Royal exige que les expulsions cessent à Notre-Dame-des-Landes

le , mis à jour à 15:48
0
    * Un projet jugé "surdimensionné" par Ségolène Royal 
    * Elle privilégie la construction d'un aéroport à une piste 
    * Les expulsions doivent donc "s'arrêter", dit-elle 
 
 (Actualisé avec Royal, réaction) 
    PARIS, 6 avril (Reuters) - Ségolène Royal a sommé mercredi 
Aéroports du Grand Ouest (AGO), la filiale de Vinci qui a obtenu 
la concession du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, de 
cesser les expulsions sur le site, le projet initial étant selon 
elle "surdimensionné". 
    "Il y a 200 hectares de trop de terres qui ont été gelés", a 
déclaré la ministre de l'Environnement à l'issue du conseil des 
ministres. "Quand je vois que l'entreprise concessionnaire a 
commencé les expulsions, ce n'est pas acceptable." 
    "Donc, ça va s'arrêter", a-t-elle dit. "Ça va s'arrêter 
parce que précisément on vient de démontrer que les choses 
n'avaient pas été bien calibrées. Mais ça ne veut pas dire qu'il 
ne faut rien faire, je le dis aussi à ceux qui se sont opposés 
systématiquement à tout." 
    Ségolène Royal s'appuie sur le rapport d'experts qui lui a 
été remis mardi et qui conclut que le projet de nouvel aéroport 
à Notre-Dame-des-Landes est surdimensionné, un jugement que le 
Premier ministre Manuel Valls s'est abstenu de porter. 
    Les experts proposent deux alternatives: "l'agrandissement 
et la rénovation des installations actuelles de 
Nantes-Atlantique" ou "une redéfinition du projet avec une seule 
piste de 2.900 m de long et 45 m de large -- au lieu des deux 
pistes de 3.600 m de long dont une de 60 m de large". 
  
    L'agrandissement de l'aéroport de Nantes étant selon la 
ministre de l'Environnement exclu en raison de la densité de 
l'habitat, elle privilégie le transfert à Notre-Dame-des-Landes 
mais avec une seule piste, suffisante selon la ministre. 
    "Une seule piste permet 11 millions de voyageurs alors qu'on 
a présenté un aéroport à deux pistes avec un impact 
environnemental très lourd", a-t-elle ajouté. 
    L'un des auteurs du rapport remis à la ministre, Nicolas 
Forray, a soutenu cette hypothèse devant les journalistes, en 
marge d'une conférence de presse de Ségolène Royal. 
    "La réponse à une piste nous paraît parfaitement pertinente 
au regard des besoins connus et imaginés" de Nantes, a-t-il dit 
en expliquant que les 200 hectares de moins pourraient être 
consacrées à des activités agricoles tout en restant sous 
l'autorité du concessionnaire. 
     
    REFERENDUM LE 26 JUIN 
    Ségolène Royal a estimé que le projet devait être modifié 
avant le référendum prévu sur ce sujet le 26 juin en 
Loire-Atlantique, dont la question ne porte pas sur la 
configuration. 
    Elle demande seulement: "Souhaitez-vous le transfert de 
l'aéroport tel qu'il est aujourd'hui vers un nouvel aéroport à 
Notre-Dame-des-Landes?", a-t-elle souligné.      
    Alors que Manuel Valls, partisan de la réalisation de ce 
projet, a estimé mardi que le rapport validait le transfert et 
souligné que les experts ne se prononçaient pas "sur la 
faisabilité juridique" d'un Notre-Dame-des-Landes à une piste, 
Ségolène Royal a démenti tout désaccord dans l'exécutif. 
    Les élus locaux, de droite comme de gauche, sont pour la 
construction d'un aéroport à Notre-Dame-des-Landes et 
s'inquiètent des risques d'une modification du projet. 
    Bruno Hug de Larauze, président de la Chambre de commerce et 
d'industrie (CCI) des Pays de la Loire, estime que ne garder 
qu'une seule piste pourrait remettre en cause la déclaration 
d'utilité publique (DUP) de 2008 et donc le projet tout entier. 
    "Cette préconisation est surprenante dans la mesure où la 
deuxième piste était justement prévue pour améliorer l'impact 
énergétique de la plate-forme, en évitant les temps de roulage 
des avions et le survol des bourgs environnants", rappelle-t-il 
dans un communiqué. "J'attends de savoir si cette alternative 
remet en cause la DUP, ce qui serait inacceptable car celle 
enterrerait définitivement le projet de manière détournée." 
    Lors d'une conférence de presse, Ségolène Royal a confirmé 
qu'une nouvelle enquête publique aurait lieu en cas de réduction 
du périmètre du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes.  
    Les "zadistes" qui occupent le site, ainsi que les 
écologistes, veulent en revanche l'abandon pur et simple du 
projet et ne se satisfont pas d'un aéroport plus petit.  
    Cet abandon obligerait l'Etat à payer de lourds 
dédommagements au groupe Vinci.   
 
 (Myriam Rivet, Elizabeth Pineau, Guillaume Frouin et Julie 
Carriat, édité par Yves Clarisse) 
 

Valeur associée
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant