Rousseff promet de se battre jusqu'au bout contre sa destitution

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    par Anthony Boadle et Lisandra Paraguassu 
    BRASILIA, 19 avril (Reuters) - Dilma Rousseff a prévenu 
lundi qu'elle se défendrait "jusqu'au bout" contre sa 
destitution, au lendemain de son échec cuisant à la Chambre des 
députés, qui a approuvé à une écrasante majorité la mise à 
l'écart de la présidente du Brésil. 
    Dans une ambiance électrique et sous les yeux de millions de 
Brésiliens rivés devant leurs écrans de télévision, les députés 
d'opposition ont aisément réuni dimanche la majorité des deux 
tiers nécessaires à la poursuite de la procédure de destitution. 
    Il revient désormais au Sénat de se prononcer. Si les 81 
sénateurs acceptent à la majorité simple d'examiner le dossier, 
ce qui est très probable et pourrait intervenir dès le début du 
mois de mai, la présidente sera automatiquement suspendue et 
remplacée par son vice-président et désormais adversaire, Michel 
Temer.   
    Dans une allocution télévisée à la nation, Dilma Rousseff 
est apparue combative, affirmant ne pas avoir commis le moindre 
fait passible d'une destitution. Elle a accusé Michel Temer de 
comploter ouvertement contre elle, ce qu'elle a qualifié de 
"coup d'Etat". 
    "Même si cela me rend très triste, j'ai la force, la volonté 
et le courage de me battre jusqu'au bout contre toute cette 
procédure", a-t-elle dit. "Ce n'est que le début de la bataille, 
qui sera longue et interminable." 
    Dilma Rousseff est accusée de manipulation des comptes 
publics pour favoriser sa réélection pour un second mandat de 
quatre ans en 2014. La manoeuvre qui lui est reprochée est 
pourtant fréquemment utilisée par les responsables politiques 
brésiliens. Elle consiste à reporter l'inscription de 
remboursements à des créanciers de l'Etat afin de baisser 
artificiellement le déficit budgétaire. 
    Avec plus de 60% des Brésiliens favorables à sa destitution, 
selon les instituts de sondage, Dilma Rousseff paie aussi la 
profonde récession économique dans laquelle a basculé le Brésil 
et un vaste scandale de corruption autour de la compagnie 
pétrolière publique Petrobras, qui éclabousse une grande partie 
de la classe politique, y compris parmi ses adversaires. 
    Un collaborateur de Dilma Rousseff a déclaré que le camp 
présidentiel allait s'efforcer de rallier des soutiens au Sénat, 
où il ne dispose pas en l'état de la majorité simple qui 
permettrait de bloquer la procédure. Seuls 31 sénateurs lui sont 
pour l'instant favorables, ce qui fait dire à ce collaborateur 
que la situation paraît "très difficile". 
    Le gouvernement s'est tourné vers le président du Sénat, 
Renan Calheiros, pour l'inciter à retarder le vote autant que 
possible afin de gagner du temps pour tenter de "retourner" des 
sénateurs. 
    Allié versatile de la présidente, Renan Calheiros a déclaré 
lundi qu'il garderait une position de neutralité et qu'il 
rencontrerait mardi les responsables des partis représentés au 
Sénat pour définir le calendrier de la procédure. 
 
 (Bertrand Boucey pour le service français) 
 
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