -- correspond à des 
emprunts à haut risque dont certains ont été souscrit en 2011, 
alors qu'ils étaient déconseillés depuis 2010. 
    L'ex-région Poitou-Charentes a également octroyé 94 millions 
d'euros de garanties d'emprunts à des entreprises, à comparer 
avec les 4 millions d'euros de l'ex-région Aquitaine. 
    Ségolène Royal a démenti en bloc toute mauvaise gestion et 
critiqué Alain Rousset, qui ne l'aurait "jamais (...) appelée". 
    "Il n'y a que dans les Etats totalitaires où on jette en 
pâture des chiffres, des mots, des gens sans qu'ils aient la 
possibilité de s'expliquer", a-t-elle dit sur France 3 en 
jugeant "inexact" qu'il y ait des impayés. 
    "Il y a eu la fusion des régions, cette fusion a entraîné 
momentanément comme dans toutes les régions un certain nombre de 
paiements, parce qu'il a fallu fusionner les systèmes 
informatiques, la région Aquitaine a imposé son système 
informatique", a-t-elle dit. "Il y a quelques semaines de 
retard, aujourd'hui ces quelques semaines de retard sont toutes 
résorbées." 
 
 (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • ltondu il y a 9 mois

    Eh bien qu'elle nous fasse un audit très gentil à la sauce soce... On commence à avoir l'habitude !