Roux de Bézieux, candidat au Medef, présente son programme choc

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PARIS (Reuters) - Geoffroy Roux de Bézieux, candidat à la présidence du Medef, a proposé mercredi une trêve fiscale pour les entreprises, une réforme d'ampleur des retraites et de l'assurance chômage, une TVA-CSG "sociale" et des négociations pour relancer l'emploi.

Le chef d'entreprises, qui présentait ses 90 propositions aux médias, affrontera quatre autres candidats à la succession de Laurence Parisot à la tête du patronat français le 3 juillet : Pierre Gattaz, Patrick Bernasconi, Thibault Lanxade et Hervé Lambel.

"C'est presque un programme de gouvernement", a dit l'ancien président de l'Unedic, l'organisme qui gère l'assurance chômage, en précisant avoir écarté les propositions "totalement irréalistes".

Plutôt que de supprimer directement les 35 heures, il souhaite que les partenaires sociaux négocient pour permettre à chaque entreprise de moduler le temps de travail par un accord majoritaire.

Pour redresser les marges des entreprises, plus faibles en France que dans les autres grands pays européens, il demande qu'il n'y ait "plus aucune nouvelle taxe sur les entreprises jusqu'en 2017", et la création d'un plafonnement fiscal maximal. Il suggère de fixer ce plafond à 34% en 2014 et de le baisser d'un point par an pour atteindre 29% en 2019, un niveau qu'il estime comparable à la situation allemande.

Afin de réduire le coût du travail, il souhaite que soit relancée la "TVA sociale", annulée par François Hollande, en transférant les cotisations familiales sur la TVA et la CSG.

Face à la dégradation continue du marché de l'emploi, il prône une négociation visant à réduire la dualité CDD/CDI, en renforçant les protections associées au premier tout en rendant le second plus "flexible". Une plus grande adaptation de la complexité et du coût des plans sociaux à la taille des entreprises serait d'autre part négociée.

Pour redresser les comptes des retraites, il propose d'augmenter le nombre d'annuités, de reculer progressivement l'âge légal, de désindexer les augmentations de l'inflation et d'aligner, "à long terme", les régimes du public et du privé.

Le gouvernement souhaite que la concertation sur la nouvelle réforme des retraites aboutisse à un texte de loi à l'automne.

Alors que les comptes de l'assurance chômage sont attendus en perte de 5 milliards d'euros cette année, Geoffroy Roux de Bézieux propose de durcir plusieurs paramètres. Il prône une réduction de la durée d'indemnisation, un plafonnement des indemnités à 2.000 euros par mois, une dégressivité des allocations et une réforme des régimes spéciaux, notamment ceux des intermittents et des frontaliers.

S'il devient président du Medef, il menace à cet égard de ne pas signer à n'importe quelles conditions la prochaine convention d'assurance chômage attendue fin 2013.

Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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  • baljo le mercredi 15 mai 2013 à 16:34

    Il à l'air d'oublier que les élections présidentielles ont déjà eu lieu. Pourquoi ne s'est-il pas présenté?