Romeyer entre fierté et pragmatisme

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Romeyer entre fierté et pragmatisme
Romeyer entre fierté et pragmatisme

Il y a presque un an (ndlr : le 20 avril 2013), l'AS Saint-Etienne soulevait enfin un trophée avec la Coupe de la Ligue remportée face à Rennes. La fin de 32 ans d'une longue disette pour l'un des clubs les plus emblématiques du football français. Un succès rendu possible en grande partie grâce à un duo. Celui formé par Bernard Caïazzo, le président du conseil de surveillance et Roland Romeyer, président du directoire. Depuis quelques années, le club du Forez est passé du rouge au vert grâce à une politique bien menée et des choix judicieux. Le premier a été de choisir un homme pour mener à bien cette mission. « Fin 2009, le club se retrouvait avec un pied en L2 et un trou de 14,5 millions d'euros, se souvient Romeyer dans un entretien accordé à L'Equipe ce vendredi. Je remercie tous les jours le bon Dieu que Bernard m'ait laissé choisir Christophe Galtier comme entraîneur. Notre réussite repose sur une étroite collaboration entre lui et le directoire. »

« On n'investira pas plus de trois millions d'euros sur un joueur »

Une relation de confiance après des années de balbutiement et des épisodes douloureux à la tête de l'équipe (Elie Baup, Ivan Hasek et Alain Perrin notamment). Outre un bon bol d'air financier, ce succès au Stade de France a aussi relancé le pouvoir d'attractivité de l'ASSE. « Grâce à la Coupe de la Ligue, les supporters, nos 400 partenaires et les banques sont derrière nous, ça nous permet d'avancer. » Jusqu'où peut allez le club du Forez ? « Il faut être réaliste, concède Romeyer, Saint-Etienne est une ville de 170 000 habitants qui souffre. Pour rester dans le Top 5, avec le même budget et en concurrence avec Lyon, Marseille, Lille et Bordeaux, l'ASSE devra encore « super-performer ». Mais on n'investira pas plus de trois millions d'euros sur un joueur. C'est pour ça qu'on a consolidé l'effectif (ndlr : Bayal, Brandao, Brison, Clément, Clerc, Cohade, Diomandé et Lemoine ont prolongé). » Une politique qui permet aux Verts de rester compétitifs en Ligue 1. Pas forcément en Coupe d'Europe.

« J'ai offert à l'un de nos députés un maillot du PSG? »

L'axe de travail est bien sûr la formation. Outil essentiel de la bonne santé financière d'un club « structurellement déficitaire de sept millions d'euros, précise Romeyer. L'objectif consiste à former des jeunes pour jouer dans le top 5, leur servir de vitrine et les vendre pour équilibrer les finances. » Et le travail paie si l'on prend l'exemple de Pierre-Emerick Aubameyang, parti au Borussia Dortmund, ou encore de Kurt Zouma, qui va rejoindre Chelsea cet été. Pourtant, tous ces efforts pourraient ne pas suffire avec la mise en place de la taxe à 75%, que les dirigeants de l'ASSE ont fermement combattue. « Mardi, j'ai offert à l'un de nos députés un maillot du PSG floqué à son nom et le numéro 75 dans le dos. Il a voté la taxe à 75%, relate, amer, Romeyer. Ce n'est pas possible d'être con à ce point ! Rien que cette année, cette taxe va me coûter 1,9 million d'euros. Et là où il faut être encore plus con, c'est de l'avoir plafonnée. Le PSG aurait payé plus. Au lieu de cela, on affaiblit notre football et on creuse le fossé entre les deux premiers (ndlr : le PSG et Monaco) et les autres. » Tout est dit !

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