Rothschild & Cie Gestion et HDF Finance fusionnent leur multigestion

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(NEWSManagers.com) - Rothschild & Cie Gestion tisse sa toile. Jeudi, la société présidée par Jean-Louis Laurens a annoncé la fusion de ses activités de multigestion classique et alternative avec celles de HDF Finance dirigée par Christine du Fretay depuis la mi 2009, après le décès de son époux et fondateur Gilles du Fretay. Concrètement, les activités concernées des deux maisons vont être versées au sein d'une société qui sera dénommée " Rothschild HDF Investment Solutions" et qui sera détenue à 67% par Rothschild & Cie Gestion et 33% par HDF Group. " Le moment venu" , selon les termes de Jean-Louis Laurens, associé-gérant interrogé par Newsmanagers, " Rothschild & Cie Gestion aura vocation à contrôler la totalité de la nouvelle entité" .

Rothschild HDF Investment Solutions sera présidée par Jean-Louis Laurens et dirigée par Denis Faller, également associé gérant. Pierre Lenders, actuellement directeur général et co-CIO de HDF Finance, sera nommé directeur général délégué de la nouvelle entité. Quant à Christophe Jaubert et Marc Terras, ils occuperont les fonctions de directeurs généraux adjoints et co-CIO. Pour sa part, Christine du Fretay, l'actuelle président du conseil d'administration de HDF, a précisé qu'elle n'avait pas vocation à prendre des responsabilités dans cette nouvelle organisation et se limiterait à son rôle d'administrateur et actionnaire minoritaire.

En matière de ressources humaines, Jean-Louis Laurens, a indiqué que l'objectif pour Rothschild HDF Investment Solutions est d'atteindre un effectif de 45 personnes. Dans ce cadre, " quelques ajustements sont à prévoir" , a admis le responsable, " tout en indiquant que des postes commerciaux restaient à pourvoir pour l'Europe du Nord et la Grande Bretagne."

En chiffres, l'ensemble pèse 4 milliards d'euros dont trois milliards du côté de Rothschild & Cie Gestion - intégrant la récente acquisition d'Héritage AM - et un milliard pour HDF Finance.

" Trois grandes idées ont conduit à ce rapprochement, a expliqué Jean-Louis Laurens : " tout d'abord, la volonté d'atteindre une taille critique en multigestion alternative à laquelle nous croyons beaucoup mais dont nous pensons qu'il est nécessaire qu'elle se réinvente. Pas seulement sous la forme de fonds de fonds mais également, notamment à destination des investisseurs institutionnels, sous la forme de fonds dédiés, de mandats, de portefeuilles de comptes gérés, etc. Pour cette raison, nous pensons que les formes d'accès à la multigestion vont évoluer, et ce d'autant que les hedge funds ont capté des sommes considérables dans le monde dont 30 % sous la forme de multigestion alternative" .

La deuxième idée qui a guidé l'équipe dirigeante de Rothschild & Cie Gestion repose sur une conviction profonde : " la naissance d'un nouveau métier associant la multigestion alternative et long only justifiant le regroupement opéré par la maison ainsi que les précédents" , a noté Jean-Louis Laurens. " La frontière entre les deux multigestions est de plus en plus perméable, et les synergies de plus en plus fortes puisque nous sommes en contact avec les meilleurs gérants dans le monde et disposons des capacités de les sélectionner dans toutes les classes d'actifs" , a-t-il ajouté.

" Enfin, la troisième idée" , a relevé le dirigeant, " nous a incités à aller un cran au dessus dans notre offre à destination des investisseurs institutionnels. Compte tenu des problématiques posées par la nouvelle réglementation, avec notamment les exigences en matière de fonds propres que pose Solvency 2, nous voyons des investisseurs institutionnels déléguer complètement leur gestion, le calcul des reporting, etc. Nous voulons clairement nous positionner sur ce marché" , a insisté le responsable.

Cela étant, hormis les investisseurs institutionnels, Jean-Louis Laurens ne compte pas négliger d'autres clientèles intéressées par la multigestion alternative. Notamment la clientèle privée qui représente 15 % des actifs sous gestion de HDF Finance. " La part de la multigestion alternative est encore trop faible dans les patrimoines privés et nous avons clairement l'intention de la développer" , a t-il indiqué. Reste quelques questions d'ordre marketing. Si la coexistence des deux marques est acquise, l'adoption du R de Rothschild & Cie Gestion en préfixe pour la gamme de fonds d' HDF Finance est encore en discussion.

Enfin, en matière d'encours, les objectifs fixés par Jean-Louis Laurens peuvent être qualifiés de prudents : " nous avons pour ambition de croître de 10 % par an dont 5 % issus d'un effet collecte et 5 % d'un effet marché." Un objectif mesuré qui s'explique en grande partie par un marché français " difficile" . " Quoi qu'il en soit, nous avons quelques atouts qui font de nous un acteur tout à fait plausible en Europe continentale" , a conclu le dirigeant.

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