Rouble faible et sanctions pénalisent la Russie-Medvedev

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MOSCOU, 10 décembre (Reuters) - La dépréciation du rouble est en train d'affaiblir la Russie, qui a perdu des dizaines de milliards de dollars à cause des sanctions imposées par l'Occident à Moscou en raison de la crise en Ukraine, a déclaré mercredi le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev. Dans un entretien avec plusieurs chaînes de télévision russes, il a estimé que la Russie devait réduire le poids des exportations énergétiques dans son économie, qui la rend vulnérable à une chute des cours mondiaux du pétrole. Mais il a assuré que Moscou disposait d'autres options, parmi lesquelles une coopération accrue des banques et des entreprises avec l'Asie pour se financer ou encore l'augmentation de la production intérieure afin de réduire la dépendance aux importations. "Nos entreprises ne peuvent rien emprunter en Europe ou en Amérique", a-t-il dit. "Concernant l'Asie, ce n'est pas si mal: nous travaillons avec nos partenaires, ils sont généralement prêts à travailler avec nos banques." Le ministère russe des Finances a déclaré la semaine dernière s'attendre à une récession l'année prochaine à cause de la baisse des prix du pétrole et de la crise ukrainienne. ID:nL6N0TM26T La dépréciation du rouble "a un impact certain sur le budget, sur son équilibre et, pour un certain nombre de raisons (...) une dépréciation du rouble n'est pas favorable à l'Etat et à l'économie", a également dit le chef du gouvernement. Le rouble a perdu environ 40% de sa valeur face au dollar depuis le mois de juin, une chute qui alimente l'inflation et freine l'activité. Interrogé sur l'impact des sanctions occidentales, Dmitri Medvedev a répondu: "Notre économie a probablement perdu des dizaines de milliards de dollars." Il a par ailleurs déclaré qu'il était payé en roubles, une précision importante alors que de nombreux habitants de la Fédération cherchent à changer leurs roubles en devises étrangères pour limiter les pertes liées à la chute de la monnaie nationale. Le Premier ministre a également nié que les responsables du pays bénéficient de traitements de faveur, comme cela a souvent été le cas du temps de l'Union soviétique. "Pour ce qui est de la cantine gouvernementale, elle ne diffère en rien de n'importe quelle autre cantine", a-t-il dit. "Du temps des soviétiques, il y avait des tarifs très bas et des produits alimentaires rares. Mais ce n'est plus le cas: plus d'huîtres, rien qu'on ne puisse trouver ailleurs." (Katya Golubkova et Gabriela Baczynska, Pierre Sérisier et Marc Angrand pour le service français)

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