Rome poursuit les négociations pour sauver Alitalia

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LES NÉGOCIATIONS SE POURSUIVENT EN ITALIE POUR SAUVER ALITALIA
LES NÉGOCIATIONS SE POURSUIVENT EN ITALIE POUR SAUVER ALITALIA

par Giselda Vagnoni et Alberto Sisto

ROME (Reuters) - Le gouvernement italien poursuivra mardi les négociations avec les dirigeants d'Alitalia pour tenter de maintenir la compagnie aérienne nationale en activité, aucun accord n'ayant pu être conclu lors de la réunion qui s'est tenue lundi.

Rome cherche une entité publique pour soutenir la compagnie qui se prépare à un rapprochement, a indiqué une source proche du dossier, ajoutant qu'une fusion avec son concurrent Air France-KLM était la solution la plus réaliste.

Le ministre italien des Transports, Maurizio Lupi, a déclaré lundi que son gouvernement n'avait jamais demandé à la compagnie publique de transport ferroviaire Ferrovie dello Stato (FS) d'investir dans Alitalia, en réaction à des informations selon lesquelles Rome cherchait une alliance entre les deux pour empêcher Alitalia de tomber aux mains d'un groupe étranger.

"Le gouvernement n'a jamais proposé à Ferrovie dello Stato d'investir dans Alitalia. Nous explorons toutes les options en vue d'un projet industriel pour sauvegarder un actif stratégique", a-t-il dit.

Il s'exprimait à la fin d'une réunion convoquée par le président du Conseil, Enrico Letta, avec les dirigeants d'Alitalia et des représentants d'UniCredit et Intesa Sanpaolo qui ont prêté de l'argent à la compagnie.

En France, le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, a également adopté un ton prudent, estimant qu'une éventuelle prise de contrôle d'Alitalia par Air France-KLM aurait "du sens" à condition de ne pas remettre en cause le redressement du groupe franco-néerlandais.

"Il appartient aux dirigeants d'Air France-KLM et d'Alitalia de voir s'il y a une chance d'aboutir", a-t-il déclaré dans un entretien à Reuters. "Les efforts faits par Air France-KLM ne peuvent être remis en cause pour une stratégie qui pourrait apparaître hasardeuse si elle n'était pas assez travaillée."

Frédéric Cuvillier, qui a récemment rencontré le PDG d'AF-KLM Alexandre de Juniac, a ajouté que les discussions entre les deux entreprises prendraient du temps, ajoutant : "Je ne sais pas si Alitalia en a."

L'EMPLOI: QUESTION CRUCIALE

Le groupe français, qui possède 25% d'Alitalia, s'est dit prêt la semaine dernière à venir en aide à Alitalia si des conditions "strictes" sont satisfaites.

Alitalia a accumulé des pertes de plus de 840 millions d'euros et une dette de l'ordre du milliard d'euros depuis son sauvetage en 2009 par un groupe d'investisseurs et par Air France-KLM.

Mais Salvatore Mancuso, actionnaire et vice-président de la compagnie aérienne italienne, a prévenu qu'une prise de contrôle par Air France-KLM aurait un coût très élevé pour Alitalia, notamment en terme de suppressions de postes et au prix d'une restructuration d'envergure.

La question de l'emploi est cruciale pour le gouvernement d'Enrico Letta et elle explique la volonté de Rome d'approcher FS.

Un rapprochement de FS et d'Alitalia pourrait soulever des problèmes en terme de droit de la concurrence, tous deux desservant la très lucrative liaison entre Rome et Milan.

Certains observateurs du secteur considèrent que la meilleure solution serait une reprise en mains par Air France-KLM, mais des sources proches des négociations expliquent que d'importantes divergences opposent les deux parties, sur la question des engagements financiers et sur la manière dont le groupe français adapterait les opérations de son homologue italien à son propre réseau.

"Je n'aime pas ce qu'Air France aimerait faire avec Alitalia - cantonner Fiumicino à un rôle de troisième hub (après Paris et Amsterdam)", a déclaré Salvatore Mancuso au Messaggero, estimant qu'une telle solution se traduirait par la perte de "milliers d'emplois, effacerait le nom de l'Italie des principales lignes aériennes et empêcherait Alitalia de croître en Afrique."

Le gouvernement italien s'inquiète de son côté du rôle qu'Air France-KLM attribuerait à l'aéroport de Rome Fiumicino dans le cadre de sa stratégie.

Avec Naomi O'Leary, Marc Angrand, Nicolas Delame et Juliette Rouillon pour le service français

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