Roschdy Zem : « Etre acteur, ce n'était pas pour les enfants d'immigrés »

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Roschdy Zem à Cannes en mai 2010.
Roschdy Zem à Cannes en mai 2010.

Le quatrième film de l’acteur et réalisateur Roschdy Zem, Chocolat, sort le 3 février. Avec Omar Sy dans le rôle de Rafael Padilla, ce clown né esclave et devenu une star du Paris de la Belle Epoque.

Depuis 2006 et le film Mauvaise foi, Roschdy Zem s’est fait réalisateur. A la suite de l’historien Gérard Noiriel et de son livre Chocolat, clown nègre. L’histoire oubliée du premier artiste noir de la scène française (Bayard), l’acteur et réalisateur réhabilite cette figure noire populaire de la Belle Epoque. Entretien intime, où il raconte son premier travail sur les puces de Clignancourt, son enfance à Drancy et sa découverte du cinéma.

Je ne serais pas arrivé là si…

… ma mère n’avait pas eu la bonne idée de quitter le Maroc avec mes deux frères et ma sœur, pour rejoindre mon père en France. Il était ouvrier sur les chantiers depuis cinq ans, il vivait dans un bidonville à Nanterre et ne se voyait pas y accueillir sa famille. Ma mère, lasse de l’attendre, a fait le forcing. Je suis le premier des cinq enfants nés en France. Cela a complètement changé ma destinée. La vie d’un jeune dans la campagne marocaine, c’était la vacuité de l’ambition. Ma mère était une femme extrêmement courageuse et ouverte d’esprit, qui a voulu apprendre à lire et écrire, qui a élevé ma sœur à la française, pour qui notre réussite scolaire était déterminante. De mes 18 mois à mes 5-6 ans, pour me sortir du bidonville, j’ai été placé dans une famille belge catholique. Le flamand a été ma première langue ! Cela m’a marqué, pas traumatisé. Mais je crois que pour ma mère, il en est resté une culpabilité, même si elle n’y était pour rien. J’étais le chouchou. Si j’avais voulu devenir astronaute, el...

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