Rome priée de ne pas se servir du Brexit pour aider ses banques

le
0
 (Actualisé avec déclarations de Renzi, Merkel, précisions) 
    par Francesco Guarascio 
    BRUXELLES, 29 juin (Reuters) - L'Allemagne et la Commission 
européenne ont invité mercredi l'Italie à respecter les règles 
communautaires en raison de l'intention prêtée au gouvernement 
de Matteo Renzi d'apporter une aide financière au secteur 
bancaire italien pour faire face aux turbulences provoquées par 
le vote de la Grande-Bretagne en faveur d'une sortie de l'Union 
européenne. 
    Rome craint que les banques italiennes, qui ploient déjà 
sous 360 milliards d'euros de créances douteuses, un tiers du 
total de la zone euro, ne soient attaquées par des fonds 
spéculatifs alors que leur valeur boursière s'est effondrée 
depuis le vote britannique. 
    Des sources bancaires et gouvernementales ont déclaré lundi 
à Reuters que les autorités italiennes se préparaient à venir à 
la rescousse du secteur bancaire en réclamant davantage de 
souplesse de la part de l'Union européenne aussi bien en matière 
de dépenses publiques que d'aides de l'Etat.    
    Une telle initiative risquerait de heurter l'Allemagne, qui 
défend un strict respect des règles, notamment budgétaires. 
    "Au sujet de l'union bancaire, nous avons établi des règles 
spécifiques en ce qui concerne la mise en liquidation des 
banques et la recapitalisation des banques", a déclaré Angela 
Merkel lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet 
européen à Bruxelles, le premier depuis le vote britannique en 
faveur du Brexit. 
    "On ne peut pas avoir de nouvelles règles tous les deux 
ans", a ajouté la chancelière allemande. 
    Un responsable européen avait auparavant déclaré à Reuters 
que la Commission, chargée de veiller au respect des règles 
financières et de concurrence au sein de l'UE, se tenait prête à 
aider le secteur bancaire italien en Italie mais n'avait pas 
approuvé les projets de Rome. 
    "La Commission est prête à apporter son aide mais, jusqu'à 
présent, elle n'a pas été convaincue par ce qu'a proposé 
l'Italie", a dit ce responsable. 
     
    RENFORCER LE FONDS ATLANTE? 
    Les règles européennes n'autorisent un Etat membre à fournir 
une aide financière à ses banques qu'en cas de situation 
exceptionnelle. 
    "Les Italiens peuvent-ils vraiment prouver qu'il y a un 
risque systémique provoqué par le vote britannique? Je ne sais 
pas", a poursuivi ce responsable européen. 
    "Il y a un impact particulier sur les banques, c'est vrai, 
mais chacun à travers le monde a été touché, pas seulement 
l'Italie", a-t-il ajouté. 
    Matteo Renzi s'est pour sa part déclaré convaincu de la 
capacité de son gouvernement à protéger l'épargne des Italiens 
dans le cadre réglementaire actuel. 
    Il a assuré que le secteur bancaire italien n'était 
confronté à aucune urgence et que Rome ne réclamait aucun 
changement de règle. 
    "La question de nos banques n'est pas à l'ordre du jour, 
personne ne demande de modifier les règles", a dit le président 
du Conseil à la presse à la sortie du sommet européen. 
    Matteo Renzi a discuté de la situation des banques 
italiennes mardi, en marge de ce sommet, avec le président de la 
Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le vice-président 
Valdis Dombrovskis, qui va prendre la responsabilité des 
services financiers dans l'UE en juillet en remplacement du 
Britannique Jonathan Hill. 
    Le chef du gouvernement italien a jugé mercredi que le 
nouveau fonds de soutien aux banques créé récemment en Italie 
avec de l'argent versé par les établissements eux-mêmes pouvait 
encore être renforcé. 
    Ce fonds Atlante est destiné à soutenir les banques 
lorsqu'elles désirent lever des capitaux ou se délester de 
créances douteuses. Ses ressources ont toutefois été déjà 
largement entamées avec l'échec des appels au marché de Banca 
Popolare di Vicenza en mai puis de Veneto Banca ce mois-ci. 
    
    Le responable européen a exprimé ses doutes sur une nouvelle 
mise à contribution des banques. "La question est de savoir qui 
va injecter de l'argent. Au bout d'un moment, le secteur 
bancaire risque d'être épuisé. Il y a des limites", a-t-il dit. 
 
 (Avec Gavin Jones et Isla Binnie à Rome, Noah Barkin à 
Bruxelles; Bertrand Boucey pour le service français, édité par 
Marc Joanny) 
 

Valeur associée
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant