Rome réfute les conclusions égyptiennes sur le meurtre de Regeni

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    ROME, 26 mars (Reuters) - L'Italie a rejeté vendredi les 
déclarations des autorités égyptiennes, qui affirmaient la 
veille avoir identifié les meurtriers de l'étudiant italien 
Giulio Regeni, et a dit qu'elle poursuivrait sa propre enquête. 
    Le ministère égyptien de l'Intérieur a annoncé jeudi qu'un 
sac et un passeport appartenant à Giulio Regeni, assassiné en 
Egypte, avaient été retrouvés dans les affaires d'une bande de 
malfaiteurs se faisant passer pour des policiers. Tous ont été 
tués dans une fusillade avec les forces de sécurité égyptiennes. 
    La version n'a pas convaincu la justice italienne. "L'Italie 
insiste: nous voulons la vérité", a réagi le ministre des 
Affaires étrangères, Paolo Gentiloni, sur Twitter. 
    Le procureur général de Rome Giuseppe Pignatone a dit que 
l'enquête se poursuivrait. Les preuves partagées avec les 
enquêteurs italiens détachés au Caire "ne sont pas adéquates 
pour clarifier les circonstances de la mort de Giulio Regeni et 
pour identifier les responsables de l'homicide", a-t-il dit.  
    Giuseppe Pignatone a appelé les enquêteurs égyptiens à 
fournir à leurs sept homologues italiens, au Caire depuis près 
de deux mois, les preuves demandées. 
    De son côté, le député Giacomo Stucchi, président de la 
commission parlementaire supervisant les services secrets, a 
affirmé qu'il ne croyait "pas du tout" à la version des 
autorités égyptiennes. "La vérité embellie par les Egyptiens 
démontre un manque total de respect pour l'Italie et constitue 
une offense supplémentaire à la mémoire de Regeni", a-t-il 
dénoncé. 
    Cités par le journal La Reppublica, les parents de 
l'étudiant se sont dits quant à eux "blessés, amers, face à la 
dernière tentative des autorités égyptiennes pour faire dévier 
(l'enquête) sur le meurtre barbare de notre fils, Giulio". 
    L'étudiant italien de l'université de Cambridge a disparu le 
25 janvier, et son corps torturé a été retrouvé dans un fossé le 
3 février. Il menait des recherches sur l'émergence de syndicats 
indépendants dans le pays et avait écrit des articles critiques 
du régime. 
    Des ONG ont accusé les services de sécurité d'être impliqués 
dans le meurtre du jeune homme de 28 ans. 
    Selon le ministère de l'Intérieur, le gang soupçonné d'être 
lié au meurtre faisait passer ses membres pour des policiers et 
était spécialisé dans "le kidnapping d'étrangers et le vol de 
ces derniers".  
 
 (Amina Ismail; Julie Carriat pour le service français, édité 
par Henri-Pierre André) 
 
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