Rossignol sur l'IVG: "liberté d'opinion n'est pas droit au mensonge"

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Laurence Rossignol le 22 novembre 2016 à l'Assemblée nationale à Paris ( AFP/Archives / Lionel BONAVENTURE )
Laurence Rossignol le 22 novembre 2016 à l'Assemblée nationale à Paris ( AFP/Archives / Lionel BONAVENTURE )

La ministre Laurence Rossignol a défendu jeudi l'extension au numérique du délit d'entrave à l'IVG pour "consolider le droit fondamental des femmes à disposer de leur corps", considérant que "la liberté d’opinion n’est pas le droit au mensonge".

"Chacun est et reste libre d’affirmer son hostilité à l’avortement, sur Internet ou ailleurs. A condition de le faire en toute honnêteté, car la liberté d’expression ne peut se confondre avec la manipulation des esprits", a lancé la ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes à l'ouverture du débat à l'Assemblée sur une proposition de loi socialiste visant à pénaliser les sites de "désinformation" sur l'interruption volontaire de grossesse.

Dans un contexte de pré-campagne électorale pour 2017 et sur un sujet où Alain Juppé a attaqué François Fillon dans la primaire de la droite, le texte fait l'objet de 76 amendements, essentiellement LR, au nom de la "liberté d'expression", et d'extrême droite.

"Le droit à l’IVG n’est pas l’objet du débat" car la loi Veil de 1975 ayant dépénalisé l'avortement fait "largement consensus", a assuré Mme Rossignol devant une trentaine de députés. La proposition de loi "n’a pas d’autre objectif que de consolider le droit fondamental des femmes à disposer de leur corps et de garantir à toutes nos concitoyennes un égal accès à l’IVG".

Le délit d'entrave à l'IVG, créé en 1993, doit être adapté "à la réalité numérique" car si "il y a trente ans, des commandos s'attachaient aux grilles des centres d’orthogénie ou aux tables d'opération pour empêcher les femmes d’y accéder", "aujourd'hui, c’est sur la Toile que leurs héritiers continuent de mener cette bataille", a déclaré la ministre.

Des "groupuscules anti-IVG (...) avancent désormais masqués, dissimulés derrière des plateformes d’apparence neutre et objective, qui imitent et concurrencent les sites institutionnels d'information" et "cherchent délibérément à tromper les femmes", a-t-elle dénoncé, citant ivg.net et évoquant le "faux-nez d’une idéologie rétrograde mais toujours vivace".

"Pire, elles sont parfois relayées par des cellules d’écoute animées par des militants anti-choix sans aucune formation" qui veulent "culpabiliser les femmes et les décourager d’avoir recours à l'avortement", a ajouté Mme Rossignol.

"Depuis 2012, le gouvernement lutte, avec constance et détermination, contre cette forme insidieuse de pression", a affirmé la ministre, évoquant notamment un site officiel et un numéro national.

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  • a.lauver il y a 6 jours

    Faut donc interdire aux politiques de donner leur opinion