Rosberg, si près, si loin

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Jamais Nico Rosberg n'aura été aussi proche de rejoindre son père au palmarès du championnat du monde de F1, mais une inconstance en course, dont plusieurs soucis techniques, lui aura coûté un titre mondial qui lui tendait sans doute les bras.

Depuis longtemps un des espoirs de la Formule 1, Nico Rosberg aura attendu sa neuvième saison en F1 pour enfin être en course pour le titre de champion du monde. Retour sur une saison qui l'aura vu exceller dans l'exercice de la qualification, mais qui l'aura aussi vu caler en course, surtout face à son coéquipier, Lewis Hamilton.

Un début de saison en fanfare mais vite éclipsé

Sachant la Mercedes W05 au-dessus de la concurrence en termes de performance pure, Nico Rosberg se présente en position de force pour le premier Grand Prix de la saison, en Australie. S'il manque un peu sa qualification avec « seulement » le troisième temps sous la pluie, il profite des soucis techniques de Lewis Hamilton, son coéquipier, contraint à l'abandon dès le début de la course, et de la supériorité de sa monoplace pour s'imposer sans coup férir devant les deux McLaren, elles-aussi motorisées par Mercedes. Pour la deuxième manche de la saison, en Malaisie, Nico Rosberg n'est pas en mesure de rivaliser avec un Lewis Hamilton revanchard qui signe la pole position puis remporte la course. Mais, capitalisant sur le 25-0 de l'Australie, l'Allemand conserve largement la tête du championnat du monde. Il aura fallu attendre Bahreïn pour voir Nico Rosberg signer la première de ses onze pole positions de la saison. Mais son avantage n'aura pas été plus loin que le premier virage, où Lewis Hamilton prend l'avantage pour ne plus le céder, et ce malgré la lutte acharnée entre les deux pilotes Mercedes dans une fin de course qui restera dans les mémoires. Seulement deuxième derrière son coéquipier quatre courses de suite, Nico Rosberg est contraint de céder la tête du classement à Lewis Hamilton au sortir du Grand Prix d'Espagne.

Monaco, premier coup de sang

Après avoir senti le souffle de son coéquipier dans la nuque pendant quasiment tout le début de saison, Nico Rosberg craque une première fois à Monaco, après avoir vu Lewis Hamilton reprendre la tête du championnat du monde. L'Allemand commet une erreur en qualification en Principauté, qui empêche tous ses rivaux de lui contester la pole position. Lewis Hamilton ressortira furieux de cet incident qui, vu les caractéristiques du tracé monégasque, lui enlevait quasiment tout espoir de victoire. Cela s'est confirmé en course. Nico Rosberg a longtemps fait profil bas suite à cet incident, volontaire ou non. Avec cette deuxième victoire de la saison, l'Allemand reprend la tête du championnat du monde, mais a surtout lancé la lutte fratricide qui allait animer la saison. Un certain opportunisme, qui aura marqué la saison de Nico Rosberg, après un premier avatar en Australie, se montre une nouvelle fois au Canada où, lorsque les deux Mercedes sont touchés par les mêmes problèmes techniques, l'Allemand parvient à résister à la meute et à maintenir sa monoplace sur la piste. Alors que Lewis Hamilton fait exploser ses freins, Nico Rosberg parvient à terminer la course, qu'il a mené de bout en bout jusqu'à deux tours de la fin pour prendre une deuxième place presque miraculeuse et confirmer son avantage au championnat du monde avec 22 points d'avance.

Un été en dents-de-scie

Fort de la tête du championnat du Monde, Nico Rosberg se présente en confiance au Grand Prix d'Autriche. S'il ne signe pas la pole position, battu par les Williams, l'Alllemand fait parler le rythme de course de sa W05 pour s'imposer une nouvelle fois devant son coéquipier, qui lui rendra la pareille sur ses terres, en Grande-Bretagne deux semaines plus tard. Mais, cette fois, Nico Rosberg est contraint à l'abandon pour la première fois de la saison, alors qu'il avait souvent profité des soucis de son coéquipier. Cela relance le championnat, ramenant Hamilton à quatre points de Rosberg. Mais l'Allemand se reprend dès le Grand Prix d'Allemagne, où il signe un succès retentissant devant Valtteri Bottas et un Lewis Hamilton revenu du fond de la grille, en raison d'une sortie de route en Q1, pour prendre place sur le podium. En Hongrie, si Lewis Hamilton souffre une nouvelle fois de problèmes techniques en qualifications avec un moteur qui prend feu et le contraint à prendre le départ depuis le milieu de grille, Nico Rosberg limite la casse avec une quatrième place, juste derrière son coéquipier britannique, qui n'a pas respecté une consigne du garage lui demandant de laisser passer Nico Rosberg. Cela montre une nouvelle fois que les tensions entre les deux pilotes Mercedes sont fortes, pouvant altérer l'ambiance régnant chez les Flèches d'Argent.

Spa, là où Rosberg craque définitivement

Ces tensions seront toujours plus palpables suite au Grand Prix de Belgique où Nico Rosberg se montre trop optimiste dans un dépassement sur Lewis Hamilton. Le résultat est connu : Hamilton abandonne par la faute de son coéquipier et Rosberg endommage sa monoplace. Alors que Mercedes pouvait sans aucun souci faire le doublé avec une marge importante sur la concurrence, les Flèches d'Argent se tirent une balle dans le pied par la faute de l'Allemand. Et Daniel Ricciardo en profite pour signer sa deuxième victoire de rang et continuer à espérer jouer les trouble-fêtes. Cet événement va changer radicalement le comportement en piste de Nico Rosberg. Sermonné de toutes parts par les membres de l'écurie Mercedes, Toto Wolff et Niki Lauda principalement, l'Allemand va se montrer moins incisif en course, mais toujours aussi rapide en qualification. Ce manque d'agressivité de Nico Rosberg, surtout face à son coéquipier, sera matérialisé à Suzuka et à Austin où l'Allemand ne se défend pas outre-mesure face aux attaques de Lewis Hamilton. Après l'incident de Spa-Francorchamps, Nico Rosberg verra le Britannique signer cinq victoires de suite et creuser un écart presque insurmontable à deux courses de la fin.

Interlagos, rébellion finalement veine

Après cette mauvaise passe, Nico Rosberg réalise qu'il lui faut gagner à tout prix au Brésil pour continuer à espérer être sacré champion du Monde, comme son père Keke. Après une séance de qualification où il signe sa dixième pole position de la saison avec une marge infime sur Lewis Hamilton, l'Allemand impose son rythme en course et parvient à résister à son coéquipier en fin de course. Sans doute que le Britannique avait préféré assurer la deuxième place plutôt que de prendre le risque de tout perdre dans une manoeuvre de dépassement. Avec ce succès, le premier en trois mois, l'Allemand maintient un ersatz de suspens pour la dernière manche de la saison, à Abu Dhabi... Malgré une pole position signée de main de maître, Nico Rosberg voit le sort s'acharner sur lui. Après un envol manqué, sa Mercedes le lâche à mi-course et ne lui permet pas de finir dans les points, laissant à Lewis Hamilton le titre sans pouvoir le contester. Mais L'Allemand est néanmoins conscient qu'il sera à nouveau un candidat au titre en 2015, où Mercedes voudra conserver la mainmise sur le championnat du Monde tout en assurant le spectacle, comme cette saison.

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